TUNISIE
01/11/2019 20h:01 CET

Ennahdha présente son programme gouvernemental en attendant de trouver une majorité

Ennahdha a présenté un document appelé à lier les partis soutenant la formation d'un gouvernement autour du parti vainqueur des législatives...

Le mouvement Ennahdha a présenté, vendredi, lors d’une conférence de presse, le document intitulé “Contrat sur un programme de gouvernement” comportant le plan d’action du prochain gouvernement.

Une initiative qui a été au centre des concertations avec les parties politiques représentées dans le nouveau parlement.

 

Selon Khalil Amiri, dirigeant au mouvement, ce document constitue la base de l’action du prochain gouvernement. Un document qui sera définitif au terme des négociations avec les différents acteurs politiques et sociaux qui auront participé à son élaboration.

Le document qui fixe les priorités économiques, politiques et sociales du prochain gouvernement, s’articule autour de 5 axes, à savoir la lutte contre la corruption, la lutte contre la pauvreté, la réforme des systèmes de la santé et de l’enseignement, la promotion des investissements et le parachèvement des institutions constitutionnelles.

Pour lutter contre la corruption, le document prévoit notamment la révision des législations, la promotion du service judiciaire, l’intégration des organismes de contrôle dans un centre structurel et la simplification des procédures de la douane.

Le document vise aussi à renforcer les capacités de lutte contre le crime organisé et le renforcement de la sécurité aussi bien en ville que dans les campagnes ainsi qu’augmenter l’efficacité et les capacités de l’action gouvernementale au double plan politique et exécutif.

Le document propose à cet égard la création d’une structure politique baptisée “Conseil de la coalition” qui se chargera de la coordination entre la présidence du gouvernement et l’appui politique dont elle bénéficie.

Le document prévoit aussi la création d’un fonds de la Zakat, l’adoption de la loi régissant les institutions de l’économie solidaire, le parachèvement de la numérisation du système de la santé et la consécration de le décentralisation.

Il vise, également, à maîtriser la masse salariale, rationaliser les dépenses de l’Etat, mettre fin au déficit de la balance commerciale et restructurer les institutions publiques.

Le parachèvement des institutions constitutionnelles, l’instauration de la gouvernance locale et le parachèvement du processus de justice transitionnelle sont autant de points prévus aussi dans ce document.

Les négociations avec les partis continuent

Le porte-parole du mouvement Ennahdha, Imed Khémiri a déclaré, pour sa part, que les concertations avec les parties concernées par la formation du prochain parlement continuent.

“Le gouvernement sera formé dans les délais constitutionnels et selon les critères de l’intégrité et la compétence”, a-t-il souligné.

Khémiri a également rappelé que le chef du gouvernement sera un membre d’Ennahdha, conformément aux dispositions de la Constitution et du choix établi par le conseil de la Choura.

“Il est toutefois prématuré de se prononcer sur le candidat à ce poste”, a-t-il dit.

Sur un autre plan, Khémiri a fait savoir que les premières concertations ont été effectuées avec la coalition El Karama, le Courant démocrate, le mouvement Echaâb, l’Union populaire républicaine et certaines parties indépendantes.

Et de préciser que des rencontres officielles ont eu lieu entre le président du parti Rached Ghannouchi et les secrétaires généraux du mouvement Echaâb, Zouhaier Maghzaoui et du Courant démocrate, Mohamed Abbou pour débattre du “Contrat sur le programme du gouvernement”.

Khémiri a, à cet égard, mis l’accent sur l’importance de concevoir un contrat pour un gouvernement de coalition s’articulant autour d’un programme ayant l’aval de toutes les parties.

Selon lui, d’autres rencontres auront lieu sur cette question et réunieront Ennahdha avec Tahya Tounes, la coalition El Karama et des indépendants.

Concernant l’exclusion des partis Au Coeur de la Tunisie et le Parti destourien libre (PDL), Khémiri a déclaré que “les concertations avec les acteurs politiques sont dictées par les promesses faites pendant les élections: ne pas s’allier avec les parties qui dénigrent la révolution, soutiennent la dictature ou font l’objet de présomptions de corruption”.

Le date officielle de la formation du prochain gouvernement est le 13 novembre prochain, a-t-il encore rappelé.

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