MAROC
18/03/2019 13h:10 CET | Actualisé 18/03/2019 13h:19 CET

Évacués de force par les forces de l’ordre, les diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants contraints de mettre fin à leur sit-in

Privés d'eau et de nourriture, deux des manifestants ont bu de l’essence dans l’espoir de mettre fin à leurs jours.

Huffpost MG

SOCIÉTÉ - La manifestation des diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants s’est achevée de manière contrainte et forcée, samedi dernier. Enfermés depuis cinq jours au quatrième étage de l’annexe du ministère de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social, attendant une potentielle réaction des responsables, ces diplômés chômeurs étaient privés d’eau et de nourriture, ce qui a provoqué trois cas d’évanouissement parmi les manifestants, dont une femme enceinte. En colère et à bout, deux autres manifestants ont alors bu de l’essence dans l’espoir de mettre fin à leurs jours. Ils ont été immédiatement conduits à l’hôpital pour recevoir les soins nécessaires et se portent mieux ce lundi 18 mars, confirme une source proche des manifestants.

Quant aux personnes qui tenaient leur sit-in de revendications à l’intérieur de l’annexe du département de Basima Hakkaoui, elles ont également été évacuées de force samedi soir par les forces de l’ordre, rapportent des témoins à notre rédaction. Contacté par le HuffPost Maroc, Yassine Bazgoura, membre de la coordination nationale des diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants a affirmé que les affrontements avec les forces de l’ordre ont été violents. “Nous n’avons pas eu le droit de manifester dans de bonnes conditions. Ils ont chassé les médias et coupé l’eau et l’électricité. Ils ont eu recours à la violence pour nous faire taire comme ils ont toujours eu l’habitude de le faire”, s’indigne-t-il. 

La coordination nationale des diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants a publié, dans la soirée du samedi 16 mars, un communiqué dans lequel elle annonce la fin des manifestations au sein de l’annexe du ministère, tout en appelant les organisations de défense des droits de l’homme ainsi que la presse internationale à soutenir leurs revendications pour trouver une issue favorable à leur dossier.

Les diplômés chômeurs malvoyants et non-voyants avaient commencé leur manifestation le mardi 12 mars. Ayant annoncé par la voie de leur coordination nationale leur intention de procéder à un suicide collectif, ils ont fait irruption dans une annexe du ministère de la Solidarité et de la Famille à Rabat, munis de bonbonnes de gaz, de bidons d’essence et de cordes. Seize personnes, dont une femme, étaient parvenues à rejoindre le quatrième étage et avaient prévenu qu’elles ne quitteraient les lieux qu’à la condition qu’un responsable réponde à leurs doléances et leurs revendications.  

En désespoir de cause, cherchant à sensibiliser la communauté mondiale sur leur réalité et leur vécu, la coordination avait dès début mars contacté des organismes internationaux, adressant notamment un rapport à Amnesty International et au Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’Homme.