TUNISIE
16/05/2019 19h:08 CET

Ennahdha affirme faire de la "diplomatie populaire" à Paris

Ennahdha explique les raisons du voyage de Rached Ghannouchi et d'une délégation du parti à Paris.

Facebook/Ennahdha

Alors qu’une délégation du parti présidé par Rached Ghannouchi s’est rendue à Paris, mardi, pour rencontrer plusieurs hautes personnalités politiques françaises, Ennahdha a apporté des précisions sur cette visite qui durera 6 jours, jusqu’au 20 mai.

Selon un communiqué, publié jeudi, le parti affirme que la délégation est composée de Rached Ghannouchi, du chargé des relations extérieures Rafik Bouchleka Abdesslem, des députés Houcine Jaziri et Karim Taggaz, du membre du conseil exécutif Ridha Driss, du responsable de la section France Nord d’Ennahdha Karim Azzouz.

 

Celle-ci rencontrera plusieurs responsables de la présidence de la République et du gouvernement français ainsi que du ministère des Affaires étrangères, de l’Assemblée nationale, du Sénat, d’autres personnalités politiques françaises et des spécialistes du monde arabe. Enfin, des rencontres avec la communauté tunisienne vivant en France est prévue.

“Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une diplomatie populaire que réalise Ennahdha afin d’échanger avec les partenaires régionaux et internationaux de la Tunisie et ce afin de renforcer les efforts de la diplomatie officielle” affirme le communiqué qui revient sur les deux premiers jours de travaux de la délégation.

Ainsi, au cours de ces deux jours, celle-ci a rencontré:

- Le conseiller diplomatique d’Emmanuel Macron, Aurélien Lechevallier

- Le secrétaire d’État aux Affaires étrangères, Jean Baptiste Lemoyne

- Les responsables du département de l’Afrique du nord et du Moyen Orient au ministère des Affaires étrangères

- Des membres du groupe d’amitié franco-tunisien à l’Assemblée nationale, présidé par Jérome Lambert

- Le président de “Leaders For Peace” et ancien Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin

- Le président de la fondation Respublica et ancien ministre Jean-Pierre Chevènement.

D’après la même source, Ennahdha a appelé lors de ses rencontres la France à continuer à être “un partenaire important pour la Tunisie et à investir dans la démocratie et la stabilité pour l’intérêt des deux pays”. Il a en outre rappelé la réussite de l’expérience tunisienne grâce “au dialogue et au consensus entre les différents représentants des idéologies politiques en Tunisie” et réaffirmé “la nécessité de la stabilité, de la sécurité et de la solidarité dans la région”.

De leurs côtés, les personnalités rencontrées par le parti Ennahdha ont quant à eux salué “les grandes avancées de la Tunisie au niveau du processus politique démocratique” ainsi que “les efforts” d’Ennahdha “dans la préservation de l’unité nationale”.

Par ailleurs, la délégation a participé à une conférence organisée à l’Institut français des relations internationales (IFRI) autour du thème “La situation de la Tunisie dans un environnement confus” dirigé par le politiste et spécialiste de l’Islam et du Monde arabe Gilles Kepel avant de rencontrer d’autres personnalités à l’instar du journaliste Alain Gresh et du docteur en Science Politique Stéphane Lacroix.

Les non-dits du communiqué d’Ennahdha

Alors que plusieurs médias avaient rattaché cette visite d’Ennahdha au contexte international et notamment la situation en Libye et la possibilité de classer l’organisation des “Frères musulmans” comme terroriste par les États-Unis mais aussi par plusieurs pays européens, le communiqué ne donne aucun détail à ce sujet.

Contactés par le HuffPost Tunisie des sources diplomatiques et politiques françaises ont affirmé que “l’un des principaux axes de discussions était la situation en Libye” et notamment la crainte de la montée en puissance du Maréchal Haftar, “qualifié d’anti-islamiste”: “Ennahdha voulait connaitre la position de la France sur le dossier libyen et son soutien supposé à Haftar, interrogeant sur la teneur de la réunion prévue la semaine prochaine entre le maréchal libyen et le président français Emmanuel Macron”.

Concernant le classement des Frères musulmans comme organisation terroriste, “il n’en a pas été directement question, même si celle-ci a probablement dû être discutée en aparté”.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.