MAROC
25/03/2019 18h:08 CET | Actualisé 30/03/2019 12h:21 CET

Enseignants contractuels: Trois nouveaux jours de grève dès demain dans tout le royaume

Les 5 syndicats ont rencontré le ministre de l'Éducation nationale ce lundi.

Anadolu Agency via Getty Images

ENSEIGNEMENT - Le ministre ne les a pas convaincus. Au bout d’une réunion de trois heures, tenue ce lundi 25 mars à Rabat, le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaid Amzazi, et les secrétaire généraux des 5 syndicats de l’enseignement (FDT, CDT, UMT, UGTM, FNE) n’ont pas réussi à s’accorder. Tenue au lendemain de l’intervention musclée des forces de l’ordre pour disperser les milliers d’enseignants contractuels qui manifestaient devant le siège du Parlement, cette réunion, programmée dans le cadre du dialogue sociale était mal partie.

“Face au ministre, je lui ai dit qu’en tant que secrétaires généraux des syndicats de l’enseignement, nous devions venir avec des tabliers blancs maculés de sang pour assister à cette réunion, en signe de colère contre ce qui s’est passé dans la nuit de samedi à dimanche”, déclare au HuffPost Maroc le secrétaire général de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), Abderrazak Drissi. Les syndicats ont profité de l’occasion pour dénoncer “l’agression des forces de l’ordre contre une manifestation pacifique”, appelant le gouvernement ”à assumer sa responsabilité dans cette crise”. Ils ont appelé à 3 nouveaux jours de grève générale les 26, 27 et 28 mars dans toutes les régions à travers des marches et des sit-in. 

“Le ministre nous a demandé d’y renoncer, mais il ne nous a pas fait de propositions concrètes. Pour nous, la situation n’a pas changé et nous continuerons de refuser le régime du travail par contrat parce qu’il est synonyme d’instabilité”, prévient Drissi. Et d’estimer que le gouvernement n’a donné “aucun signe positif” même si les Académies régionales d’éducation et formation (AREF) ont décidé d’abandonner le système de recrutement par contrat et de revoir toutes les dispositions y afférentes, particulièrement celles relatives à sa résiliation.

“Le ministre nous a appelés durant cette réunion à plus de patience arguant qu’il fallait du temps pour les procédures mais aussi pour négocier avec le ministère des Finances. Cependant, pour nous, c’est la décision politique qui prime et doit régler rapidement le problème”, affirme ce syndicaliste. Ce que craint le plus ce dernier, c’est que la régionalisation soit utilisée “en étiquette” pour valider “des systèmes d’emploi précaire”.    

Ministère Education nationale/Facebook

Pour ces syndicats, les démarches protestataires des enseignants contractuels se poursuivent non seulement pour porter leurs revendications mais aussi pour “exercer leur droit à la grève”. “La marche et le sit-in organisés par la coordination nationale des enseignants contractuels à Rabat les 23 et 24 mars ont réuni les syndicats de l’enseignement, les partis politiques démocratiques et la société civile (...) Ce sera le premier pas vers la constitution d’un front national pour la défense des services sociaux ”, déclarent les syndicats dans un communiqué  publié hier. 

De son côté, la coordination annonce, qu’en réaction à “l’intervention sauvage” contre ses membres, ce week-end, avoir décidé de rallonger son sit-in devant le Parlement jusqu’à ce lundi.    

Cette coordination, pour le gouvernement, n’a aucun statut légal. “Elle n’a pas le pourvoir juridique de faire appel à des grèves de travail qui, dans cet état des lieux, sont considérés comme arrêt de travail injustifié. Et cela dure depuis trois semaines”, nous précise une source proche du dossier au sein du gouvernement.  

Le 18 mars, le gouvernement avait durci le ton envers ces enseignants contractuels en les mettant en garde contre “des mesures administratives et légales envers quiconque s’avisera de faire obstacle au déroulement normal de la scolarité”. Un arrêt de travail sera donc considéré comme “absence sans justificatif” et fera l’objet de sanctions administratives, allant du prélèvement sur salaire au licenciement. Pour Amzazi, ces enseignants doivent avant tout “privilégier l’intérêt des élèves en leur garantissant leur droit à la scolarité”.