MAROC
26/04/2019 14h:27 CET

Espagne: Podemos s'oppose à l'expulsion imminente de mineurs marocains

Deux membres ont déposé un recours auprès du "Défenseur du peuple".

ESPAGNE - Alors que le 22 avril dernier, une délégation marocaine s’est rendue à Madrid pour enclencher le dispositif de rapatriement de 23 mineurs isolés au Maroc, le parti espagnol Podemos dépose un recours pour y mettre un terme.

La candidate de “Podemos unifié” à la présidence de la Communauté de Madrid, Isabel Serra, et Dina Bousselham, responsable du volet migration du parti espagnol, ont ainsi déposé un recours auprès du “Défenseur du peuple” pour bloquer l’expulsion de ces 23 mineurs marocains, rapporte Europa Press.

“Hier Isabel Serra et moi avons dénoncé la situation de violation des droits dont souffrent 23 enfants actuellement, et qui seront bientôt expulsés au Maroc. Il est vraiment dommage que le gouvernement espagnol autorise ces atrocités avec la complicité du gouvernement du Parti Populaire à Madrid.”

Ces dernières, poursuit Europa Press, réclament au “Défenseur du peuple”, dont la mission est de protéger les droits et libertés des citoyens espagnols, “d’engager toutes les actions en justice visant à faire cesser l’expulsion de mineurs et à comparaître à la fois auprès du Procureur général des mineurs et du Procureur”.

Pour Isabel Serra, citée par l’agence de presse, cette procédure d’expulsion “viole la Convention internationale des droits de l’enfant, qui stipule clairement qu’un enfant entrant en Espagne doit être protégé et tous ses droits garantis”. La candidate rappelle notamment à l’agence de presse espagnole une sentence de la Cour constitutionnelle de 2006 “qui indiquait que les mineurs entrés en Espagne devaient être protégés et ne pouvaient être renvoyés”.

Première étape en cours

Autre voix à s’être levé contre ces expulsions, l’association Save the Children, rapporte la même source. Ces derniers ont également adressé un courrier  au “ministère de l’Intérieur, au gouvernement de la Communauté de Madrid et au médiateur pour leur faire part de leur préoccupation face au rapatriement possible de ces enfants”.

Ces 23 enfants ont été préalablement sélectionnés par la Communauté de Madrid, qui les héberge dans différents centres. La première étape du dispositif consiste, pour la délégation marocaine, à passer une série d’entretiens avec chacun des mineurs. Au siège du parquet pour mineurs du tribunal provincial de Madrid, elle sera accompagnée par un éducateur, un procureur pour mineur et un interprète. La présence d’une assistance juridique n’a pas été mentionnée, souligne eldiario

Ce dispositif entre dans le cadre d’un accord bilatéral signé entre les deux pays en 2007, “l’accord bilatéral de coopération dans le domaine de la prévention de l’immigration illégale des mineurs non accompagnés, de leur protection et de leur retour”, rappelle eldiario. Il stipulait qu’un mineur arrivé sur le sol espagnol ne pouvait être expulsé qu’à condition qu’il soit réclamé par ses proches restés dans le pays d’origine. Le Maroc s’engageait ainsi à identifier le mineur et sa famille dans un délai de trois mois ”à compter du moment où les autorités espagnoles envoient les données obtenues des nouveaux arrivants”. Entré en vigueur en 2013, il n’a “jamais pu être appliqué. Jusqu’à maintenant”.