MAROC
22/10/2019 14h:51 CET

En Israël, Netanyahu renonce à former un gouvernement, son rival Gantz va tenter sa chance

Le président israélien Reuven Rivlin va charger le centriste Benny Gantz, de former le prochain gouvernement.

Ronen Zvulun / Reuters

ISRAËL - Le président israélien Reuven Rivlin a annoncé ce lundi 21 octobre son intention de charger le chef de file du parti centriste Bleu-Blanc, Benny Gantz, de former le prochain gouvernement, après que Benjamin Netanyahu a jeté l’éponge.

Toutes les factions de la Knesset vont être informées que “le président a l’intention de transférer le mandat pour former le gouvernement, dès que possible, au président de Bleu-Blanc, le député Benny Gantz”, selon un communiqué des services du présidant, précisant que ce transfert aurait lieu jeudi 24 octobre.

Quelques minutes auparavant, Benjamin Netanyahu expliquait son compte Facebook qu’il renonçait à former un gouvernement après les législatives du 17 septembre dont les résultats étaient très serrés. “Il y a peu de temps j’ai annoncé au chef de l’Etat que je renonçais à former un gouvernement”, a-t-il annoncé dans une vidéo mise en ligne sur son compte Facebook, en s’adressant aux “citoyens israéliens”.

Cette annonce est un important revers pour Benjamin Netanyahu qui, après plus d’une décennie au pouvoir, entend se maintenir à la tête d’Israël, malgré une possible prochaine inculpation pour corruption.

 

Mais le leader de droite pourrait ne pas avoir dit son dernier mot, alors que, selon les analystes, l’ancien chef de l’armée Benny Gantz est susceptible lui aussi d’échouer à former un gouvernement d’union.

Dans ce cas, le président Rivlin pourrait demander à une majorité de députés de désigner un candidat. Reuven Rivlin a dit à plusieurs reprises qu’il ferait tout son possible pour éviter d’autres élections -qui seraient les troisièmes depuis avril- mais la poursuite de l’impasse politique pourrait les rendre inévitables.

Tâche difficile

De son côté Netanyahu a accusé Benny Gantz d’avoir fait échouer toutes ses tentatives pour former un gouvernement d’union nationale.

Peu de temps après, le président Rivlin a annoncé dans un communiqué qu’il avait l’intention de mandater désormais Gantz, chef du parti Bleu-Blanc, pour tenter à son tour de former un gouvernement.

Benny Gantz, un ancien chef de l’armée, disposera aussi de 28 jours pour remplir à bien cette tâche qui s’annonce pour lui aussi difficile. A l’issue des élections législatives du 17 septembre, Benjamin Netanyahu et Benny Gantz ont récolté respectivement les soutiens de 55 et 54 élus pour diriger le prochain gouvernement, mais sans atteindre le seuil de 61 députés leur permettant de former un gouvernement majoritaire. 

Le président Rivlin avait mandaté Netanyahu, qui cherche à prolonger son règne, déjà le plus long de l’histoire d’Israël, pour tenter de rallier Gantz dans un gouvernement d’union. Mais les pourparlers n’ont pas abouti. “Le temps est venu d’agir”, a indiqué lundi soir dans un communiqué le parti Bleu-Blanc. “Bleu-Blanc est déterminé à former un gouvernement d’union libéral, mené par Benny Gantz, pour lequel les gens en Israël ont voté il y a un mois”, a-t-il ajouté.

Par “libéral”, le parti veut dire qu’il cherchera à limiter l’influence, dans la formation d’un gouvernement de coalition, des partis religieux, alliés de Netanyahu. Lors des négociations des dernières semaines, le Likoud, le parti de droite de Benjamin Netanyahu, a tenté de faire accepter par les centristes de Bleu-Blanc un compromis, élaboré par le président Rivlin, selon lequel MM. Netanyahu et Rivlin occuperait le poste de chef de gouvernement à tour de rôle.

Cette proposition prévoyait que Benjamin Netanyahu soit le premier à occuper la fonction de Premier ministre, mais soit remplacé, dès sa probable inculpation pour corruption d’ici la fin de l’année, par Gantz.

Qui en premier?

Mais Benny Gantz a estimé qu’ayant obtenu le plus grand nombre de sièges le 17 septembre -33 à Bleu-Blanc contre 32 au Likoud- il devait être le premier à occuper le poste de chef du gouvernement.

Il a aussi affirmé à plusieurs reprises que son parti ne siègerait pas dans un gouvernement dirigé par un Premier ministre sous le coup d’une inculpation pour corruption.

Benjamin Netanyahu, de son côté, a également compliqué les discussions en promettant qu’il n’abandonnerait pas les petits partis religieux de droite qui l’avaient soutenu au Parlement, affirmant qu’il représentait l’ensemble du bloc de droite, fort de 55 députés, dans les négociations.

Gantz a estimé cette condition inacceptable, car elle le relèguerait à un rôle de partenaire secondaire d’un gouvernement Netanyahu.

Malgré son annonce lundi, jour de ses 70 ans, Benjamin Netanyahu ne semble pas être prêt à abandonner le poste qu’il occupe depuis plus de 13 ans. Selon la loi israélienne, un Premier ministre n’est pas obligé de démissionner s’il est inculpé, seulement s’il est condamné et que tous les appels ont été épuisés.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.