MAROC
19/12/2018 11h:16 CET

Elon Musk dévoile son tunnel pour foncer à 240 km/h sous une ville

Simple blague du milliardaire à l'origine, la Boring Company a fini son premier tunnel et a dévoilé comment elle compte propulser des voitures dedans.

Elon Musk

TRANSPORTS - C’est souvent quand on s’ennuie que naissent les idées les plus folles. Il y a deux ans, le 17 décembre 2016, Elon Musk s’ennuyait justement dans les bouchons qui le rendaient “dingue”. “Je vais construire une machine à forer des tunnels et commencer à creuser”, lance le milliardaire sur Twitter.

Trois heures après, il rajoute: “je vais vraiment le faire”. 732 jours après, ce mercredi 19 décembre, Elon Musk a dévoilé le premier tunnel de 1,8 km réalisé par sa nouvelle société, Boring Company. Dans ce tunnel, le fondateur de SpaceX et Tesla a fait voyager une de ses voitures électriques à 240 km/h, afin de montrer la viabilité de son projet, rapporte Electrek.

Lors de cette présentation, le milliardaire a expliqué comment il voyait le futur des transports souterrains et a procédé à une démonstration. On a pu y voir une Tesla Model X prendre un ascenseur, monter dans un tunnel, puis foncer dans celui-ci.

Dans l’idée, ces tunnels seront accessibles à n’importe quelle voiture autonome, électrique et capable d’atteindre les 240 km/h. En gros, pour l’instant, uniquement des Tesla. Le véhicule aura également besoin d’un autre élément pour circuler: des petites roues latérales qui permettent de s’assurer que la voiture suit le cheminement du tunnel à la perfection. Cela pourra s’installer après l’achat pour environ 300 dollars.

Le journaliste d’Electrek qui a pu réaliser un trajet précise que celui-ci a été un peu remuant. La faute à une route de béton pas très lisse. Un problème qu’il sera facile de régler, estime Elon Musk.

Le système a bien évolué depuis les premières esquisses dévoilées par la Boring Company en 2017. À l’époque, la start-up imaginait plutôt que les voitures seraient transportées sur des sortes de plateformes roulantes.

Un futur flou et gigantesque

Après avoir inauguré ce premier tunnel, Elon Musk a rappelé sa vision du futur des transports. Les voitures pourraient rentrer dans les tunnels via des ascenseurs, des rampes ou encore des spirales (comme dans les parking souterrains). Comme les véhicules sont autonomes, il serait possible de faire circuler une voiture par seconde par tunnel, estime le milliardaire, sans preuve à l’appui pour autant.

Ces tunnels sont individuels, mais la solution, ce serait d’en creuser des dizaines. Musk a comparé son système à une autoroute à 8 voies... mais en 3D, et donc à 64 voies. Si ces tunnels sont destinés aux voitures, Musk aimerait disposer à terme d’une flotte de véhicules pour que les piétons et cyclistes puissent tout de même les utiliser.

Mais cela ne risque-t-il pas de faire de l’ombre à des systèmes de transports en commun, qui permettent de transporter beaucoup plus de personnes d’un coup? “Un métro, cela s’arrête à chaque station”, explique Elon Musk. Cela représente une perte de temps pour quelqu’un qui a besoin de traverser une grande ville, par exemple. Pour autant, le milliardaire ne dit pas que ses tunnels sont la solution. Simplement qu’il “faut tout essayer pour améliorer les transports” et éviter les embouteillages.

Reste que même si ces premières réalisations sont impressionnantes, le système est encore très, très loin d’être viables. Pour de nombreuses questions (sécurité, praticité...), mais surtout car creuser un tunnel coûte très cher et est très long. C’est justement là-dessus qu’Elon Musk veut faire avancer les choses.

En améliorant la machine, le tunnelier utilisé, mais aussi toute la logistique derrière. Par exemple, la Boring Company créé à partir de la terre extraite des briques de construction. Plus solides que des parpaings, selon Elon Musk. Le fantasque milliardaire a même construit une tour de guet, en référence aux Monty Python. Il envisage de les vendre 10 centimes, ou de les donner pour construire des logements sociaux.

Si cela peut prêter à sourire, il ne faut pas oublier qu’avant Tesla et SpaceX, beaucoup affirmaient qu’il était impossible de réutiliser un lanceur de fusée et qu’une voiture électrique ne pouvait pas disposer d’une grande autonomie.