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19/11/2018 21h:10 CET | Actualisé 20/11/2018 00h:15 CET

Et s'il n'y avait plus d'hommes en Tunisie? Au-delà de l'impression

Derrière ces “impressions” généralistes se greffent des déceptions, différentes attentes inassouvies, et au-delà, un malaise d’une société face à ses contradictions et ses tabous.

R. Fox Photography via Getty Images

Une déclaration d’une chroniqueuse farfelue, en l’occurrence Mariem Dabbegh,  avait fait polémique en Tunisie. Celle-ci avait lancé à la télévision qu’il n’y a plus d’hommes dans le pays. Une manière burlesque de dire haut et fort ce que de nombreuses femmes tunisiennes chuchotent tout bas.

Certains hommes tunisiens avancent eux aussi qu’il n’y a plus de femmes. Derrière ces “impressions” généralistes se greffent des déceptions, différentes attentes inassouvies, et au-delà, un malaise d’une société face à ses contradictions et ses tabous.

Non, les hommes dont parle la chroniqueuse en question, ne sont pas les hommes dont parlent d’autres femmes: entre le brun, le blond, le musulman, le bon vivant,…Nos attentes épousent ce que nous sommes; qui est déterminé par notre milieu socio-culturel, conjugué à notre degré d’affranchissement de ce déterminant.

Pour beaucoup, l’homme en question c’est l’homme à épouser. Le choix de la fille, et de surcroît de sa famille, se limite à des critères “prosaïques” et “réalistes” plus ou mois exigeants: une “bonne famille”, une maison, une voiture, un bon boulot, pas de laideur, et suffisamment de politesse... Ces conditions “remplies”, on estime que la future épouse est “bien placée”. Un mariage cela vaut un bon placement dans une bourse, un bon investissement. L’amour viendra ensuite ou...pas. 

Loin, mais pas trop, de ces considérations pécuniaires, il y a ceux et celles plus ou moins émancipés des jougs des traditions, plus libérés, qui regrettent d’être nés dans une société qui ne tolère pas ceux et celles qui ont eu l’audace de tendre à autre chose de ce que leur dictent les us et coutumes. 

La transgression est libération quand elle rime avec l’enchantement et l’insouciance. Puis, le temps est à l’affrontement avec la réalité de la famille et du couple.

Le couple, ce refuge dénué de tabous, ce délice des relations assumées et de “Liaison pornographique”-référence au film de Frédéric Fonteyne. 

Comme dans le film, tout est jouissance tant que ne jaillit pas d’attaches, de sentiments, “de calculs” sur fond d’amour. Se rappelant tout d’un coup de ses traditions, l’homme décidera qu’il ne peut pas se marier à une femme non vierge ou du moins qu’il n’a pas déflorée. L’enjeu est son honneur, sa réputation. Peut être qu’elle a couché avec un copain ou qu’elle n’aura pas de scrupules à le faire. Elle est libre après tout. L’homme en question préférera au final le test des exigences matérialistes au test de la cohérence avec les principes- s’ils existent réellement. Quant à sa copine, elle a le choix entre la solitude dans la liberté ou le mensonge dans la masse.

Bien sûr qu’il ne faut jamais généraliser, bien sûr que des exceptions existent, aussi infimes soient-elles, mais elles sont là pour attester que la société évolue. Ces hommes et ces femmes qui refusent de se fondre dans la masse au point de s’effacer, cette femme qui ne veut pas d’un homme riche, beau, et qui la prend en charge. Cet homme qui ne veut pas d’une femme belle, docile, putain mais vierge. Heureusement qu’ils existent. Hommage à ces hommes pour la Journée internationale de l’homme, fêtée tous les 19 novembre. 

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