MAROC
27/06/2018 17h:11 CET

Espagne: Des Marocains arrêtés dans une affaire d’escroquerie à la carte bancaire

Un butin qui dépasse les 700.000 euros.

Bloomberg via Getty Images

FAIT DIVERS - Ce mercredi 27 juin, au cours d’une opération conjointe, la police nationale et les Mossos d’Esquadra (forces de police de la Catalogne) ont démantelé une organisation criminelle spécialisée dans la falsification de cartes de crédit bancaires. Au cours de l’opération, 13 personnes, dont trois mineurs, ont été arrêtées, des jeunes de 17 à 43 ans et de nationalité espagnole, marocaine, vénézuélienne, bulgare et dominicaine, indiquent la police nationale dans plusieurs vidéos partagées sur les réseaux sociaux, repris par plusieurs médias locaux. 

“13 personnes arrêtées dans une opération avec les Mossos pour avoir détourné plus de 700.000 euros via des achats à l’aide de cartes clonées. Ils étaient parvenu à cloner plus de 700 cartes bancaires”. 

Le réseau d’escroquerie à la carte bancaire démantelé par la police espagnole sévissait depuis un moment en Espagne. Le groupe de malfrats serait parvenu à “cloner” plus de 700 cartes de crédit, ce qui lui aurait permis de dérober plus de 700.000 euros. Par une méthode astucieuse, les escrocs étaient en mesure de relier les cartes de crédit des victimes à leurs terminaux de téléphonie mobile, afin d’effectuer des retraits aux guichets automatiques, ainsi que des paiements pour tous types d’achats via le système sans contact. L’organisation criminelle bénéficiait d’un complice, un employé d’une succursale bancaire, qui leur fournissait des informations client pour cloner leurs cartes.

Des achats effectués via une société fictive

Les faits remontent à juin 2017, après la plainte de plusieurs personnes dont la carte bancaire avait été victime de surtaxes de paiements de moins de 20 euros, en Catalogne comme dans d’autres villes d’Espagne, relève le site 20 minutes espagnol. Dès lors, une équipe d’agents du DIC avait entamé des investigations pour identifier les malfaiteurs. Il s’agit d’une société fictive intitulée “Tecno Info” et supposément dédiée à la réparation d’ordinateurs. La fausse entreprise a été créée par un jeune Espagnol de 18 ans, dans l’unique but de commettre ce type de délit, poursuit la même source.

Par le biais d’une tierce personne contactée sur les réseaux sociaux, le fraudeur avait accès aux données personnelles des services bancaires électroniques des victimes. En utilisant la technologie NFC, le garçon reliait les cartes de crédit des victimes à leurs terminaux de téléphonie mobile, afin d’effectuer des retraits aux guichets automatiques, ainsi que des paiements pour tous les types d’achats via le système sans contact sans avoir besoin d’un code PIN ou de l’autorisation du titulaire. 

Trois cellules spécialisées

Ce procédé ingénieux a alerté les policiers qui ont conclu que le jeune homme n’agissait pas seul. Avec l’aide d’autres camarades de lycée, il s’était en effet spécialisé dans les escroqueries bancaires. Le réseau se décompose en trois cellules, chacune ayant une fonction bien particulière. La première était formée par des jeunes mineurs et un aîné, qui étaient chargés de capturer le reste des membres du groupe.

La seconde, était composée d’individus d’origine dominicaine. Elle était en contact avec l’employé d’un magasin et a effectué l’utilisation frauduleuse des cartes dans les petites boutiques, mais aussi dans les grands centres commerciaux de la ville de Barcelone.

Enfin, la troisième cellule utilisait les cartes clonées dans les magasins des autres villes. Les enquêtes de police ont permis de vérifier que des frais de transaction avaient été facturés avec 28 autres cartes, qui aurait permis l’achat de jeux vidéo, d’appareils électroniques et de vêtements de sport d’une valeur de 8.000 euros.

Le sort des mineurs confié au parquet

Le 18 juin dernier, une opération de police conjointe a été mise en place permettant l’arrestation de onze membres du gang, dont trois mineurs. Le même jour, des perquisitions ont été effectuées dans les locaux que les détenus occupaient dans les provinces espagnoles de l’Hospitalet de Llobregat, Cunit, Cardedeu et Mataró.

Les trois mineurs détenus ont été placés à la disposition du parquet des enfants. Le reste des détenus a été libéré, en attendant d’être déclarés comme faisant l’objet d’une enquête. L’opération reste ouverte et aucune autre détention n’est exclue, précise le média Cope.es.