ALGÉRIE
27/01/2019 07h:01 CET | Actualisé 27/01/2019 07h:16 CET

Entretien - Ali Ghediri : "Le général Toufik a appris ma candidature en lisant la presse"

Le général-major à la retraite Ali Ghediri s'est exprimé dans cet entretien sur sa relation avec l'ancien patron du DRS Mohamed Mediene, ainsi que sur des questions diverses relatives à la politique, à l'économie et à la société.

HuffPost Algérie

« Le général Toufik a appris ma candidature en lisant la presse », a affirmé samedi 26 janvier Ali Ghediri dans ce premier entretien depuis l’annonce de son ambition présidentielle, accordé au HuffPost Algérie et à Radio M.

Le général-major à la retraite Ali Ghediri s’est exprimé sur sa relation avec l’ancien patron du DRS Mohamed Mediene, ce que semble lui reprocher le ministère de la Défense, ainsi que sur des questions diverses relatives à la politique, à l’économie et à la société (voir la vidéo de l’entretien intégral en bas de l’article).

Avant l’annonce de son intention de se porter candidat, l’enfant d’Oum El Bouaghi avait publié une série de contributions dans la presse. Des sorties qui n’ont pas plu à l’institution militaire qui lui a reproché d’avoir rejoint « des cercles occultes », une accusation lue comme une référence à l’ancien directeur des services.

M. Ghediri, 65 ans, a été pendant 15 ans le directeur central des ressources humaines au MDN avant son départ à la retraite en 2015. Il a côtoyé pendant longtemps le général de Corps d’Armée à la retraite Mohamed Mediene, directeur du DRS entre 1990 et 2015. De ce fait, M. Ghediri estime normal d’avoir eu et de continuer à avoir des contacts avec le général Toufik, comme avec tout autre responsable.

Tout en se gardant de confirmer que le MDN visait bien M. Mediene en parlant de « cercles occultes », Ali Ghediri a nié toute influence de l’ancien numéro 1 du DRS sur lui.

« Le général Toufik n’a jamais eu d’autorité sur moi quand j’étais dans l’armée. Comment peut-il en avoir maintenant que je l’ai quittée ? », a-t-il asséné.

 

« Plus optimiste qu’il ne le faut »

M. Ghediri a par ailleurs affirmé pouvoir collecter les 60 000 signatures nécessaires pour confirmer sa candidature, bien qu’il ne soit pas très connu du public et qu’il ne soit pas adossé à un parti politique.

« J’étais pessimiste mais maintenant je suis plus optimiste qu’il ne le faut. Il y a une grande affluence », a-t-il indiqué.

Expliquant sa motivation d’entrer dans la course vers El Mouradia par « l’état désastreux » dans lequel se trouve le pays, le général-major à la retraite a estimé, à moins de 3 mois du scrutin, que le temps lui est suffisant pour se faire connaître et réussir son pari.


De l’avis de l’ancien chef du gouvernement Mouloud Hamrouche, les élections en Algérie ont perdu toute signification et depuis longtemps. Pourquoi se lancer dans une course présidentielle que beaucoup estiment perdue d’avance, quand on peut se donner le temps de construire une initiative politique en dehors du calendrier électoral ?

Ali Ghediri répond qu’il est “temps d’aborder le changement en Algérie autrement”, parce que les dizaines de partis politiques qui existent depuis longtemps n’ont pas pu trouver une solution politique, y compris en dehors des élections. Selon lui, le climat politique actuel ne permet pas aux partis de jouer leur rôle.

« Vous avez évoqué M. Hamrouche. Qu’il nous donne une solution. Devons-nous attendre que les appareils nous gratifient d’une solution ? », a-t-il indiqué.

 

Contre le 4e mandat « à titre personnel »

Ali Ghediri était toujours en poste au MDN en 2014 lorsque Abdelaziz Boutelfika a été réélu. Il a affirmé avoir été contre le 4e mandat du président « à titre personnel » et « pour des raisons objectives » .

Justifiant le fait de ne pas avoir exprimé cet avis à l’époque par le devoir de réserve, le candidat potentiel a ajouté que « ceux qui le connaissent » dans l’armée étaient au courant de sa position.

S’il y a une opposition actuellement à une candidature de M. Bouteflika à un probable 5e mandat au sein de l’armée, Ali Ghediri refuse de répondre, affirmant toutefois qu’une candidature du président ne changera en rien ses plans.

« La candidature ou non de Bouteflika ne m’intéresse pas », a-t-il indiqué.