LES BLOGS
28/05/2018 14h:41 CET | Actualisé 28/05/2018 14h:41 CET

Enfants et ados addicts au numérique: Danger!

Internet est partout. À l’école, à la maison, dans les jeux et les espaces récréatifs. Dans un monde hyper connecté, c’est hyper difficile de décrocher.

mrs via Getty Images

Internet est partout. À l’école, à la maison, dans les jeux et les espaces récréatifs. Dans un monde hyper connecté, c’est hyper difficile de décrocher.

On achète des smartphones, des jeux, des tablettes et pour avoir un peu de tranquillité, les parents n’hésitent pas à laisser entre les doigts de leurs enfants, ces outils numérique en tout genre. Cela remplace la baby-sitter, le papa et la maman, cela remplace en fait les activités d’un autre temps, du temps de nos parents et de nos grands-parents.

En France, au moins 5% des adolescents sont accros aux écrans. En cause: internet, les réseaux sociaux.

Pour ce qui est des écrans de manière générale, le conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) en France, estime que les enfants de moins de 3 ans ne doivent pas y être exposés. Le CSA estime ainsi qu’un temps excessif passé devant contribue à provoquer des retards de développement même si l’enfant ne regarde que des chaînes ou des programmes adaptés à son âge.

Une enquête menée par un médecin de la protection maternelle et infantile a également conclu que la surconsommation des écrans chez les jeunes enfants provoquait des retards de développement, des troubles de la relation, du langage et du comportement, semblables à de l’autisme, et les jeux vidéo, une dépendance dangereuse, pour la santé mentale et physique.

Mais qu’en est-il en Tunisie? Je vois autour de moi mes nièces, mes enfants, sombrer doucement et inexorablement à chaque retrouvailles, dans des comportements hyper addictifs des plus préoccupants où des crises de pleurs sont ponctuées par crises de nerfs pour arriver à arracher la tablette de l’autre.

Et quand j’en parle autour de moi, je reçois les mêmes réponses: que peut-on y faire? Ce sont des enfants “hyper connectés” de leur temps… ils n’ont que ça…

J’écris ce billet pour alerter les parents de certains dangers

Les enfants et les ados sont la catégorie la plus vulnérable face à cette addiction et il faut essayer de ralentir progressivement cette dépendance et notamment l’utilisation le soir, car les diodes bleues des écrans interagissant avec le rythme circadien (cycle de sommeil).

Oui je sais, plus facile à dire qu’à faire…

“Pour une même intensité lumineuse perçue, la lumière bleue LED active cent fois plus les récepteurs photosensibles non visuels de la rétine (cellules ganglionnaires à mélanopsine) que la lumière blanche d’une lampe fluorescente. Elle génère donc le message d’une exposition massive à la lumière directement transmis aux noyaux suprachiasmatiques. Cette lumière bleue est émise par les écrans LED des ordinateurs, des téléviseurs ou encore des tablettes”.

(www.inserm.fr, Chronobiologie, les 24 heures chrono de l’organisme, écrit en collaboration avec le Dr Claude Gonfrier) sur la lumière bleue (puissant synchronisateur et désynchronisateur).

Si l’on s’expose le soir à la lumière, et en particulier à une lumière enrichie en bleu, cela provoque un retard de l’horloge, un retard à l’endormissement et généralement une dette de sommeil (car l’heure de lever ne se retarde pas parallèlement pendant la semaine de travail).

Outre le rythme biologique, les écrans LED et leurs rayonnements bleus intenses ont des effets nocifs et provoquent des dommages rétiniens, fatigues oculaires, picotements au niveau des yeux, maux de tête.

Le numérique parent à temps plein

Histoire d’avoir la paix de calmer et de recentrer les enfants… ça, je l’ai compris et je l’avoue parfois et souvent à bout de nerfs, je laisse faire aussi.

Taper, écrire, tapoter sur le clavier, le cou et la tête toujours penchés vers le bas, difficile de garder le regard fixe et de dialoguer, quand l’envie du numérique démange, ça aussi je confirme! 

Par la force de la dépendance on devient des télésnobbeurs et nos enfants des addicts!

Pourtant, bon nombre de spécialistes mettent en garde sur les effets néfastes de cette addiction sur nos enfants. L’addiction aux tablettes et smartphones serait dangereuse pour les plus jeunes. Et il serait même recommandé de ne pas équiper les adolescents avant l’entrée au lycée.

Et voici pourquoi.

Une addiction qui ralentit le développement des petits

Avant 6 ans, la surexposition aux écrans nuirait gravement au développement cérébral. Des experts ont observé des retards chez des enfants qui ont été exposés très tôt aux tablettes interactives, aux smartphones. C’est un objet que les parents utilisent très fréquemment pour occuper l’enfant. L’enfant prend du retard, il n’arrive plus à se stimuler qu’avec ça parce que le reste lui paraît fade, ou tout simplement il est démuni.

Je reçois pas mal de parents désorientés dans mon cabinet, pour des protocole Enfance notamment de gestion de la colère et de l’hyper activité, mais la plupart du temps, l’enfant a piqué une crise car le parent lui a laissé son téléphone pour jouer et a tenté de le lui reprendre ensuite, je vous laisse devenir la tragédie... mais c’est juste l’arbre qui cache la forêt des addictions.

Des dégâts et un phénomène mondial qui prend de plus en plus d’ampleur

La dépendance au net et aux jeux et smartphones est considérée comme une drogue tout comme pour l’addiction aux jeux de hasard, l’alcool et la drogue.

C’est d’autant plus préoccupant que cela touche de plus en plus les plus jeunes. Deux actionnaires d’Apple, les fonds Jana Partners et CaISTRS, ont demandé au géant américain de lutter contre ce phénomène, selon The Wall Street Journal. Dans une lettre remise au groupe, plusieurs pistes de travail sont évoquées, parmi lesquelles la mise au point d’un logiciel permettant aux parents de limiter l’utilisation des smartphones par leurs enfants.

5% des adolescents sont accros aux écrans en France

J’ai des préadolescents et ma vie a changé depuis qu’ils ont appris à l’école à manier les rudiments d’internet, le lien familial et social a été coupé et altéré depuis. Mes enfants n’ont plus le même comportement, ils ont changé leurs habitudes alimentaires, de sommeil aussi, ils passent moins de temps à faire leurs devoirs et ne sont plus “avec nous” totalement happés par leurs écrans.

Ils ne sortent plus, ne veulent plus rien partager, si ce n’est avec leur “famille virtuelle”. Ils sont là mais ils ne sont pas avec “nous”, ne mangent pas avec nous, ne regardent pas la télé avec nous.

Agressivité, coup de gueule, pleurs et frustrations sont devenus la seule réponse à toute privation d’avec le numérique. C’est effarant, car je le constate au quotidien et les effets secondaires sont parlants. Ils mangent devant leur ordi, tout est calqué autour.

Où est ce que nous parents avons raté le coche, à leur âge on n’avait pas internet et l’école ne nous demandait pas une connaissance numérique et on avait pas accès à un intranet école, est-ce aussi la faute de l’éducation nationale en France?

Drogue du net quand tu nous tiens.

Un sommeil perturbé

Les conduites addictives ont des conséquences sur le sommeil. L’exposition aux écrans le soir retarde le coucher et l’endormissement, déclenche ou aggrave le syndrome d’insomnie. Le coucher tardif n’est pas seulement une mauvaise habitude, mais un phénomène biologique car l’exposition à la lumière retarde la production de mélatonine, et donc l’endormissement.

Altération de la concentration

Le manque de sommeil chronique entraîne toute une panoplie de syndromes: troubles de la concentration, troubles de l’humeur, troubles psychologiques, baisse de la sérotonine comme chez le déprimé.

Des effets sur le corps

Il y a aussi des effets physiologiques tels une baisse de l’immunité, des troubles métaboliques, gastro-intestinaux ou une prise de poids.

Préparez vos enfants et soyez fermes

Des études montrent que la suppression de l’utilisation de ces écrans avant le coucher chez l’enfant et l’adolescent permet une augmentation de la durée de sommeil d’une heure trente en moyenne par rapport à celle des utilisateurs. 

Faites-vous aider par les thérapies brèves pour déconnecter vos enfants

L’apport de la sophrologie permet l’amortissement émotionnel du ralentissement de la connexion. L’accompagnement se calque sur celui des addictions, car si les nouvelles technologies déclenchent une hyperstimulation du cerveau, leur arrêt, lui, va provoquer une angoisse, notamment celle de l’exclusion.

En constant isolement votre enfant peut aussi vivre des aspects dépressifs, il faut donc rester dans la vigilance.

Le premier smartphone devrait être offert aux adolescents qu’à partir de l’entrée au lycée et pas avant.

Retrouvez ses conseils sur : www.feriel-berraies-therapeute.com

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.