MAROC
06/07/2018 10h:27 CET

États-Unis: Démission de Scott Pruitt suite à ses actions controversées notamment au Maroc

Le patron de l'Agence américaine de protection de l'environnement a fini par démissionner.

Bloomberg via Getty Images

POLÉMIQUE - L’administrateur de l’Agence de protection de l’environnement des États-Unis (EPA), Scott Pruitt, a démissionné jeudi 5 juillet de son poste sur fond de controverses relatives à ses dépenses, notamment lors d’un voyage au Maroc, mais également l’éthique et la gestion de l’agence qu’il dirigeait.

Donald Trump a annoncé avoir “accepté la démission de M. Pruitt”. “Au sein de l’Agence, Scott a fait un travail remarquable, et je serai toujours reconnaissant envers lui pour cela”, a écrit le président américain sur Twitter.

“J’ai accepté la démission de Scott Pruitt en tant qu’administrateur de l’Agence de protection de l’environnement (EPA). Au sein de l’Agence, Scott a fait un travail remarquable et je serai toujours reconnaissant envers lui pour cela. Le Sénat a confirmé que le vice-président de l’EPA, Andrew Wheeler, va ...”

″...lundi assumer les fonctions d’administrateur par intérim de l’EPA. Je n’ai aucun doute qu’Andy poursuivra notre formidable et durable programme. Nous avons fait d’énormes progrès et l’avenir de l’EPA est très prometteur!”

L’administrateur-adjoint de l’EPA, Andrew Wheeler, assumera à partir de lundi 9 juillet les fonctions d’administrateur par intérim de l’Agence, a fait savoir le président américain.

Au cours des derniers mois, Scott Pruitt avait fait l’objet de critiques virulentes de la part à la fois des Républicains et des Démocrates concernant ses dépenses de voyages et de sécurité, ainsi que pour ses relations étroites avec les lobbyistes.

Il avait aussi été accusé d’avoir fait usage des ressources gouvernementales et du personnel de l’agence à des fins privées, selon la presse américaine.

Un voyage controversé au Maroc

En décembre dernier, le climatosceptique républicain Scott Pruitt, nommé un an plus tôt par Donald Trump à la tête de l’EPA, s’était rendu au Maroc pour y faire notamment la promotion du gaz naturel liquéfié des États-Unis, afin de pousser le royaume à l’importer. 

Le responsable américain avait rencontré le ministre de l’Énergie, Aziz Rabbah, mais aussi le ministre de la Justice, Mohamed Aujjar, et la secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Mounia Boucetta.

Suite à ce déplacement, le haut responsable démocrate du Comité sénatorial de l’environnement, Tom Carper, avait demandé à l’inspecteur interne de l’EPA de lancer un audit sur le voyage au Maroc du patron de l’agence pour déterminer s’il était conforme à la mission de l’EPA.

Selon le sénateur démocrate, le voyage de quatre jours de Pruitt au Maroc était “inapproprié”, parce que l’EPA ne joue aucun rôle officiel dans la supervision des exportations de gaz naturel, mission qui relève du département américain de l’énergie ou de la Commission fédérale de régulation de l’énergie (FERC).

Par ailleurs, selon l’agence de presse américaine Associated Press (AP), le voyage aurait coûté pas moins de 40.000 dollars, sans compter les salaires et les heures supplémentaires des membres de la garde rapprochée qui accompagne Pruitt 24 heures sur 24. Des dépenses qui avaient scandalisé les élus démocrates.

“Les politiques environnementales dangereuses de M. Pruitt n’ont d’égal que son mépris total pour les contribuables américains.

Sa démission, bien qu’attendue depuis longtemps, est une bonne nouvelle pour notre pays et pour notre planète.”

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