MAROC
27/03/2019 22h:20 CET | Actualisé 25/04/2019 10h:51 CET

Enseignants contractuels: "Les membres de la coordination seront révoqués"

Les stagiaires sont également concernés.

Youssef Boudlal / Reuters

CONFLIT SOCIAL - Après la mise en garde, la sanction. Les enseignants contractuels, qui font grève depuis trois semaines, devront payer. C’est le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaid Amzazi qui l’annonce officiellement, ce mercredi 27 mars. 

Dans un point de presse qu’il a tenu en présence du porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, Amzazi dénonce “une provocation” et “une incitation” à l’arrêt du travail qui menace le droit de tout enfant à la scolarité. “Cette organisation qui se fait appeler coordination et décrète des arrêts de travail n’a aucune légitimité légale ou reconnaissance pour le faire. Seul un syndicat ou des institutions reconnues par la constitution peuvent lancer des appels à la grève”, insiste le ministre. Et d’ajouter que ces grèves ne doivent en aucun cas dépasser “un délai raisonnable”. 

Ce n’est pas le cas aujourd’hui, pour Amzazi, qui souligne que la grève des enseignants contractuels entame sa quatrième semaine. “C’est une atteinte au service public et à l’intérêt général”, martèle-t-il, soulignant qu’il “est inconcevable que le gouvernement accepte qu’on bafoue le droit à la scolarité et compte bien rattraper le retard accusé par le temps scolaire”. 

Une intolérance qui se traduit par des mesures strictes: “les membres qui composent cette coordination seront licenciés. Tous les enseignants contractuels n’ayant pas regagné leur travail feront l’objet de procédure légale, conformément à ce qui est dicté par la loi en vigueur”, prévient-il. C’est au statut de la fonction publique que ce dernier fait allusion. “Un abandon de poste vaut une mise en demeure adressée au concerné pour reprendre son service et l’informe des mesures auxquelles il s’expose. S’il n’a pas repris son service dans le délai de sept jours qui suit la date de notification de la mise en demeure, sa révocation peut être alors décidée avec ou sans suspension des droits à pension et ce, sans consultation préalable du conseil de discipline”.

Les stagiaires qui sont au stade de la formation sont également concernés. Au titre de cette année, ils sont 15.000 à suivre une formation de janvier à juin. “Ils ont fait l’objet d’incitations à participer à ces grèves alors qu’ils sont signataires d’un engagement à suivre la formation”, affirme Amzazi, soulignant que l’Etat leur verse une bourse mensuelle de 1.400 dirhams. Leur absence leur coûtera cher, car tous les absents pendant au moins 5 jours seront remplacés par les candidats dont les noms figurent sur la liste d’attente.

“J’appelle les enseignants qui auraient fait l’objet d’incitation à rejoindre ces grèves à reprendre leur fonction. Nous ne prendrons pas de mesures contre eux, mais le prélèvement sur salaire devra s’effectuer”, précise le ministre. Et de saluer les enseignants qui n’ont pas pris part à ces manifestations, ainsi que les parents d’élèves et tuteurs ayant réussi à en dissuader d’autres.

Le ministre tient aussi à remercier les directeurs et responsables des écoles touchées pour avoir fédéré leur effort afin de dépasser cette crise. “300 établissements annexes dans le milieu rural ont été fermés au tout début, mais aujourd’hui, on a réussi à réduire ce nombre à moins de 200”, rassure Amzazi précisant qu’aucun chamboulement ne touchera le déroulement normal des écoles. “Nous rattraperons le temps perdu. Les examens qui n’ont pas eu lieu seront reprogrammés pour le mois prochain. Rien ne changera et les vacances sont bien maintenues”, précise-t-il. 

Le gouvernement, rappelle-t-il, a tenu ses engagements: “il n’y a plus lieu de parler de la contractualisation, ce mode de recrutement a été définitivement abandonné”. Les conseils d’administration des Académies régionales d’éducation et formation (AREF) ont décidé, mercredi 13 mars, au cours d’une session extraordinaire, des amendements introduits aux statuts des cadres de ces académies, et l’abrogation de toutes les dispositions qui renvoient à la “contractualisation”. “Ces cadres sont dorénavant des fonctionnaires dans le cadre de la fonction publique régionale”, souligne Amzazi.

Sur un pied d’égalité, les enseignants le sont tous, d’après le gouvernement qui ne trouve désormais aucune légitimité à poursuivre des grèves.