MAROC
25/04/2019 17h:52 CET

Enseignants contractuels: Le gouvernement s'explique sur l'intervention des forces de l'ordre

“C’est au sit-in que les manifestants ont été appelés à évacuer les lieux par les forces de l’ordre”.

- via Getty Images

MISE AU POINT - “La question des enseignants contractuels a fait l’objet d’un débat au sein du conseil de gouvernement de ce jeudi. Le ministre de l’Education nationale et le ministre délégué auprès du ministre de l’Intérieur ont fait le point sur la situation”. Sans surprise, le porte-parole du gouvernement et ministre délégué chargé des Relations avec le Parlement et la Société civile, Mustapha El Khalfi, a été interpellé par les médias, ce jeudi 25 avril, sur la dispersion par des canons à eau des enseignants contractuels qui manifestaient, hier, au centre ville de Rabat.

En réponse, il a tenu à rappeler que “le droit de manifester est encadré par la loi”. Et d’affirmer que les manifestations d’hier “n’ont pas fait l’objet d’intervention”. “C’est au sit-in que les manifestants ont été appelés à évacuer les lieux par les forces de l’ordre”, a-t-il précisé. Sur la manière avec laquelle cette évacuation a été menée, le ministre n’a pas de commentaire à faire, mais tient à souligner que “chacun a le droit de saisir les institutions concernées comme le Conseil national des droits de l’Homme”. 

Sur la gestion du conflit social entre le gouvernement et les enseignants contractuels qui ne cesse de se prolonger, El Khalfi est catégorique: “le dialogue est maintenu et les engagements aussi”. Le ministre a précisé que la gestion du gouvernement de ce dossier consiste d’abord à “assurer une mobilisation pour rattraper le temps scolaire surtout dans le milieu rural”. Le ministère de l’Education nationale aura accompli cette mission dans sa totalité la semaine prochaine, à en croire le porte-parole du gouvernement.

Autre point dans cette gestion: “l’application des engagements auxquels a abouti le dialogue le 13 avril”. Le ministère avait assuré aux représentants des grévistes la suspension de toutes les mesures administratives et juridiques prises à l’encontre de certains enseignants-cadres des Académies régionales d’éducation et de formation (AREF). Il leur avait aussi promis de verser leur salaire et de reporter l’examen de qualification professionnelle à une date ultérieure afin de permettre aux enseignants-cadres des AREF de bien s’y préparer.

“Le dialogue n’a pas été respecté. Les enseignants contractuels devaient reprendre leur travail le 15 avril, mais il n’y a pas eu de retour”, a regretté El Khalfi. Et d’affirmer que le gouvernement ne souhaitait pas faire marche arrière sur le dialogue. “Nous avions l’espoir qu’ils reviendraient et attendu jusqu’à la veille de la tenue du deuxième round du dialogue du 23 avril avant de décider l’interruption jusqu’à ce qu’ils tiennent leurs engagements”, a-t-il souligné. 

Le porte-parole du gouvernement accuse les grévistes d’avoir failli à leur part de responsabilité dans ce dialogue. “Le gouvernement leur a assuré la stabilité professionnelle par la voie du recrutement régional”, a-t-il insisté. 

A la coordination nationale des enseignants contractuels, il n’y a jamais eu de compromis avec le ministère. Le mouvement revendique la réadmission sans condition et sans mesures disciplinaires des enseignants révoqués et la suspension de l’examen de qualification jusqu’à ce que la crise soit désamorcée.

Elle vient de décréter le prolongement de sa grève jusqu’au dimanche 28 avril.