ALGÉRIE
19/03/2019 13h:57 CET | Actualisé 19/03/2019 14h:28 CET

En blouse blanche, les médecins rejoignent le soulèvement populaire

Le mot d’ordre de cette manifestation pacifique est le départ du régime en place.

RYAD KRAMDI via Getty Images

Le corps médical des différents hôpitaux d’Alger a tenu un sit-in du 19 mars à Place du Premier Mai avant d’entamer une marche vers la Grande-Poste. Une marche contre la prolongation du 4e mandat du président sortant Abdelaziz Bouteflika et tout le système en place.

En blouses blanches, quelques centaines de médecins, infirmiers, vétérinaires syndicalistes et autres membres du secteur médical et paramédical, se sont rassemblés avant 10 heures à la place du Premier Mai. Le mot d’ordre de cette manifestation pacifique est le départ du régime en place.

 

Reuters

 

 

La marche débute vers 10 heures. Les policiers qui encerclaient la placette où ils étaient réunis les suivent, et tentent de leur frayer un chemin parmi les automobilistes de la rue Hassiba Ben Bouali.

En tête de file des médecins meneurs de la manifestation, tentent d’organiser la marche. “On marche lentement, on marque des pauses, et on scande les mêmes slogans”, annonce un médecin. Les centaines de manifestants deviennent rapidement des milliers.

Rejoints par d’autres médecins, le groupe initial devient une foule nombreuse. Les meneurs rassemblent les manifestants en un seule cortège pour qu’ils ne se dispersent pas. En arrivant devant la petite trémie à la fin de la rue Hassiba Ben Bouali, ils s’arrêtent pour entamer leur marche sans pause jusqu’à la grande Poste.

Ils scandent “système dégagé”, “FLN dégage”, et reprennent les slogans célèbres des marches précédentes comme pour joindre leur voix à celle du peuple. On entend “Ma Tzidch Dkika ya Bouteflika”, “Trouhou Ga3″ et bien d’autres slogans pour dire non à la continuité du pouvoir en place depuis 20 ans.

 

RYAD KRAMDI via Getty Images

 

Arrivés au boulevard du Colonnel Amirouche au centre de la capitale, les médecins manifestant sont portés par les applaudissements de la foule des citoyens et des employés des entreprises sises au Boulevard. Les applaudissements de plus en plus fort accompagnent les marcheurs et les portent très haut. D’un pas pressé et pour ne pas incommoder les automobilistes des médecins rejoints rapidement l’esplanade de la Grande Poste pour tenir un nouveau sit-in.

“20 ans de pouvoir et tu n’as pas construit un hôpital pour mourir !”

Au milieu de cette foule, une pancarte capte l’attention. Le médecin qui la porte s’adresse directement au chef de l’Etat qui se soigne dans des hôpitaux à l’étranger: “20 ans et tu n’a pas construit un hôpital pour mourir”.

 

 

 Les médecins ont brandi au cours de cette manifestation des slogans pour dénoncer un système de santé défaillant depuis plusieurs années, notamment l’état piteux des hôpitaux, le manque de matériels, de médicaments…etc.


Parmi les slogans des médecins manifestants “partez, vous avez tué le peuple”, “la femme du ministre de la santé accouche en France”, “Les hôpitaux sont des mouroirs. les gens viennent pour y mourir ”.


“Nous sommes sortis aujourd’hui pour contester la prolongation du 4e mandat. Au cours de ces 20 ans le système de santé s’est dégradé au point de rentrer dans une crise terrible. Aucun ministre de ce secteur n’a réussi à améliorer les conditions d’exercice des médecins. Il faut qu’ils partent”, insiste un médecin du CHU Mustapha Bacha.

Les médecins résidents rappellent les difficultés par lesquelles ils sont passés l’année dernière en dénonçant leur condition socio-professionnels. Sur un slogan, un médecin résident a inscrit “Les médecins ont dit la vérité, on les a tabassé”

 

 

Le secteur de la santé, dans cette sortie du 19 mars  revendique un pays de droit qui respecte la volonté populaire. Une marche pacifique caractérisé par une bonne gestion de la foule.