MAROC
29/03/2019 10h:47 CET

Espagne: Après l'agression de deux gardes, l'Intérieur veut accélérer le rapatriement des mineurs marocains

L'Espagne montre des signes d'impatience.

Fadel Senna via Getty Images

IMMIGRATION - Le débat est relancé. “Un pourcentage élevé sont de nationalité marocaine”, a déclaré le ministre de l’Intérieur espagnol Fernando Grande Marlaska au sujet des mineurs étrangers non accompagnés se trouvant en Espagne. Après l’assaut de deux gardes du centre de Hortaleza à Madrid samedi dernier par un groupe de jeunes, l’Espagne souhaite accélérer le rapatriement des mineurs vers leurs pays d’origine, dont le Maroc. 

Le chef de l’Intérieur a déclaré, ce jeudi 28 mars, que des collaborations sont en cours avec le Maroc pour identifier les mineurs étrangers. En marge de son premier voyage officiel dans l’enclave espagnole du Maroc, Melilla, il y a quelques semaines, il avait souligné “que ce travail s’inscrit dans le cadre ‘de la coopération et de la collaboration avec le Maroc’, dont les autorités ‘sont les premières à se soucier de leurs mineurs et souhaitent qu’ils soient dans leur pays et les protéger, par leurs familles d’origine ou l’État marocain lui-même, parce qu’ils sont leurs mineurs et qu’ils n’aiment pas ce déracinement’”, rapportait EFE le 3 mars dernier.  

Or, depuis le passage à tabac, samedi dernier, des deux gardes par un groupe de jeunes accueillis dans un centre pour mineurs dans la capitale espagnole, le débat sur le sort des mineurs est relancé et l’Espagne montre des signes d’impatience. 

“Le Maroc a un intérêt manifeste à rapatrier ses enfants et ce qui est important et pertinent, ce sont les droits de l’enfant”, a déclaré au lendemain de l’assaut Fernando Grande Marlaska, dans un entretien accordé à la chaîne Antena 3, rapporte Europa Press  “Tout le monde propose des mesures, mais lorsqu’il s’agit d’un gouvernement, qu’il soit autonome ou central, il oublie de les adopter”, ajoute-t-il au sujet des propositions émanant de l’exécutif espagnol.

Dans ce même entretien, le ministre de l’Intérieur a estimé qu’environ 13.700 mineurs non accompagnés sont arrivés en Espagne car il existe des statistiques et, même s’il espérait que les arrivées “soient le plus bas possible” en 2019, il a également rappelé que la migration était un phénomène qui “est là pour durer.” “Nous avons un continent comme l’Afrique qui va doubler sa population, où le revenu par habitant de ces pays est dix fois inférieur à celui de l’Europe et où l’option raisonnable est qu’il y ait un travail de coopération important qui a été oublié ces dix dernières années”, a-t-il poursuivi.