ALGÉRIE
24/05/2018 02h:23 CET

Examens de cinquième: Benghebrit promet des poursuites judiciaires contre les "diffuseurs" de sujets sur les réseaux sociaux

Facebook/NBenghabrit

Le ministère de l’Education est toujours incapable de prévenir les fuites, ou les diffusions, de sujets des examens de fins de cycles, malgré une batterie de mesures “draconiennes” contre ce phénomène. Une année plus tard, jour pour jour, le sujet de la langue arabe des examens de “5e” a été publié sur les réseaux sociaux, trois quarts d’heure après le début des épreuves.

La ministre de l’Education, Nouria Benghebrit a d’abord démenti une quelconque “fuite”. Elle a insisté sur le fait que les questions ont été publiées sur les réseaux sociaux après l’ouverture des enveloppes contenant les sujets, rejetant ainsi l’usage du terme de “fuite”.

Mais elle a promis, dans une déclaration à la chaîne de télévision privée, Ennahar TV, de poursuivre en justice les premières personnes à avoir publié les sujets sur les réseaux sociaux ... 

Près de 798.000 élèves ont passé mercredi 23 mai 2018 les examens de fin de cycle primaire, communément appelée “5e”. Les candidats, répartis sur 7.371 centres à travers le territoire algérien, ont passé les épreuves de langue arabe et de mathématiques dans la matinée, puis celles de la langue française dans l’après-midi. 

45 minutes après le début des épreuves de la langue arabe, les questions ont été publiés sur les réseaux sociaux puis relayées, parfois avec des réponses complètes, par plusieurs groupes et pages. 

Les questions de l’examen de mathématiques ont également été publiées sur les réseaux sociaux, cette fois-ci seulement quelques minutes après le début de l’examen.

Capture decran

Des “diffusions” plutôt lourdes de conséquences

Nouria Benghebrit s’est d’abord montrée rassurante, expliquant que les “questions ont pu être publiées (sur les réseaux sociaux) par n’importe qui, une fois les enveloppes (contenant les sujets) ont été ouvertes”. Elle a écarté la possibilité que cet acte soit le fait d’un candidat.

Selon TSA Algérie, elle a également rejeté le terme de “fuite”, puisque la diffusion des sujets sur Internet intervenait au moment où les élèves avaient déjà entamé les épreuves. Un fait pas si grave, finalement ?

En l’occurence si, puisque les personnes ayant partagé les questions sur les réseaux sociaux seront poursuivies en justice, au même titre que les personnes ayant réellement fait “fuiter” les sujets. Sans doute pour prévenir contre les perturbations que subissent les élèves, les premières victimes de ces forfaitures à répétition.

Dans une déclaration à la chaîne de télévision Ennahar, elle a déclaré que “plusieurs laboratoires de cybercriminalité mobilisés pour identifier les auteurs” de ces publications, rappelant avoir déjà appliqué cette mesure les précédentes années.

En 2016, une fuite massive des sujets, à la veille des examens du baccalauréat, a poussé le ministère de l’Education à organiser une nouvelle session dans les matières concernées par ces fuites. Plusieurs cadres de l’Office national des examens et concours (ONEC), impliqués dans ces fuites ont été arrêtés et présentés à la justice.

Une année plus tard, malgré des mesures drastiques, comme la suspension des accès aux réseaux sociaux sur le réseau ADSL ou sur les données mobiles ou recours à des systèmes de vidéosurveillance, des sujets ont été “diffusés” sur les réseaux sociaux, quelques minutes après le début des épreuves.

Nouria Benghebrit avait adopté la même position, expliquant qu’il s’agissait de “diffusions” et non pas de “fuites”, les examens ayant déjà débutés. Mais elle avait tout de même ordonné l’ouverture d’une enquête pour identifier les auteurs de ces diffusions et les poursuivre en justice.