25/12/2018 14h:27 CET | Actualisé 25/12/2018 14h:27 CET

En visite officielle au Maroc, le ministre nippon des Affaires étrangères affirme la position anti-Polisario du Japon

Le pays du soleil levant compte 5 fois plus d’entreprises au Maroc qu’il y a 10 ans.

MAECI Maroc/Twitter

RELATIONS INTERNATIONALES - “Nous ne reconnaissons pas le Sahara comme un État indépendant”, a déclaré, lundi à la presse, Mitsuko Shino, porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Japon, lors d’un point de presse tenu à Rabat en marge de la visite au Maroc du ministre des Affaires étrangères japonais, Taro Kono, du 23 au 25 décembre.

Après avoir visité le mausolée Mohammed V, le ministre s’est entretenu avec son homologue marocain, Nasser Bourita. Une occasion où il a tenu à rendre plus claire la position du Japon vis-à-vis la République arabe sahraouie démocratique (RASD). 

En effet, la tension s’était accrue en octobre dernier lors d’une réunion ministérielle préparatoire à la Conférence internationale de Tokyo pour le développement en Afrique (TICAD VII), où le Maroc s’était retiré pour protester contre la présence du Polisario. La situation avait dégénéré en 2017 lors d’une précédente réunion du TICAD au Mozambique qui avait connu la participation non-officielle de la RASD. Le pays hôte avait alors imposé la présence du Polisario sans l’accord du Japon, co-organisateur de l’événement, et avait même essayé de bloquer l’accès à la délégation marocaine.

Malgré la position du pays nippon, le Maroc devra attendre, selon la porte-parole, l’accord de l’Union Africaine pour savoir si la RASD participera au prochain TICADVII, qui se tiendra du 28 au 30 août 2019 à Yokohama.

“Nous allons essayer de trouver un format qui convient à tout le monde, mais nous nous devons de respecter la décision de l’UA. Quoiqu’il arrive, notre position ne changera pas sur le sujet”, souligne Mitsuko Shino.

64 entreprises, 40.000 emplois

Cela fait 31 ans que le Maroc n’avait pas accueilli de ministre des affaires étrangères japonais. Une absence “regrettable” pour Taro Kono qui visite le royaume pour la première fois.

“Nos deux pays entretiennent une très bonne et solide relation d’amitié, particulièrement grâce aux liens entre la famille royale marocaine et la famille impériale japonaise”, soulève la porte-porte parole.

Sur le plan économique, le Japon souhaite à travers cette visite améliorer les relations entre les deux pays, notamment en signant des conventions de non-double imposition pour faciliter pour les entreprises japonaises l’accès au marché marocain. 

Aujourd’hui, le pays nippon compte 5 fois plus d’entreprises au Maroc qu’il y a 10 ans, soit un total de 64 sociétés implantées dans le royaume, créant plus de 40.000 emplois dans l’industrie automobile, la fibre optique, le câblage, l’équipement médical, et les fermetures éclaires. Le Maroc abrite ainsi la deuxième activité économique la plus importante du Japon en Afrique après l’Afrique du Sud.

En 2017, le total des exportations vers le Japon s’est élevé à 32,6 milliard de Yen, soit 2,82 milliard de dirhams alors que les importations ont atteint les 27,4 milliard, soit 2,37 milliard de dirhams, d’après le ministère des Finances japonais.

Le nombre de touristes japonais a également augmenté depuis 2011 et a dépassé les 30.000 touristes en 2017. Mais le chiffre pourrait être revu à la baisse à cause du récent incident d’Imlil où deux touristes scandinaves ont été sauvagement tuées par un groupe de terroristes marocains.

“Le Japon est connu pour être un pays sûr. Pour les Japonais, chaque incident ou crime est assez choquant. Mais les autorités marocaines se sont montrées efficaces sur cette affaire et ont vite réussi à arrêter les suspects, ce qui prouve que le système sécuritaire du pays fonctionne bien et cela est très rassurant pour les touristes japonais”, explique Mistuko Shino. “Je ne pourrais cependant pas dire que l’incident n’affectera pas du tout le flux de touristes japonais dont certains peuvent être très sensibles sur ce genre de sujets”, admet la porte-parole. 

Le ministre des Affaires étrangères japonais poursuit sa visite officielle dans la région du Maghreb en se rendant du 25 au 26 décembre en Tunisie, puis du 26 au 28 décembre en Algérie.