MAROC
02/03/2016 13h:28 CET | Actualisé 03/03/2016 05h:59 CET

Injaz Al-Maghrib lance un projet pilote pour sensibiliser les jeunes marocains à l'entrepreneuriat

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Mhammed Abbad Andaloussi, président d’Injaz Al Maghrib.

ENTREPRENEURIAT – "On ne naît pas entrepreneur, on le devient". La formule, empruntée au roi Mohamed VI lors de la 5e édition du Sommet global de l’entrepreneuriat le 20 novembre 2014, est aujourd’hui la devise du projet de sensibilisation à l’entrepreneuriat social initié par l’association Injaz Al-Maghrib et le MEPI (Middle East partnership initiative).

Situé au sein du bureau des affaires du Proche-Orient au département d’État américain, ce programme veut soutenir, entre autres, le développement du tissu entrepreneurial au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, notamment auprès de la jeunesse et des femmes.

L’évènement, au cours duquel une convention de partenariat a été signée entre les deux entités, a réuni le ministre de l'Éducation nationale et de la formation professionnelle Rachid Belmokhtar, le président d’Injaz Al Maghrib Mhammed Abbad Andaloussi, le directeur régional du MEPI Afrique du Nord et Moyen-Orient Manu Bhalla, et l’ambassadeur des États-Unis au Maroc Dwight L. Bush.

L’ambassade américaine a en effet contribué à hauteur d’un million de dirhams au financement de ce projet.

Former 2.635 jeunes

La formation doit bénéficier à 2.635 jeunes (1.610 collégiens et 1.025 lycéens) scolarisés dans des établissements publics, répartis entre Meknès, Fès, Kenitra et Salé. En tout, 170 conseillers bénévoles, tous issus du monde de l’entreprenariat marocain, se mobiliseront pendant quatre mois à raison de deux heures par semaine pour dispenser quatre programmes conçus par un groupe d’experts du Junior Achievement Worldwide, un organisme de jeunesse américain à but non lucratif.

Des modules qui s’articulent autour de la création d’une "junior entreprise" pour les plus jeunes, d’un atelier d’initiation aux mécanismes-clefs de l’entrepreneuriat (raison sociale, fonctions, fixation des prix, etc.) pour les plus âgés, de la gestion et des compétences entrepreneuriales et de témoignages de chefs d’entreprise.

Explorer le monde rural

"Nous sommes actuellement en négociation avec des entreprises installées en milieux ruraux qui veulent se joindre à notre projet", a déclaré Mhammed Abbad Andaloussi. "Toute notre approche est basée sur la mobilisation de cadres en entreprise bénévoles. Si on en trouve facilement dans les grandes villes, c’est plus compliqué dans les territoires reculés", explique-t-il.

Un constat illustré par les chiffres du chômage en milieu rural. En 2015, le taux de chômage plafonnait à 4.1%, selon le Haut commissariat au plan. Environ 4.000 postes y ont été créés (contre 29.000 en zone urbaine) sur cette même année. Le taux de sous-emploi (lorsque les travailleurs disponibles sont plus nombreux que les emplois disponibles) culminait quant à lui à 11.8%. Enfin, l'emploi non rémunéré (composé à 98% d’aides familiales) a enregistré une baisse de 42.000 postes.

Créée en 2007 sous l’impulsion de la Société nationale d'investissement (SNI), l’association Injaz-Al Maghrib, reconnue d’utilité publique, veut "stimuler l’esprit d’entreprise des jeunes", a indiqué Mhammed Abbad Andaloussi. A l’appui de ces objectifs, un programme de subventions locales a été développé au Maroc depuis 2008 par le MEPI. Ce dernier opère auprès des ONG locales, universités et groupes de réflexion. A terme, le programme de formation du partenariat MEPI-Injaz Al Maghrib veut former 200.000 jeunes d’ici 2020.

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