MAROC
23/07/2019 12h:17 CET

Enseignement: Le projet de loi-cadre approuvé par la Chambre des représentants

Les députés du PJD n'ont pas suivi le conseil de Benkirane.

Youssef Boudlal / Reuters

PARLEMENT - Après la polémique, la concession. Le projet de loi-cadre relatif au système de l’éducation, de l’enseignement, de la formation et de la recherche scientifique, soumis au vote des députés de la Chambre des représentants, hier soir, a été approuvé. A la majorité, il a été adopté par 241 voix pour, tandis que 21 se sont abstenus et 4 ont opté pour le refus, indique la première Chambre du Parlement sur son portail web.

Il n’y a pas eu de rebondissement, lors de cette séance plénière, après le vote de ce texte de loi, mardi 16 juillet, par la commission parlementaire de l’enseignement, de la culture et de la communication qui l’a approuvé à la majorité également. C’est la sortie d’une impasse qui a duré plusieurs mois, depuis le dépôt du texte auprès de cette Chambre en septembre dernier.

Bloquée par les militants de l’enseignement en langue arabe, qui se sont insurgés contre l’alternance que stipule le projet de loi permettant d’enseigner les matières techniques et scientifiques en langue étrangère, en l’occurrence, le français, ce texte a généré une crise au sein de la majorité. Ce qui a empêché son vote également en avril, lors de la session extraordinaire du parlement convoquée par le gouvernement. 

Le PJD, qui avait alors décidé de se retirer du consensus émettant des réserves sur deux articles, 2 et 31 de ce projet de loi relatifs au processus linguistique dans l’enseignement (l’alternance), a finalement rallié la majorité favorable. Hassan Adili, député du PJD, relayé par le portail web du parti, a qualifié cette approbation d’“historique”. Pour lui, elle instaure un cadre et des “réformes structurelles sur le plan de la gouvernance, des ressources humaines, de la formation, la pédagogie et du système d’évaluation”.

Et sur les deux articles, objets de la polémique, il a précisé que le parti a maintenu sa réserve quant à l’alternance en optant pour l’abstention et non le refus. “Nous avons pris une décision constructive fondée sur l’intérêt suprême de la nation et des générations marocaines”, a-t-il tenu à souligner. Et de préciser que le PJD n’a pas opté pour le refus de ces deux articles parce que la question qui le gêne dans ceux-ci ne concerne “qu’une composante, celle de la définition de l’alternance linguistique. Pour le reste, notre groupe n’a pas d’objection à faire”. 

Des explications qui répondent à la sortie virulente de l’ancien secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, ce week-end. Pour ce dernier, que le parti dise “oui” à ce texte de loi relève d’une “trahison à ses principes”, à “son référentiel islamique”. Exprimant sa colère, il a appelé son parti à faire machine arrière, lors du vote de ce lundi. Sinon, pour lui, “le PJD n’a plus de légitimité”, et son appartenance au parti n’a plus lieu d’être.

Le projet de loi-cadre, lui, suit son parcours au sein du Parlement. Il est à présent soumis à la Chambre des conseillers pour examen et vote. La polémique risque de ressusciter.