ALGÉRIE
12/03/2019 14h:19 CET

En slogans , les étudiants répondent aux décisions politiques

C’est en slogans écrits avec beaucoup de finesse d’esprit et de conscience politique que les étudiants ont répondu à la décision du report de l’élection présidentiel.

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C’est en slogans écrits avec beaucoup de finesse d’esprit et de conscience politique que les étudiants ont répondu à la décision du report de l’élection présidentiel. Lors de la marche de ce 12 mars à Alger-Centre, les étudiants ont brandit très haut leurs pancartes pour dire “Système dégage” encore une fois.

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Le message est clair “vous vous confrontez à une génération qui vous connaît bien et que vous ne connaissez pas du tout”, lit-on sur la pancarte d’un étudiant. Il se dit “jeune et suffisamment conscient pour ne plus se faire avoir par le seul régime qu’il connait déjà parfaitement”.

Depuis le début de ce mouvement populaire, les manifestants pacifistes ont brandi des slogans pertinents qu’ils mettent à jour en fonction des discours et décisions politiques prises ces derniers jours.

 

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 Aujourd’hui encore les slogans des étudiants sont inspirés. Ils répondent à juste titre aux décisions politiques prises hier notamment le report des élections. “Partez veut dire partez”, s’accordent à scander les manifestants.

Vénus de toutes les universités de la capitale, les étudiants ont marqué un sit-in à la grande poste avant d’entamer une marche jusqu’à la Place Audin et retourner ensuite vers l’esplanade de la Grande Poste.

Pour briller dans la foule certains ont inscrit le nom de leurs facultés sur leurs pancartes. On peut lire sur la pancarte d’un étudiant en mathématiques “NON au mandat 4.75”.

 

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 Une jeune étudiante et avec une pointe d’humour porte un slogan disant “non aux prolongations, nous ne sommes pas dans un match de foot”.

 

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Avec un ton plus dur un autre étudiant mentionné “jamais vu un gouvernement aussi DÉBILE que le nôtre. DÉGAGEZ veut dire DÉGAGEZ”.

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 Cette décision de reporter les élections est considérée par les étudiants  comme un “traquenard”. Un étudiant à l’USTB lâche “ils ne comprennent pas qu’on ne leur fait plus confiance. Il faut qu’ils partent eux et leur clan».

Sur sa pancarte on peut lire “l’étudiant dit : non au cinquième mandat. Non au prolongement du quatrième. Non à une année de plus pour voler. On veut un système jeune. Partez l’Algérie est à nous”.

 

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 Narguer les décisions du ministre de l’enseignement supérieur était également à l’ordre du jour. Pour répondre à la décision des “vacances forcées”, un slogan est à peine visible dans la foule à l’intérieur du tunnel. L’étudiante note “merci pour les vacances…on a plus de temps pour vous”.

 

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 Les étudiants ne veulent pas non plus du Premier ministre Noureddine Bedoui, nommé hier par le président partant Abdelaziz Bouteflika. Sur ce changement un étudiant dit “la différence entre Ouyahya et Bedoui et comme celle entre le cobra et la vipère.”

 

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Les étudiants ont également exprimé la volonté d’être maîtres de leur destin. “Nous sommes l’élite et nous sommes capables de choisir nous-mêmes la personne apte à répondre à nos aspirations. Nous écarter de cette manière ne fera que nourrir notre détermination à les chasser”, met en garde une étudiante.

La marche des étudiants de ce 12 mars démontre que les étudiants n’ont pas l’intention de se satisfaire de ces solutions partielle comme le report des élections présidentielles. Ils estiment que celles-ci “sont adaptées et ajustées aux intérêts du système en place pour avoir toujours une main sur notre avenir et celui de l’Algérie”.

Cette jeunesse veut reprendre son Algérie. Le médecin veut la soigner, l’architecte veut la bâtir, l’avocat veut la défendre en somme ils sont tous d’accord le système doit changer!