MAROC
21/06/2019 15h:39 CET

En Espagne, 15 ans de prison pour viol dans l'affaire de "La Meute"

Ce viol collectif d'une jeune femme avait déclenché un vaste débat en Espagne au sujet de la définition même de ce genre de violence sexuelle.

Getty Editorial
Depuis de longs mois, le gant rouge est devenu en Espagne le symbole des femmes qui réclament une justice bien plus sévère à l'encontre des violences commises contre elles, et en particulier sexuelles. 

VIOLENCES SEXUELLES - La plus haute instance judiciaire d’Espagne a condamné vendredi à 15 ans de prison cinq hommes ayant abusé d’une jeune fille dans l’affaire de “la Meute”, qui avait été le détonateur d’une grande mobilisation féministe. Cette décision devrait faire date puisque les faits ont été requalifiés de “viol” après une première condamnation pour des “abus sexuels”. 

Les cinq hommes, qui se surnommaient “La Meute”, avaient violé collectivement une jeune fille de 18 ans en juillet 2016 à Pampelune, en Navarre dans le nord du pays, en pleines fêtes de la San Firmin.

Moins d’un quart d’heure après l’avoir rencontrée, ivre, ils lui avaient fait enchaîner fellations et rapports sans préservatifs dans l’entrée d’un immeuble, avant de voler son téléphone et de la laisser à moitié nue. S’en vantant sur un groupe WhatsApp, les cinq hommes avaient diffusé des images de leurs agissements.

Les condamnés vont être incarcérés après avoir été laissés plus d’un an en liberté provisoire

Leur condamnation en première instance en avril 2018 à neuf ans pour abus sexuel, et non pour viol, puis leur remise en liberté provisoire avaient entraîné d’énormes manifestations à travers le pays.

Cette peine avait été confirmée en décembre par une juridiction d’appel qui avait estimé qu’il n’y avait pas eu violence et qu’il était trop difficile de déterminer s’il y avait eu intimidation, les deux conditions nécessaires pour conclure au viol, selon le code pénal espagnol. Mais la Cour suprême a cassé ces deux décisions de justice et considéré que les faits “ne pouvaient constituer un délit d’abus sexuel” mais étaient bien constitutifs “d’un viol”.

Décrivant un “authentique scénario d’intimidation”, les cinq magistrats, dont deux femmes, ont souligné qu’”à aucun moment la victime n’avait consenti aux actes sexuels commis par les accusés”. L’un des accusés a été en outre condamné à deux ans supplémentaires pour avoir volé le téléphone portable de la victime.

Cette décision de la Cour suprême va entraîner l’incarcération des accusés, qui étaient en liberté provisoire et n’ont pas assisté à l’audience.

Cet article a été initialement publié sur le HuffPost France.