MAROC
28/03/2019 12h:04 CET

Enseignants contractuels: Les partis de la majorité soutiennent le gouvernement

La majorité appelle le gouvernement à "être intransigeant".

Anadolu Agency via Getty Images

PARTIS - Un appui sans faille. C’est ce que les partis de la majorité ont exprimé envers “l’approche adoptée par le gouvernement pour gérer le dossier des enseignants des Académies régionales d’éducation et formation (AREF)”. Le sujet a été à l’ordre du jour d’une réunion que les 6 partis (PJD, RNI, UC, USFP, PPS et MP) ont tenue hier soir. Dans un communiqué commun publié à l’issue de la réunion, les partis estiment que le gouvernement a fait preuve “de responsabilité” et “de dialogue” face à la colère des enseignants contractuels en “interagissant rapidement avec les propositions et revendications légitimes visant à améliorer leur situation professionnelle”. 

Et cette “interaction” a permis de modifier le statut particulier de ces enseignants afin qu’ils puissent “bénéficier, dans le cadre du recrutement régional, d’un régime similaire” à ceux qui sont soumis “au statut de fonctionnaire du secteur de l’éducation nationale”. “Ce qui leur garantit la stabilité professionnelle et la sécurité de l’emploi”, affirme la majorité dans ce communiqué. 

Relayant les convictions du gouvernement, clairement exprimées, hier, par le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaid Amzazi, lors d’un point de presse, ces partis ont souligné l’importance que revêt le recrutement via les AREF le qualifiant de “choix stratégique”. Et pour cause, rappelle la majorité, ce recrutement veut combler les insuffisances des ressources humaines au sein des régions surtout dans le milieu rural et les zones reculées.  

“Non à un retour en arrière”, lancent ces partis au gouvernement l’appelant à poursuivre sa décentralisation progressivement “en élargissant ce procédé à d’autres secteurs vitaux”. Les enseignants contractuels devraient ainsi, pour la majorité, faire passer l’intérêt des élèves et du pays en premier. “Les partis de la majorité appellent les cadres en arrêt de travail à écouter la voix de la raison”, insistent-ils dans leur communiqué estimant que ces enseignants doivent faire preuve de “conscience professionnelle”. 

Quant aux mesures entreprises à leur encontre, ces partis revendiquent leur poursuite et appellent le gouvernement à rester “intransigeant” pour faire respecter le droit à la scolarité et “affronter tous les dérapages qui pourraient porter atteinte à la sûreté générale”. 

“Intransigeant”, le gouvernement en a donné la preuve. Alors que ces enseignants observent leur quatrième semaine d’arrêt de travail, Amzazi annonce que ceux qui composent “la coordination”, à l’origine de l’appel à cette grève seront “révoqués”. Tous les enseignants contractuels n’ayant pas regagné leur travail feront ainsi l’objet de procédure légale, conformément à ce qui est dicté par la loi en vigueur. Et les stagiaires en formation, au nombre de 15.000, ne feront pas l’exception puisque les absents de plus de 5 jours seront remplacés par les candidats sur la liste d’attente. 

Ministère de l'Education nationale

Pour Saaid Amzazi, le gouvernement a tenu ses engagements envers cette catégorie d’enseignants. Ils ne sont désormais plus des “contractuels”, mais cadres à part entière des AREF et ont ainsi les mêmes droits que les enseignants de l’éducation nationale. Ainsi, le ministre a rappelé au cours de son point de presse, qu’ils ont droit à la titularisation tout en conservant l’ancienneté acquise à l’académie, à la promotion dans l’échelle et l’échelon tout au long de leur carrière, à la retraite suite à une maladie grave (à l’instar des fonctionnaires de l’État) et à la mutation au niveau régional. Et ces droits leur permettent de passer les différents concours comme celui des inspecteurs, de l’orientation et la planification, le cycle d’agrégation... 

Quant à la question de la retraite, qui serait l’unique point de différence entre les deux catégories d’enseignants, le gouvernement leur promet qu’il procédera à la fusion de la caisse de retraite marocaine et le régime collectif d’allocation de retraite.