MAROC
20/05/2019 13h:44 CET

En France, des musulmanes organisent une "opération burkini" dans une piscine municipale

Elles protestent contre les règlements intérieurs des piscines qu’elles jugent “discriminatoires”.

SOCIÉTÉ - Vendredi 17 mai, une dizaine de femmes musulmanes soutenues par le collectif Alliance citoyenne sont entrées dans une piscine de la ville de Grenoble (sud-est de la France), vêtues de maillots de bain couvrants, aussi appelés “burkinis”. Elles protestent contre les règlements intérieurs des piscines municipales qu’elles jugent “discriminatoires”.

“On en a marre des règlements intérieurs discriminatoires de ces piscines (...) qui imposent un maillot de bain traditionnel”, explique Taous Hammouti, une des militantes, au Dauphiné Libéré. Pour elle, les maillots de bain couvrants n’enfreignent ni les conditions d’hygiène, ni les conditions de sécurité prévues par le règlement intérieur de ces piscines.

“On défend notre liberté, la liberté de toutes les femmes. Certaines femmes sont pudiques et ne veulent pas mettre de maillot de bain deux pièces”, indique-t-elle, précisant que ce n’est pas seulement par “conviction religieuse”. “On ne comprend pas pourquoi ça peut choquer certaines personnes”, ajoute la militante.

Selon le règlement intérieur de la piscine, la seule tenue de bain autorisée est le maillot une ou deux pièces qui recouvre “au minimum la partie située entre le haut des cuisses et la ceinture et au maximum la partie située au dessus des genoux et au dessus des coudes”.

Avant leur opération menée dans la piscine grenobloise, le collectif avait lancé une pétition demandant la modification du règlement des piscines, indique Libération. Le collectif avait recueilli près de 400 signatures et obtenu un rendez-vous avec les services municipaux en septembre dernier, mais sans succès.

Elles sont donc passées à l’action vendredi, provoquant des réactions mitigées. Sur place, la directrice de l’établissement et le personnel de la piscine ont “tenté de les refouler”, rapporte le média local Place Gren’et. Mais le maire de la ville, prévenu de la tenue de l’action militante, aurait décidé de “ne pas envoyer la police”.

Parmi les baigneurs présents, un homme a jugé “inadmissible” de laisser un groupe entrer “quasiment par la force”. Pour une autre baigneuse, que ces femmes “se baignent habillées comme elles le veulent ne me gêne absolument pas. Par contre, sur la forme, je n’ai pas apprécié leur manière de s’imposer”, confie-t-elle au média.

Selon l’Alliance citoyenne, le maire de Grenoble a proposé un rendez-vous ce lundi 20 mai avec le collectif qui demande “le changement des règlements municipaux pour permettre aux milliers de grenobloises musulmanes voilées de pouvoir se baigner dans les piscines publiques... sans avoir besoin de désobéir”.