14/10/2018 19h:56 CET | Actualisé 14/10/2018 20h:01 CET

Emploi: Dans quels secteurs, entreprises et pays se projettent les jeunes diplômés marocains?

Pour cette étude, 400 jeunes diplômés mais aussi 200 dirigeants d'entreprises ont été consultés.

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ÉTUDE - À l’issue de leurs étude, les jeunes diplômés préfèrent-ils travailler au Maroc ou à l’étranger? Quelles entreprises emportent leur préférences pour accueillir leurs débuts de carrière? Et quels sont les secteurs qui les attirent le plus? Voici quelques-unes des questions auxquelles une étude d’opinion baptisée “Les métiers de demain au Maroc” s’est proposée de répondre. Menée par le cabinet d’études et de conseil Viavoice en partenariat avec emylon business school Casablanca, elle a été réalisée auprès d’un échantillon de 400 jeunes diplômés de 20 à 30 ans résidant au Maroc et 200 dirigeants d’entreprises. Éléments de réponse.

Travailler au Maroc ou à l’étranger? 

“Contrairement aux idées reçues, et malgré un marché du travail des jeunes parfois en situation difficile, les résultats révèlent une très forte volonté des jeunes diplômés de rester au Maroc après l’obtention de leurs diplômes”, relève l’étude. La majorité des jeunes diplômés déclarent préférer avoir une carrière
professionnelle au Maroc, que ce soit à court terme (72% après l’obtention de leur diplôme), ou à plus long terme (61% d’ici 5 à 10 ans).

Ils sont seulement 25% à indiquer vouloir travailler à l’international après l’obtention de leur diplôme, mais sont en revanche plus nombreux (35%) à souhaiter travailler à l’étranger 5 ou 10 ans après leurs diplômes. Pour cette catégorie, les destinations ayant leur préférence sont l’Europe (59%) puis les États-Unis ou le Canada (39%). “Les jeunes Marocains manifestent peu d’intérêt pour le continent africain, bien que ses besoins en matière de recrutement et son évolution soient importants”, note l’étude, qui recommande l’importance “de faire tomber les idées reçues pour améliorer l’attractivité des pays africains”.

Quelles sont les entreprises les plus prisées?

Ambition oblige, ce sont les entreprises internationales (pour 41% des répondants), voire les entreprises marocaines, mais de grandes tailles essentiellement (38% des répondants), qui ont la faveur des jeunes diplômés au Maroc. À l’inverse, les entreprises de petite taille n’attirent que 9% des jeunes diplômés, “ce qui est révélateur d’un certain manque de confiance envers les PME”, note l’étude, qui rappelle que le taux de faillite des PME au Maroc est l’un des plus élevés au monde.

Parmi les grandes entreprises basées au Maroc, les plus prisées sont le groupe OCP (44%), suivi de la Royal Air Maroc (RAM) (26%), l’Office National des Chemins de Fer (ONCF) (21%), BMCE Bank (19%), l’Office national de l’électricité et de l’eau (ONEE) (18%), Renault Maroc (14%) ou encore Maroc Telecom (14%). Pour clore ce top 10, le choix des jeunes diplômés se porte également sur Marsa Maroc (12%), Attijariwafa Bank (11%) et Bank Al Maghrib (11%). Les réponses spontanées incluent aussi par ailleurs Cosumar, la Banque centrale populaire, Centrale Danone, Inwi, la Lydec, Axa Assurances Maroc ou encore Crédit Agricole Maroc, Orange et Marjane.  

De jeunes diplômés portés sur l’entrepreneuriat?

C’est une “très forte envie d’entreprendre” qui semble habiter les jeunes diplômés, révèle l’étude, puisqu’ils sont près de 9 sur 10 à affirmer vouloir créer leur propre entreprise. L’étude relativise toutefois ce résultat en rappelant la réalité du terrain, soulignant que  moins de 1% des jeunes diplômés créent leur propre entreprise dans la foulée de leurs études supérieures. “Ce contraste appelle à s’interroger sur l’efficacité et la cohérence d’une part des dispositifs de formation et d’autre part d’accompagnement à la création d’entreprises au Maroc”, poursuit l’étude.

Quels secteurs sont les plus attractifs?

Les trois principaux secteurs dans lesquelles se projettent les jeunes diplômés sont le marketing (33%), la technologie (24%) et les activités commerciales (22%). Si la communication n’arrive qu’en quatrième position des envies formulées par les jeunes diplômés (16%), ce secteur figure dans le trio de tête des métiers les plus demandés par les dirigeants d’entreprises, qui recherchent essentiellement des profils qui envisagent de se dédier aux activités commerciales (32 %), à la communication (31 %) et aux systèmes informatiques (26 %).

L’étude note par ailleurs que la révolution numérique et digitale est au cœur des métiers de demain mais aussi des aspirations professionnelles, puisque près de 9 jeunes diplômés sur 10 souhaitent travailler dans une entreprise en pleine révolution technologique et digitale (89%). Pour leur part, 65% des dirigeants consultés disent être impactés par cette nouvelle donne.

Autres facteurs de décision...

Pour choisir leur futur métier, les critères les plus importants cités par les jeunes diplômés sont la rémunération (71%) et un environnement de travail stable (56%). “Ces deux éléments passent avant la possibilité d’avoir un travail qui les intéresse, ce qui est révélateur de la prise de conscience des jeunes diplômés au Maroc de la difficulté actuelle du marché de l’emploi pour les jeunes”, analyse l’étude. 

Une ambition qui pourrait se heurter à la réalité du terrain, puisque la rémunération et un environnement de travail stable ne sont utilisés comme des facteurs d’attractivité que par respectivement 23% et 8% des dirigeants d’entreprises interrogés. Ces dernier préfèrent en effet attirer leurs futures recrues en proposant des conditions de travail favorables (42%).

Les jeunes diplômés garderont en tête que leur expérience est particulièrement valorisée dans le processus d’embauche, puisqu’elle représente aux yeux des dirigeants consultés le critère de recrutement le plus important, devant le diplôme, la formation et la personnalité. 

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