MAROC
19/06/2019 13h:40 CET

Examens normalisés: Les enseignants réclament une protection et de meilleures indemnités

Au cours des épreuves, les enseignants chargés de la surveillance se font agresser par des élèves.

AIC Press

ENSEIGNEMENT - Des faits qui indignent les syndicats. Le lundi 17 juin dans la commune Laqliâ relevant de la préfecture Inezgane Aït Melloul, des cadres de l’enseignement chargés de la surveillance ont été pris en “otages” par un groupe d’élèves qui les a empêché de quitter l’enceinte du lycée collégial Al Khawarizmi où venait de se dérouler l’examen régional normalisé de 3ème année. Ces surveillants se sont retrouvés sous une avalanche de jets de pierres, raconte le bureau local de la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement (FNFE/UNTM) dans un communiqué. Et d’affirmer dans son récit que ces élèves ont agressé le staff de surveillance pour se venger de “sa sévérité les ayant empêché de tricher”, regrettant que ce genre de violence soit devenu “un phénomène habituel à tout examen normalisé”. 

Si ce staff de surveillance a finalement réussi à quitter l’établissement sous escorte de la gendarmerie royale, le fléau doit, pour le syndicat, être pris en considération pour éviter le pire. “On ne peut plus se dire: à qui le tour?”, fustige la FNFE, appelant la direction régionale du ministère de l’Education nationale et les autorités locales à intervenir pour circonscrire ces agressions contre des cadres de l’enseignement. Elle réclame également que des patrouilles exceptionnelles soient mobilisées à l’occasion par la gendarmerie royale et les autorités locales afin de veiller au maintien de la sûreté et sécurité durant la période des épreuves. 

Le bureau national de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE) a d’ailleurs adressé, au lendemain des faits, une lettre au ministre de l’Education nationale, Saaïd Amzazi, dans laquelle il conteste les conditions dans lesquelles se déroulent ces examens de terminale et appelle à une amélioration. “Il faut garantir des conditions adéquates aux différents cadres pour leur permettre de remplir leur mission dans l’ensemble des épreuves diplômantes et leur assurer une protection légale en cas d’agression au sein des centres d’examens mais aussi dans ses alentours”, revendique la FNE dans cette lettre, estimant par ailleurs nécessaire que ces staffs puissent aussi bénéficier d’une indemnité pour risques inhérents à la fonction pendant cette période.

Dans l’amélioration des conditions de travail, la FNE estime, par ailleurs, que les indemnités actuellement perçues par le corps des enseignants et inspecteurs de l’enseignement pour la correction des feuilles doivent être augmentées. “Il faut les réviser par respect à la dignité de ces staffs et pour récompenser leurs efforts”, affirme le syndicat dans sa lettre, dans laquelle il qualifie le montant des indemnités versées pour la correction des épreuves de “dérisoire” et “méprisant”. Ainsi, pour chaque feuille d’examen, le correcteur (enseignant et inspecteur) touche 2 dirhams au primaire, 2,20DH au collège et 4DH au baccalauréat, indique ce syndicat précisant que ces “indemnités sont imposables”. 

Pour les cadres administratifs et pédagogiques, ajoute ce syndicat, les directeurs des centres perçoivent une indemnité de 300DH au niveau primaire, 600 au secondaire et 1.200 au baccalauréat pour la session ordinaire et 50% de moins à la session de rattrapage. Ceux qui sont chargés du contrôle de la qualité de passage des épreuves au collège et au baccalauréat touchent 800DH, d’après la même source qui attire l’attention sur le fait que plusieurs autres cadres, dont elle cite les surveillants généraux, les présidents des groupes de travail et les détachés “ne perçoivent aucune indemnité malgré leur rôle capital dans la réussite de tout le processus”.

La FNE appelle ainsi le département de l’Education nationale à soumettre le mode d’indemnité “au principe d’équité” et à octroyer également à l’ensemble des cadres prenant part au processus des indemnités de transport. Et pour cause, ce syndicat assure que ces derniers sont mobilisés pour remplir leurs fonctions à l’extérieur du périmètre de leur lieu de travail, mais ne touchent pas d’indemnité pour ces déplacements “pourtant prévue par la loi”, soutient-il. “Notre lettre est à la fois revendicative et de protestation, elle veut rappeler l’injustice et réclamer sa réparation auprès des hommes et des femmes de l’enseignement qui travaillent sans indemnité ni protection des risques qu’ils encourent physiquement et moralement”.