TUNISIE
24/05/2018 14h:38 CET | Actualisé 25/05/2018 20h:10 CET

Ennahdha agacé par l'utilisation du terme "islamiste" par les médias étrangers, le fait savoir dans un courrier adressé à Géopolis

Le parti Ennahdha ne veut plus qu'on le traite d'islamiste.

Denis Balibouse / Reuters

Nous notons que dans tous (les articles de Géopolis sur les municipales),Ennahdha est décrit comme un parti ‘islamiste’. Ennahdha se décrit comme un parti musulman démocrate” a écrit le département des relations internationales du parti Ennahdha, dans un courrier adressé au magazine télévisé français, Géopolis.

Le journal dévoile sur son site le contenu de la correspondance, estimant qu’Ennahdha essaye de se montrer le plus professionnel possible dans ses relations avec les médias étrangers, et ce dans un souci de se débarrasser de l’étiquette islamiste qui lui a toujours été attribuée.

Le parti demande clairement à Géopolis de cesser d’utiliser ce terme, l’estimant “inexact”, “trompeur” et “dommageable pour le parti”.

Depuis mai 2016, le parti s’était déclaré “civil” et a exprimé son souhait de rompre avec tout allusion islamiste à son égard.

Selon le journal français, le parti adopte la même stratégie que les partis chrétiens qui se sont déclarés “chrétiens démocrates”, et s’annonce comme un parti “musulman démocrate”.

Ennahdha défend son progressisme dans la lettre envoyée au journal français, arguant par le fait que ses députés aient été ”à l’origine de la création de la loi sur la prévention de la violence à l’égard des femmes”, ou encore par le fait que 41% de députées tunisiennes sont d’Ennahdha.

Pour appuyer ses propos, Géopolis cite le journaliste indépendant Thierry Bresillon, qui a d’ailleurs estimé, dans son étude intitulée “Ennahdha, s’intégrer sans se perdre : les fruits incertains de la spécialisation”, que le discours de mai 2016 du chef du parti Rached Ghannouchi qui avait annoncé la rupture avec l’islam politique suite à sa réélection à la tête du parti, a été cependant reçu avec scepticisme quant à “la sincérité de cette nouvelle ligne” qui, selon lui, “dissimulerait la nature immuable du parti islamiste derrière un double discours”.

Bresillon estime donc que “la mue” du parti se heurte à de nombreuses difficultés.

“Ces positionnements se traduisent aussi dans le choix des cadres les plus compatibles avec sa stratégie, modelant ainsi le parti en conformité avec ses déclarations. C’est là une illustration de la force prescriptive du dire, ou si l’on préfère des effets de champ que produit son inscription dans l’action politique” a-t-il affirmé.

Retrouvez le texte entier du courrier envoyé par Ennahdha à Géopolis en cliquant ici.

Après le congrès de mai 2016, le porte-parole du parti avait affirmé qu’Ennahdha “est totalement différent de celui avant la révolution” indiquant “qu’avant la révolution, il s’agissait d’un mouvement militant, alors que maintenant, il s’organise comme l’État: Un président et un parlement, à savoir Majless Choura”.

Selon une source diplomatique européenne citée l’AFP, il existe “chez Rached Ghannouchi la quasi-obsession de montrer aux partenaires occidentaux qu’Ennahdha, n’est pas les Frères Musulmans”.

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