MAROC
10/04/2019 12h:37 CET | Actualisé 10/04/2019 12h:38 CET

Enseignants contractuels: Amzazi prêt à renoncer aux sanctions s'ils reprennent leur travail le 15 avril

"Leurs salaires leurs seront versés en intégralité", promet le gouvernement

- via Getty Images

CONFLIT SOCIAL - C’est un ultimatum. Le ministre de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Saaïd Amzazi, appelle les enseignants contractuels à mettre fin à leur grève et à regagner leur travail lundi prochain, 15 avril, c’est-à-dire tout de suite après les vacances scolaires. Ce n’est qu’à cette condition que les sanctions envers ces grévistes “tomberont immédiatement”, annoncent les 5 syndicats du secteur, CDT, UGTM, FNE, UMT et FDT, à l’issue de leur réunion, hier, avec le ministre.

Consacrée à ce conflit, cette rencontre tenue à la demande des syndicats a été l’occasion de réaffirmer leur position quant au refus du recrutement par contrat mais aussi de l’approche avec laquelle le gouvernement a géré ce dossier. “Les sanctions administratives contre ces enseignants sont arbitraires. Il faut que le gouvernement lance des messages d’apaisement et de compromis au lieu de réagir de la sorte”, avait déclaré au HuffPost Maroc le secrétaire général de la Fédération nationale des fonctionnaires de l’enseignement affilié à l’UNTM, Abdelilah Dahmane, quelques heures avant cette réunion. 

Ce “message d’apaisement”, le gouvernement vient d’en donner un, après “une discussion en long et en large” entre les deux parties, soulignent les syndicats dans leur communiqué commun. Et de préciser qu’Amzazi s’engage aussi à assurer “le versement des salaires suspendus” et à “poursuivre le dialogue autour de ce dossier”. Un nouveau round est donc fixé pour le mardi prochain, 16 avril, entre le ministère, les syndicats, mais aussi des représentants de la coordination nationale des enseignants.  

Le ministre de l’Education nationale, qui déclarait dans son dernier point de presse tenu le 27 mars que “cette organisation qui se fait appeler coordination et décrète des arrêts de travail n’a aucune légitimité légale ou reconnaissance pour le faire” se montre à présent prêt au dialogue avec ses membres. Les syndicats ont insisté sur la présence des représentants de la coordination nationale des enseignants contractuels. “La coordination n’est pas reconnue par le gouvernement, mais elle représente un fait, celui d’être le fruit de l’absence de démocratie. Elle doit être prise en compte par le gouvernement et les syndicats”, avait estimé au HuffPost Maroc le Secrétaire général national de la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), Abderrazak Drissi. 

La balle est dans le camp des grévistes, à présent. “Tout de suite après la fin de cette réunion avec le ministre, nous en avons eu une autre avec les enseignants contractuels au siège de la FDT à Rabat”, indiquent les syndicats, soulignant que “les concernés maintiennent la poursuite du dialogue avec le ministère à travers les syndicats de l’enseignement”. Quant aux propositions faites par le ministre, la coordination n’a pas encore tranché, d’après les syndicats. Ils se concerteront avant de faire le point sur leur position auprès des syndicats. “Ils nous informeront de leur décision avant notre réunion avec le ministère programmée jeudi 11 avril dans la matinée”, précisent-ils. 

En attendant, la coordination nationale des enseignants contractuels n’a pas encore renoncé à ses trois jours de grève qui s’achèvent aujourd’hui. Les grévistes, comme l’indique ce communiqué publié sur la page Facebook de la coordination, devaient se rassembler ce matin à 11h devant le siège du ministère de tutelle avant d’organiser une marche vers le siège du Parlement avec, cette fois-ci, des livres dans les mains.   

La crise n’est pas encore désamorcée. Les syndicats réitèrent, d’ailleurs, dans leur communiqué, le maintien de leurs revendications: “l’annulation immédiate du recrutement par contrat, l’intégration collective dans la fonction publique et l’adhésion à la Caisse marocaine de retraite (CMR)”. Si le gouvernement s’était engagé à supprimer le mode du recrutement par contrat, il a, par contre, insisté, sur l’importance d’asseoir “la fonction publique régionale”. Ces enseignants seront recrutés en tant que cadres des Académies régionales d’éducation et formation (AREF) et auront, avait promis le gouvernement, “les mêmes droits que les autres”, précisant que pour la caisse de retraite, les régimes des deux catégories seront fusionnés en un seul.

Pour les syndicats, ces propositions n’étaient pas suffisantes pour calmer les esprits. “Il faut que le gouvernement et le ministère répondent de toute urgence à toutes les revendications légitimes du corps enseignant et redonne confiance en le dialogue social”. Et de préciser que les différentes parties sont appelées à se mettre autour de la même table avant la fin des vacances scolaires afin de circonscrire définitivement la crise.