ALGÉRIE
19/02/2019 12h:51 CET | Actualisé 19/02/2019 15h:55 CET

"Enlève la photo, laisse le drapeau!": A Khenchela, des citoyens obligent l'APC à retirer un portrait géant de Bouteflika

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Des milliers de personnes, réunis mardi 19 février devant le siège de l’Assemblée populaire communale (APC) de Khenchela, ont demandé le retrait d’un portrait géant du président Abdelaziz Bouteflika qui recouvrait, avec un grand drapeau de l’Algérie, la façade de l’immeuble.

“Enlève la photo, laisse le drapeau”, ont scandé les présents, tandis que des personnes à l’intérieur de l’immeuble ont retiré le portrait en question. Mais le drapeau a également été retiré, contrairement à la volonté des citoyens. 

 

 

Les citoyens ont également scandé, entre autres, des slogans contre le 5e mandat et contre le président de l’APC de Khenchela, Kamel Hachouf. 

 

A l’origine de ce grand rassemblement, une visite du candidat potentiel à la présidentielle, Rachid Nekkaz, ainsi qu’une provocation du président de l’APC de Khenchela, Kamel Hachouf. 

Après l’annonce de la visite de M. Nekkaz à Khenchela pour rencontrer ses sympathisants et collecter des parrainages, une publication de M. Hachouf a circulé sur les réseaux sociaux, provoquant de la gronde parmi les habitants de la wilaya.

″...Je soutiens un 5e mandat du président Abdelaziz Boutelfika [...] et que celui qui croit être un homme vienne devant l’APC demain. Je serai sur le terrain, que Nekkaz ou Ali ou Mhand viennent, c’est moi qui décide”, a écrit Kamel Hachouf. 

Les habitants, ayant compris que l’élu local allait refuser de valider les signatures en faveur de Rachid Nekkaz, se sont rassemblés devant le siège de l’APC.

M. Nekkaz a par ailleurs été accueilli en héros en arrivant sur place. “Rachid président!”, ont scandé ses supporteurs en lui offrant un bain de foule, indiquent les vidéos publiés sur Facebook. 

Un responsable de l’APC est finalement descendu parler à la foule et à présenter des excuses au nom de M. Hachouf. 

Largement critiqué, Kamel Hachouf a été placé sous contrôle judiciaire en août 2018 pour détournement présumé de l’aide sociale du Ramadhan. 

Des rumeurs avaient circulé sur sa démission après ce scandale, mais M. Hachouf a repris ses fonctions en septembre 2018, après son congé annuel.