MAROC
15/03/2019 13h:19 CET

Espagne: Libéré sous caution, le "Messi du haschich" annonce qu'il va "disparaître pendant un temps"

Le trafiquant de drogue marocain souffrirait de dépression à cause de la "pression policière".

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DROGUE - Et de deux. Après une première fugue en mai 2017, Abdellah El Haj Sadek Membri, surnommé le “Messi du haschich” pour sa passion pour le football - et le trafic de drogue - vient d’annoncer dans une lettre qu’il allait à nouveau “disparaître pendant un temps”.

Arrêté en novembre 2017 par la police espagnole après sa première cavale, le trafiquant de drogue marocain, inculpé pour trafic de drogue, blanchiment d’argent et appartenance à une organisation criminelle, avait été rapidement libéré sous caution après avoir versé 80.000 euros et accepté l’obligation de comparaître chaque jour devant les tribunaux d’Algésiras jusqu’à la date de son procès, qui ne devrait pas avoir lieu avant 2020.

Dans une lettre transmise par le biais de son avocat au journal local Europa Sur, qui la publie en intégralité, le fugitif de 35 ans, né à Tanger mais vivant en Espagne depuis son enfance, explique avoir pris cette décision parce qu’il “craint pour (s)on intégrité et celle de (s)a famille” à cause de la “pression policière énorme” à laquelle il est soumis.

“La semaine dernière à Madrid (...) j’ai été l’objet d’un véritable guet-apens. Une voiture m’a suivi jusqu’à l’hôtel où je restais avec ma famille, et j’ai été harcelé physiquement, craignant pour mon intégrité au point que la sécurité de l’hôtel a dû intervenir”, raconte-t-il. “Tous mes mouvements sont soumis à un contrôle policier incessant, ma famille est également harcelée”, ajoute ce père de deux enfants, qui dit souffrir de dépression à cause de cela.

Il affirme également que la police “incite” son entourage à l’accuser “faussement de commettre des actes illicites” avec lesquels il assure n’avoir rien à voir. “Chaque fois que je quitte ma maison, j’ai peur de subir une détention injuste et arbitraire, car je sais que des actions de la police sont formulées contre moi sans aucun fondement, dans le seul but d’accrocher des médailles pour avoir arrêté le ‘Messi d’Algésiras’, à des fins de propagande uniquement”, écrit-il encore.

“Je suis un garçon normal, je n’ai jamais fait de mal à personne, du moins ni intentionnellement ni directement, et je me suis excusé pour mes erreurs. Maintenant, j’ai juste besoin de tranquillité et de soigner ma dépression”, conclut-il.

Abdellah El Haj a été libéré sous caution le 29 novembre 2017, après avoir conclu un accord avec le bureau du procureur d’Algésiras en vue d’une remise volontaire aux autorités espagnoles, rappelle Europa Sur. Il devait se présenter chaque jour devant les autorités judiciaires, engagement qu’il a tenu jusqu’à l’envoi de cette lettre, le 13 mars.

S’il a longtemps été considéré comme le chef de file de la plus grande organisation de trafic de haschich opérant en Espagne par le détroit de Gibraltar, sa défense affirme qu’il est à l’écart de toute activité criminelle depuis un certain temps et qu’il n’a aucun lien avec les mafias du détroit, souligne la même source.