TUNISIE
06/04/2019 19h:52 CET

Environ 3 mille ingénieurs quittent annuellement la Tunisie pour l’étranger

Avec des salaires allant de 2500 à 3000 euros par mois pour les débutants,

champlifezy@gmail.com via Getty Images

“Environ 3 mille ingénieurs quittent annuellement la Tunisie pour décrocher un travail à l’étranger avec des salaires allant de 2500 à 3000 euros par mois pour les débutants, en l’absence de conditions favorables du marché de travail tunisien (des salaires mensuels variant entre 1000 et 1200 dinars)”, a indiqué le doyen de l’Ordre des ingénieurs tunisiens (OIT), Oussama Kheriji.

Il a ajouté dans une déclaration, à l’Agence TAP, en marge du démarrage de la 12ème élection du conseil des grands électeurs de l’OIT,  que la migration des ingénieurs tunisiens, en particulier, ceux spécialisés dans l’informatique s’est accrue et n’est plus considérée comme un phénomène conjoncturel.

Kheriji a fait remarquer que le secteur de l’ingénierie est confronté à plusieurs défis majeurs, dont, la précarité de l’emploi et des salaires d’ingénieurs, ainsi que le faible taux d’ingénieurs dans les entreprises publiques et privées lequel n’a pas dépassé 1,2%, sachant que le nombre d’ingénieurs inscrits à l’OIT a atteint 70 mille ingénieurs.

Il a, en outre, exprimé l’espoir de voir les demandes et requêtes des ingénieurs adoptées par l’UGTT pour les inscrire avec celles des médecins et universitaires dans les prochaines négociations (prévues en juillet 2019) relatives aux augmentations spécifiques.

“Il s’agit, aussi, de conclure des accords visant à améliorer la situation de l’ingénieur tunisien “a-t-il encore souligné.
Par ailleurs, Kheriji a ajouté que la Tunisie ne dispose pas d’Instance nationale d’accréditation, notant que l’OIT œuvre à résoudre ce problème dans les plus brefs délais, d’autant plus que l’accréditation est le principal indicateur de la qualité de la formation et demeure une condition préalable pour exercer la profession d’ingénieur en Tunisie et à l’étranger.

Il a fait savoir que l’OIT a décidé de n’enregistrer aucun ingénieur, diplômé d’un établissement public ou privé non accrédité, pour l’année 2021-2022.

 Les ingénieurs ne sont pas les seuls à avoir choisi de quitter le pays pour trouver de nouvelles opportunités ailleurs. Selon une étude publiée en janvier 2018 par l’Union des professeurs universitaires chercheurs tunisiens, 4 mille enseignants universitaires ont émigré à l’étranger et 80% comptent aussi quitter le pays et ce, selon les statistiques de l’institut tunisien des études stratégiques.

De plus, 45% des nouveaux médecins, inscrits à l’Ordre en 2017, ont quitté la Tunisie. C’est ce qu’avait annoncé, Nezih Zghal, secrétaire général de l’Ordre national des médecins.

Selon lui, ce chiffre a plus que quadruplé au cours des cinq dernières années. “En 2012, le taux de médecins ayant quitté le pays frôlait les 9%” a-t-il regretté en précisant qu’une flexion a été observée à partir de 2014 pour monter en flèche récemment.

Selon le rapport arabe sur le savoir (2009) basé sur l’indicateur de migration des cerveaux de la Banque Mondiale, la Tunisie se classe au premier rang des pays “expulseurs de compétences”, juste après la Syrie qui arrive en tête.

L’OCDE avait estimé pour sa part qu’entre 2011 et 2017, 94.000 Tunisiens ont quitté la Tunisie vers l’Europe.

Conscient de l’ampleur du phénomène, le Chef du gouvernement Youssef Chahed a annoncé la mise en place d’une stratégie globale pour attirer les compétences tunisiennes à l’étranger et les associer à l’œuvre de développement et de modernisation du pays.

 

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