MAROC
26/03/2019 16h:35 CET | Actualisé 26/03/2019 16h:37 CET

En Algérie, le chef d'état-major de l'armée veut que Bouteflika soit déclaré inapte

Le militaire a demandé à ce que soit engagée la procédure prévue par la constitution quand le chef de l'État est "dans l'impossibilité totale d'exercer ses fonctions".

Getty Editorial
Capture d'écran extraite d'une séquence vidéo diffusée par la chaîne Canal Algérie le 11 mars 2019, montrant le président algérien Abdelaziz Bouteflika (à droite) en train de rencontrer le chef de l'armée algérienne, Ahmed Gaïd Salah, à Alger.

ALGÉRIE - Le chef d’état-major de l’armée algérienne a demandé mardi 26 mars que soit engagée la procédure prévue par l’article 102 de la Constitution, quand le président de la République “pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions”.

Affaibli depuis 2013 par les séquelles d’un AVC, le président Abdelaziz Bouteflika est confronté depuis plus d’un mois à une contestation sans précédent depuis son arrivée à la tête de l’État en 1999. L’article 102 de la Constitution prévoit également la procédure suivie en cas de démission du président de la République.

“Il devient nécessaire, voire impératif, d’adopter une solution pour sortir de la crise, qui répond aux revendications légitimes du peuple algérien, et qui garantit le respect des dispositions de la Constitution et le maintien de la souveraineté de l’Etat”, a déclaré le général Ahmed Gaïd Salah, un fidèle de M. Bouteflika, dans une discours diffusé à la télévision nationale.

Un fidèle du chef de l’État chargé de déclencher (ou non) l’article 102

“Une solution à même d’aboutir à un consensus de l’ensemble des visions, et de faire l’unanimité de toutes les parties, est celle stipulée par la Constitution, dans son article 102”, a-t-il poursuivi. Quelques klaxons ont accueilli la nouvelle à Alger.

L’article 102 de la Constitution prévoit que le Parlement, sur proposition du Conseil constitutionnel “réuni de plein droit”, déclare à la majorité des deux-tiers, “l’état d’empêchement” lorsque “le Président de la République, pour cause de maladie grave et durable, se trouve dans l’impossibilité totale d’exercer ses fonctions”.

Le président du Conseil de la Nation (chambre haute), prend alors l’intérim pendant 45 jours. Si “l’empêchement” se poursuit à l’issue de ce délai, est déclarée la “vacance” du pouvoir. L’intérim se poursuit durant 90 jours maximum, période durant laquelle une présidentielle est organisée.

Le président du Conseil constitutionnel Tayeb Belaiz, 70 ans, qui doit réunir son institution pour proposer l’application de l’article 102 est un fidèle du chef de l’État et l’un de ses conseillers.