MAROC
22/06/2018 16h:55 CET

Espagne: démantèlement de deux réseaux de trafic de migrants mineurs marocains

28 personnes arrêtées, plus de 100 mineurs concernés.

Europol

MIGRANTS - Ils sont de plus en plus nombreux à rejoindre l’Europe en quête d’un avenir meilleur. Parmi ces migrants, beaucoup sont des mineurs marocains qui, chaque année, choisissent de traverser la Méditerranée de manière clandestine pour rejoindre l’Espagne. Ce vendredi 22 juin, la police nationale espagnole, dans une opération conjointe avec l’agence européenne de police criminelle Europol, a permis le démantèlement de deux réseaux de trafic de migrants mineurs marocains, comme le rapportent des communiqués et des vidéos partagées sur les réseaux sociaux.

Plus d’une centaine d’enfants victimes de ce réseau

“Les investigations ont débuté après l’augmentation significative du nombre de mineurs étrangers non accompagnés marocains, accueillis dans un centre de mineurs en Asturies”, précise une dépêche d’Europa Press. 28 personnes, dont certaines sont d’origine marocaine, ont ainsi été arrêtées. Parmi les 28 personnes arrêtées figure un premier réseau démantelé de 22 personnes, agissant dans plusieurs provinces d’Espagne, poursuit la même source: à Madrid (1), Oviedo (5), Gijón (2), Castellón (4), Algésiras (1), Zamora (3), Barcelone (3), Lérida (1), Bilbao (1) et Murcia (1). 

Elles sont soupçonnées d’appartenir à des organisations spécialisées dans le trafic de mineurs marocains. Parmi eux, se trouvaient les responsables de l’organisation des bateaux, des personnes qui géraient les transferts en Espagne, qui les logeaient avant d’entrer dans les centres ou encore qui géraient leur documentation. D’après les enquêteurs, plus d’une centaine d’enfants auraient été victimes de ce réseau.

La traversée peut coûter jusqu’à 8.000 euros

Pour rejoindre l’Espagne, un long périple attend les migrants mineurs. En premier lieu, ils traversent la mer à bord d’embarcation de fortune ou de jet-ski tandis que d’autres se cachent à bord de camions. Par bateaux pneumatiques, le coût du voyage du Maroc à Cadix est compris entre 1.500 et 2.000 euros. En utilisant des bateaux de pêche, le prix grimpe entre 2.000 et 3.000 euros. Pour le transfert d’enfants en jet-ski, le montant s’élève à 5.000 euros et l’utilisation de véhicules ou de camions par des postes frontaliers tels que Ceuta et Melilla est payée par une enveloppe de 2.500 euros. Au cours de l’enquête, les policiers se sont aperçus que le prix pouvait davantage grimper en fonction des conditions météorologiques. Dans le cas ou celles-ci seraient défavorables, le prix de du voyage peut ainsi atteindre 7.500 voire 8.000 euros.

Mais le calvaire de ces jeunes migrants ne s’arrête pas là. Au cours de leurs recherches, les enquêteurs ont détecté une autre organisation criminelle, cette fois-ci spécialisée dans l’enlèvement d’enfants. Une fois arrivée en Espagne, après avoir acheté de faux papiers qui leur coûtent plus de 6.000 euros, la police explique que les migrants sont immédiatement cachés dans les forêts de province ou dans les appartements de l’organisation. Ils ne sont alors libérés que si leurs familles au Maroc acceptent de verser un montant supplémentaire de 500 euros. Pour ce second réseau, l’enquête a permis l’arrestation de 5 personnes dans les localités de Jerez de la Frontera (3), Bilbao (2) et Barcelone (1).

D’après l’organisation Save the children, en 2017, 6.404 migrants mineurs non accompagnés (MMNA) sont arrivés en Espagne, soit presque le double de l’année précédente, puisqu’ils n’étaient que 3.997 en 2016 à rejoindre ainsi l’Espagne. 60% d’entre eux sont de nationalité marocaine et la plupart ont entre 16 et 17 ans. Ils viennent des villes proches de l’Espagne, comme Ceuta ou Tanger, et franchissent la mer par divers moyens, principalement par bateau, souvent accompagnés dans leur démarche par des réseaux de passeurs.