TUNISIE
09/07/2018 16h:57 CET

En moyenne 3000 plaintes sont déposées chaque mois par des femmes violentées

Certaines de ces plaintes peuvent être retirées par les victimes concernées, mais le chiffre reste important

KatarzynaBialasiewicz via Getty Images

En Tunisie, en moyenne 3000 plaintes sont déposées, chaque mois, par des femmes victimes de violences dans les postes de polices, a révélé Imen Zahouni, la directrice générale des affaires de la femme et de la famille au sein de ministère de la Femme, de la Famille et de l’Enfance, au HuffPost Tunisie. 

Certaines de ces plaintes peuvent être retirées par les victimes concernées, mises sous pression, mais le chiffre reste important, souligne-t-elle. 

Pour le numéro 1899, mis en place par le ministère pour les femmes violentées, la responsable ministérielle a fait savoir qu’ils reçoivent en moyenne 10 appels par jour. La quantité des appels dépend de la conjoncture liée à cette question, souligne-t-elle. En effet, les appels augmentent pendant les périodes de sensibilisation contre les violences faites aux femmes comme le 8 mars, etc. 

À noter que le numéro vert est accessible 24H/24 et 7J/7 à toutes les femmes victimes de violence afin de leur apporter le soutien nécessaire.

Qu’en est-il de la prise en charge des femmes violentées? Le ministère dispose d’un centre pilote de refuge pour ces femmes à l’Ariana (gouvernorat de Tunis) mais dont la capacité d’accueil est limitée. Toutefois, il existe 6 autres centres éparpillés dans quelques régions. Ils ont été mis en place par des associations, en partenariat avec le ministère, a signalé Imen Zahouni. 

Cette dernière reconnait que les moyens pour une prise en charge totale des femmes victimes de violences demeurent insuffisants, d’où la nécessité de les renforcer. Elle insiste également sur l’impératif d’une meilleure coordination entre les différents intervenants (justice, santé, sécurité, affaires sociales) afin d’endiguer ce fléau. 

Ce bilan intervient près d’un an de l’adoption de la loi relative à l’élimination de la violence à l’égard des femmes (11 août 2017), entrée en vigueur le 16 février dernier. 

Lors de la présentation de l’étude “Les représentations sociales de la violences faites aux femmes chez les hommes, jeunes et adultes”, le 28 juin, au Centre de recherches, d’études, de documentation et d’information sur la femme (CREDIF),  plusieurs spécialistes ont signalé les lacunes concernant le suivi de l’application des lois et des programmes instaurés pour lutter contre la violence faites aux femmes. L’adoption d’une loi majeure en la matière est un pas important mais il faut veiller à une application réelle de ladite, avaient-elles insisté. 

D’après une étude élaborée par l’association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) en novembre dernier, à partir des données recueillies au centre d’orientation et d’écoute des femmes victimes de violence durant la période allant du 1991 à 2015, près de 80% des cas de violence physique et morale contre la femme sont perpétrés par l’époux et 11% des cas de violence sexuelle sont commis par des membres de la famille.

 

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