MAROC
25/04/2018 14h:57 CET

Essaouira: Le Printemps musical des Alizés veut rapprocher les Marocains de la musique classique

Le festival souiri souffle ses 18 bougies cette année.

Stéphane Louesdon

MUSIQUE - Rendez-vous incontournable pour les mélomanes, le Printemps musical des Alizés tiendra sa 18e édition du 26 au 29 avril à Essaouira. Chaque année, les Marocains sont de plus en plus nombreux à venir découvrir la programmation riche et variée que propose le festival. Cette année, c’est la musique de chambre qui est à l’honneur.

Un thème qui se prête bien à la ville

Voilà 18 ans que le Printemps musical des Alizés célèbre la musique classique comme nulle part ailleurs au Maroc. L’année dernière, l’événement avait rassemblé pas moins de 2.000 personnes par soir. Des simples curieux aux véritables mélomanes, chacun y retrouve son compte parmi les nombreux artistes à la renommée internationale présents au cours du week-end. “C’est une programmation qui permet de faire découvrir la musique classique à des gens qui n’ont pas forcément l’habitude de s’y s’intéresser et qui, en même temps, permet de satisfaire un public mélomane qui est maintenant régulier dans ce festival”, explique au HuffPost Maroc Dina Bensaid, directrice artistique du festival.

Cette année, les organisateurs ont mis l’accent sur la musique de chambre. Ce style de composition musicale consiste à dédier ses oeuvres à un ensemble de cordes, bois, cuivres ou percussions dont chaque partie est écrite pour un seul instrumentiste. “C’est de la musique classique en petite formation, donc duo, trio ou quatuor. Ça se prête bien à la ville, c’est intimiste et c’est une bonne porte d’accès à la musique classique puisque le répertoire est inépuisable et elle nous permet d’aller jouer dans des endroits où l’on ne pourrait pas aller avec des orchestres habituellement”, précise Dina Bensaid.

Soufiane Bouhali
Concert d'ouverture de l'édition 2016. 

L’Orchestre philharmonique du Maroc jouera pour la première fois en autonomie

Cette nouvelle édition prévoit une douzaine de concerts au cours des quatre jours de représentation. Pour la soirée d’ouverture, les artistes Deborah Nemtanu (violon) et Dominique de Willencourt (violoncelle) se joindront au pianiste Romain Descharmes pour un concert autour du trio Les Esprits de Beethoven. On retrouvera Deborah et Dominique au sein de l’Orchestre philharmonique du Maroc pour les concerto de Mendelsohn et Schumann.

L’art lyrique aura également une place toute particulière dans cette édition. Oriane Moretti fera un spectacle concert pour la première fois a capella autour de la vie de Clara Schumann avec le Chœur philharmonique du Maroc. Autre grand moment de cette édition 2018, l’Orchestre philharmonique du Maroc, sous la baguette d’Olivier Holt, vous fera sans doute valser avec Roméo et Juliette. Un événement exceptionnel puisque c’est la première fois que l’Orchestre philharmonique du Maroc donne un concert en autonomie.

Parmi les nombreuses autres représentations, il y aura la Matinée Jeunes Talents, vendredi matin, avec les enfants du programme socioculturel Mazaya. “Ce sont, pour la plupart, des enfants issus d’un milieu défavorisé qui s’en sortent par le biais de la musique classique. On donne une scène à ces jeunes musiciens pour qu’ils puissent s’exprimer, ce sera un moment d’émotion”, confie Dina Bensaid. Cette dernière sera aussi au piano aux côtés d’Elisa Huteau dans un programme dédié au violoncelle, l’instrument le plus romantique dans tous les registres de la musique de chambre.

DR
Dina Bensaid au piano lors de l'édition 2012. 

“Sortir la musique classique de ses carcans”

Derrière ce festival, la directrice artistique ne cache pas la volonté des organisateurs de démocratiser la musique classique au Maroc: “Nous avons la volonté très forte de rapprocher le public marocain de la musique classique. C’est pour cela que le festival est gratuit, je ne pense pas qu’il en existe d’autres qui proposent de découvrir des artistes de cette renommée-là. On sort la musique classique de ses carcans avec des concerts dans la médina et dans des riads à l’extérieur”.

Enfin, le concert de clôture ne manquera pas de vous surprendre avec Thomas Leleu qui fera découvrir le tuba comme vous ne l’avez jamais entendu. Habituellement instrument de fond d’orchestre, Thomas veut lui redonner ses lettres de noblesse en proposant, accompagné d’un quintette à cordes, un programme d’une grande virtuosité.