MAROC
03/09/2019 14h:05 CET

En Palestine, la mort suspecte d'une jeune femme relance le débat autour "des crimes d'honneur"

Des centaines de Palestiniens ont manifesté lundi contre les violences faites aux femmes.

ASSOCIATED PRESS
Des femmes palestiniennes tenant une banderole sur laquelle est écrit "Union générale des femmes palestiniennes, nous avons besoin d'une loi pour nous protéger et protéger la famille palestinienne", lors d'un rassemblement devant le bureau du Premier ministre, à Ramallah, en Cisjordanie, lundi 2 septembre 2019. Des centaines de Palestiniennes ont protesté devant le bureau du Premier ministre pour demander une enquête sur la mort d'Israa Ghrayeb, une femme de 21 ans que beaucoup suspectent avoir été victime d'un "crime d'honneur". 

FEMMES - L’affaire fait scandale en Palestine. Depuis plusieurs jours les Palestiniens exigent, sur les réseaux sociaux notamment, un durcissement des lois sur les violences faites aux femmes, et ce suite à la mort suspecte d’Israa Ghrayeb, jeune femme de 21 ans résidant à Bethléem.

Selon plusieurs internautes, cette dernière serait décédée après avoir été battue à mort par des membres de sa famille pour avoir posté une photo d’elle sur les réseaux sociaux, en compagnie de son futur fiancé, rapporte l’AFP. Une affaire qui, en Palestine, relance le débat autour des “crimes d’honneur”.

Les circonstances autour de la mort de la jeune femme restent cependant pour l’instant mystérieuses. Ainsi sa famille nie tout “crime d’honneur” et déclare que la jeune femme a été victime d’une “crise cardiaque”, rapporte l’AFP.

Cependant, selon d’autres médias, la famille aurait affirmé que la jeune femme a sauté d’un balcon pendant un “exorcisme”. 

Lundi, plusieurs Palestiniens ont manifesté devant les bureaux du Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh, demandant justice pour la jeune femme et réclamant “sécurité et protection” pour les femmes palestiniennes, rapporte l’agence de presse française.

En effet, comme l’explique l’AFP, un projet de loi censé lutter contre les violences conjugales a été rédigé en 2004 mais n’a toujours pas été adopté par le gouvernement palestinien.

Samedi, le Premier ministre palestinien déclarait à l’agence de presse Wafa que la protection des femmes “devrait être renforcée légalement”, rapporte le journal émirati The National. Selon la même source, plusieurs personnes en lien avec la jeune femme auraient été depuis lundi auditionnées par la police.