MAROC
14/03/2019 15h:24 CET | Actualisé 14/03/2019 15h:35 CET

Espagne: Un parti propose de "retarder l'expulsion" des migrantes qui confieraient leur bébé à l'adoption

L'affaire fait un tollé en Espagne.

ARIS MESSINIS via Getty Images

ESPAGNE - L’affaire fait un tollé en Espagne. Le Parti Populaire en Espagne souhaite permettre aux femmes enceintes en situation irrégulière de retarder leur expulsion, si ces dernières acceptent de confier leur bébé à l’adoption, rapporte le quotidien ibériqueEl Diario.

Une proposition intégrée à la loi sur la maternité, que le parti compte appliquer en cas de victoire aux prochaines législatives, censée lutter contre “l’hiver démographique”, soit la faible natalité à laquelle fait face le pays, souligne le parti espagnol.

Comme l’explique le HuffPost Espagne, citant l’agence EFE, cette mesure éviterait aux femmes migrantes souhaitant confier leur enfant à l’adoption d’être expulsées pendant la durée des formalités. Elles peuvent toutefois être contraintes de quitter le pays à la fin de la procédure.

Jon Nazca / Reuters
Au premier plan, Pablo Casado, président du Parti Populaire.

Il serait question d’éviter, “pour des raisons humanitaires” et pour la “protection de la mère et de l’enfant”, l’utilisation “de données qui faciliteraient l’expulsion de cette femme”, explique le parti.

“Ce que nous disons, c’est que cela (ndlr: l’accouchement) ne constituerait pas un motif d’expulsion et qu’en plus, elles bénéficieraient de toute la protection et de toutes les garanties dans des mêmes conditions que les femmes qui vivent régulièrement en Espagne”, explique un membre du parti à El Diarios.

L’annonce a choqué les internautes qui, sur les réseaux sociaux, dénoncent cette proposition et la compare au scénario de la série “The Handmaid’s Tale”: 

“Sexiste. Raciste. Classiste. Il ne leur manquait plus que des ravisseurs enfants. Fascistes. Chaque démocrate doit voter à la prochaine élection pour empêcher ces gens d’accéder au pouvoir.”

“Le natalisme fasciste. Monsieur Pablo Casado, nous, les femmes, ne sommes pas les incubatrices de l’État. Ni les Espagnoles, ni les migrantes. Vos propositions plus proches de “The Handmaid’s tale” ne peuvent être considérées que comme fascistes. Pas de pas en arrière.”

Explications du parti

Suite au scandale provoqué par cette annonce, le président du Parti Populaire, Pablo Casado, a qualifié l’information de fake news. Le leader affirme que le parti n’a aucunement l’intention d’échanger le droit aux femmes migrantes de rester en Espagne contre leur bébé, mais de leur accorder “les mêmes droits que les femmes en situation régulière: “Ce que propose le PP, est que les femmes enceintes qui décident de confier leur enfant à l’adoption se voit garantir la confidentialité et les mêmes droits, qu’elles soient régularisées ou non. Cela existe déjà dans la Commune de Madrid (...) cela signifie que lorsque ces femmes décident de confier l’enfant pour adoption, la procédure de dénonciation de cette personne en situation irrégulière n’est pas engagée”, rapporte le journal régionalEl norte de Castilla, citant le dirigeant de droite.

Une explication qui ne calme pas pour autant les défenseurs des droits des migrants. Comme l’explique le HuffPost espagnol, le réseau espagnol d’aide à l’immigration et au statut de réfugié a “vigoureusement condamné” la proposition du PP.