24/10/2018 17h:08 CET | Actualisé 24/10/2018 17h:08 CET

Emploi: Les diplômés chômeurs malvoyants menacent de reprendre leur mouvement de protestation

Dans le PLF 2019, les postes budgétaires pour personnes handicapées ne dépassent pas 0,7%.

HuffPost Maroc

EMPLOI - Une semaine après la médiation des parlementaires, la coordination des diplômés chômeurs malvoyants se dit déçue. Réagissant au contenu du Projet de loi de finances (PLF 2019) exposé lundi soir au Parlement par le ministre de l’Economie et des Finances, Mohamed Benchaâboun, cette coordination relève que le quota d’intégration à la fonction publique au profit des personnes handicapées n’est pas pris en compte. Au volet emploi, en effet, le PLF 2019 prévoit 25.458 postes budgétaires, dont 200 pour les personnes handicapées, ainsi que 15.000 postes de contractuels pour le secteur de l’éducation nationale.

“Nous avons constaté avec beaucoup de regret que seuls 200 postes budgétaires seront consacrés aux personnes en situation de handicap, soit uniquement 0,7% du total et non 7% comme le prévoit la loi”, fait remarquer cette coordination dans un communiqué. Et de préciser que cette annonce est bien loin “des promesses et garanties données aux manifestants et selon lesquelles plus de 1.400 postes seraient alloués à cette catégorie”. 

La coordination rappelle que la ministre de la Famille, de la Solidarité, de l’Egalité et du Développement social, Bassima Hakkaoui, avait pourtant été claire en annonçant au lendemain du décès d’un des leurs, Saber El Haloui, suite à sa chute mortelle du toit du ministère, que ce quota serait intégré dans la loi de finances 2019. Elle avait également souligné que des mesures seraient prises pour faciliter l’organisation d’un concours permettant concrètement à cette catégorie de bénéficier de ce quota à la fin de cette année.

“Nous craignons que ce ne soit encore une fois que désillusion”, déclare au HuffPost Maroc Yassine Abou Soufiane, membre de la coordination, titulaire d’un diplôme en télécommunication. D’après ce dernier, l’annonce du PLF 2019 a eu l’effet d’un choc pour l’ensemble de la coordination qui réfléchit désormais à reprendre son mouvement de protestation. “Nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout. Nous étions clairs sur notre revendication et nous irons la brandir devant les ministères concernés et le Parlement”, prévient-il, affirmant que la coordination compte organiser une marche dès le début de la semaine prochaine. “Nous n’avons pas encore décidé de notre retour sur le toit du ministère mais rien n’est exclu si le gouvernement ne tient pas son engagement”, poursuit-il.

La coordination compte sur les parlementaire pour défendre le droit au travail de ces diplômés chômeurs malvoyants. Au stade de projet, cette loi de finances sera aux mains des deux Chambres du Parlement pour discussion et amendement. “Les députés qui étaient venus nous rencontrer le 15 octobre nous ont assuré de leur soutien. Nous attendrons de voir ce que cela va donner mais si nous constatons que le quota n’a pas été intégré, nous n’aurons plus que le choix de reprendre nos démarches protestataires”, confie-t-il. 

Ce “choix” dépendra donc des efforts du gouvernement de répondre à leur attente. Ces diplômés chômeurs malvoyants estiment leur revendication légitime en brandissant son aspect de droit constitutionnel leur permettant de “vivre dans la dignité”. La coordination estime, par ailleurs, que le quota aurait pu être intégré par le gouvernement dans les postes des contractuels pour l’éducation nationale: “Que ce quota ne soit pas inclus aux 15.000 postes de contractuels prévus au PLF 2019 représente une exclusion directe de l’emploi. Pourtant, l’enseignement est l’une des professions inscrites sur la liste des postes budgétaires qui pourraient être attribués aux malvoyants et non-voyants”.