TUNISIE
08/01/2019 12h:58 CET

En Tunisie, près de 10 mille personnes ont été impliquées dans des affaires de drogue en 2018

Les révélations du ministre de l'Intérieur à l’issue de sa séance d’audition à huis-clos devant la commission de Sécurité et de Défense.

PhotoBylove via Getty Images

Près de 10.000 personnes ont été impliquées dans des affaires de stupéfiants en Tunisie en 2018. C’est ce qu’a annoncé le ministre de l’Intérieur Hichem Fourati lors d’un point de presse tenu le lundi 7 janvier à l’Assemblée à l’issue de sa séance d’audition à huis-clos devant la commission de Sécurité et de Défense. 

 

Le ministre a reconnu, d’autre part, l’augmentation spectaculaire du nombre de crimes liés à la drogue en milieu scolaire entre 2017 et 2018. 

Pour faire face au fléau, des policiers et des patrouilles mobiles sont déployés aux alentours des lycées des grandes agglomérations pour assurer la sécurité des lieux.

D’après lui, il serait impossible de sécuriser tous les établissements scolaires du pays. Mais pour remédier à ces lacunes, Fourati a révélé que la police s’épaule et pourrait parfois avoir recourt à un réseau d’informateurs qu’elle déploie à proximité des établissements scolaires.

Le ministre a, par ailleurs, avoué prévoir le recrutement et la formation de 7700 agents afin de renforcer l’appareil sécuritaire et lutter contre la criminalité. 

D’après lui, de nouveaux changements seront également apportés pour resserrer encore l’étau sur les terroristes. Il a révélé la mise en place d’un nouveau plan sécuritaire à Kasserine. Ce dernier reposera sur une structure de “commandement unifiée en matière de lutte contre le terrorisme”, selon ses dires. Il a ajouté que cette structure, une force mixte Police-Garde nationale, s’occupera, uniquement, de la lutte contre le terrorisme.

Cette force spéciale bénéficiera d’une grande “liberté d’initiative et n’est pas tenue de se référer au commandement territorial”. Des compétences possédant les plus hautes qualités ont été choisies pour diriger cette unité, a-t-il précisé.
Fourati a souligné que ce nouveau plan de sécurité sera, dans une seconde étape, généralisé dans les gouvernorats frontaliers, en particulier à Jendouba et au Kef.

Selon Hichem Fourati, les groupes terroristes ont changé leur mode opératoire pour brouiller les forces de l’ordre. “Ils utilisent les cellules dormantes et se servent désormais de personnes non fichées”, a-t-il lancé.

S’agissant du retour des Tunisiens des foyers de tension, le ministre a assuré qu’une étroite collaboration est établie entre les appareils sécuritaires tunisiens et leurs homologues à l’échelle arabe et internationale.

Réputée depuis des décennies pour être un pays “sûr” et “stable”, la Tunisie a considérablement perdu du terrain. Depuis 2011, la donne a changé et la criminalité est montée en flèche. Et les chiffres parlent d’eux-mêmes. D’après les statistiques dévoilées par l’Institut tunisien des études stratégiques (ITES), quelque 185.617 affaires criminelles, tous délits confondus ont été recensées au cours des dix premiers mois de l’année 2018, pour atteindre le pic de 200 mille vers la fin de l’année 2018.

 

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Facebook.

Retrouvez les articles du HuffPost Tunisie sur notre page Twitter.

Retrouvez le HuffPost Tunisie sur notre page Instagram.