MAROC
17/09/2018 13h:23 CET | Actualisé 17/09/2018 17h:58 CET

En 2019, Rabat accueillera sa première biennale d'art contemporain pour "réécrire le monde"

Avec uniquement des artistes femmes.

FADEL SENNA via Getty Images
Le musée Mohammed VI d'art moderne et contemporain (MMVI) à Rabat, octobre 2014.

CULTURE - Rabat accueillera au printemps-été 2019 sa première biennale dédiée à la création artistique contemporaine. Un événement dont l’édition inaugurale aura la particularité d’exposer uniquement des oeuvres d’artistes femmes, pour repenser l’écriture de l’histoire de l’art et du monde au féminin.

Initiée par la Fondation nationale des musées (FNM) sur volonté royale, cette biennale se tiendra en partie au musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain (MMVI) et dans d’autres lieux de la capitale. L’événement, dont le nom officiel et la programmation complète seront dévoilés en octobre, devrait durer quelques mois et être ensuite organisé tous les deux ans. Le projet sera financé par la FNM et des fonds privés.

L’architecte franco-algérien Abdelkader Damani, actuel directeur du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) du Centre-Val de Loire en France, et co-commissaire de la Biennale de Dakar en 2014, a été nommé commissaire de cet événement. “La première invitée de cette biennale sera la ville de Rabat, que nous souhaitons mettre en avant à travers, par exemple, une cartographie imaginaire de la ville”, confie Abdelkader Damani au HuffPost Maroc.

Entre 20 et 30 artistes plasticiens, architectes, chorégraphes et cinéastes seront invités lors de cette biennale. “L’exercice de cette première édition sera de voir comment le mode de l’exposition peut accueillir ces différentes formes artistiques en même temps”, ajoute le commissaire.

Les artistes invités à exposer leurs oeuvres ou à créer pendant l’événement ne seront pas tous marocains. “La Méditerranée, en tant que territoire où se jouent toutes les questions actuelles, surtout celle de l’immigration, sera au centre de l’exposition mais tous les artistes ne seront pas forcément issus du bassin méditerranéen”, précise M. Damani. “La mer Méditerranée fonctionne comme une scène pour une tragédie grecque: c’est un lieu où se jouent cycliquement nos tragédies humaines. À partir du moment où l’on considère que la Méditerranée est une représentation du monde, j’ai pris la décision d’inviter des artistes du monde entier”, souligne-t-il. Des artistes européens, africains ou encore américains devraient ainsi participer à cet événement.

“La biennale sera centrée autour d’une question fondamentale, à savoir: comment les artistes peuvent non pas changer, transformer ou critiquer le monde, mais le réécrire, le refaire depuis le début?”, explique Abdelkader Damani. Cette “réécriture du monde” passera ainsi par un travail de réflexion artistique sur les sens “pour réapprendre à ressentir le monde”.

“La perspective de réécrire le monde avec des artistes femmes est importante dans le sens où l’histoire de l’art a été essentiellement écrite d’un point de vue masculin. On a donc choisi de se positionner très clairement sur cette question de l’inégalité dans l’art”, ajoute-t-il.

Une position partagée par le président de la FNM, Mehdi Qotbi. “Il existe plus de 150 biennales à travers le monde. Nous souhaitions que celle de Rabat, qui intervient dans la suite du programme ‘Rabat-Ville lumière 2014-2018’, soit particulière en invitant uniquement des artistes femmes, afin d’envoyer un message fort au monde en montrant que le Maroc a fait un travail considérable en matière d’égalité hommes-femmes”, nous explique-t-il.

Des personnalités seront également invitées à participer à des tables rondes et débats sur la question de la réécriture de l’histoire de l’art.