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02/10/2019 16h:14 CET | Actualisé 02/10/2019 16h:14 CET

Élections législatives tunisiennes: Le forum électoral de France Nord

Encore une fois, la société civile, via la création de cet espace d’échange entre le citoyen et le politicien, prouve l’importance de son rôle dans l’ancrage de la culture de citoyenneté et de l’enracinement de la démocratie participative.

ATUGE
Image du débat de l'ATUGE

Ce dimanche 29 septembre 2019, la démocratie tunisienne a été célébrée dans la capitale française par la diaspora.

En marge des élections législatives tunisiennes, l’ATUGE en partenariat avec l’ADAI, ESCOT et T2RIV a organisé la deuxième édition du forum électoral destiné aux Tunisiens de la circonscription France Nord.

Dans une démarche d’ancrage de démocratie participative, le forum électoral a réuni 22 des 36 listes candidates de France Nord aux Salons des Arts et Métiers dans un formant alliant à la fois l’échange libre et direct avec les électeurs et l’échange plus cadré et “challenging” via un débat chronométré, animé par le journaliste Taoufik Mjaied.

L’évènement a commencé à 13h et pendant deux heures les Tunisiens naviguaient entre les différents stands en échangeant librement avec les listes candidates.

Vers 14h45, après un mot d’ouverture des organisateurs et une intervention d’Anouar Chaouat le président de l’IRIE en France, le coup de sifflet a été donné pour la session des débats.

Les questions sont tirées au sort et les candidats également. Ces derniers passent en duel et ont deux minutes chacun pour répondre.

L’ouverture du bal était sur le sujet de la santé, et plus précisément sur le problème de la mauvaise répartition des médecins dans le pays.

Abdenaceur Laaradh, tête de liste du mouvement “Echaab” a évoqué une nécessité d’augmenter le budget de la santé par 3 à 4 % et d’établir des conventions aux médecins libéraux leur permettant de travailler à temps partiel dans les hôpitaux publics. Quant à Abdelhakim Ettounsi, tête de liste de “3ich Tounsi”, il a souligné la nécessité d’adopter une grille salariale incitative avec une discrimination positive dans les régions.

Toujours dans le sujet de la santé, une question sur les solutions à apporter quant au déficit de la CNAM a opposé Sondos Abidi du PDL à Zied Ghanney du Courant Démocrate.

Zied Ghanney a souligné la nécessité de créer une commission d’audit de la CNAM et de numérisation de l’administration en vue de réduire l’impact de la corruption, vecteur principal du déficit selon lui. Sondos Abidi, quant à elle, a évoqué le Partenariat Public Privé comme une solution à appliquer au secteur de la santé et à d’autres secteurs pour réduire les dépassements d’honoraires selon ses dires.

De la santé passant par le numérique jusqu’à la cour constitutionnelle et d’autres sujets économiques, sociaux et culturels, les candidats ont défilé les uns après les autres.

Sur la question des moyens numériques à utiliser pour faciliter les démarches des TRE, le mouvement Ennahdha, représenté par Habib Dabbebi, deuxième de liste France Nord, a évoqué la nécessité de numérisation des formalités consulaires et de douane. Habib Dabbebi a ensuite évoqué la nécessité d’exonération des TREs des impôts pour investissements en Tunisie et d’encouragement au retour définitif.

Au sujet du retard de la mise en place de la cour constitutionnelle, Yassine Ayari, tête de liste indépendante “Amal wa Aamal”, a souligné la nécessité de changer le règlement intérieur du parlement avec la levée de la confidentialité du vote pour identifier ceux qui bloquent la création de la cour constitutionnelle.

Le sujet de l’éducation a également été au cœur du débat.

La question de l’équilibre entre les écoles publiques et privées évoquée, Hela Aloulou, tête de liste de “Tahya Tounes” a parlé d’un ascenseur social en panne, d’une éducation privée en croissance et d’une nécessité de rééquilibrage via la formation des enseignants, l’allègement des programmes et l’introduction d’activités culturelles, favorisant l’épanouissement des enfants.

L’adoption de l’Anglais comme deuxième langue en Tunisie au lieu du Français a également été mise sur la table. A ce sujet, Zied Elkhlifi, tête de liste de “Albadil Ettounsi”, a approuvé cette proposition qui, à son sens, aiderait à étendre les relations internationales et économiques en dehors des pays francophones. Hela Ben Youssef, tête de liste du mouvement “Ettakatol” a préféré être plus conservatrice sur le sujet en ne se considérant pas à son niveau comme élue, influente dans ce choix. Il faudrait, selon ses dires, un conseil pour étudier cette transformation dont la portée est plus longue que le mandat de cinq ans d’un élu parlementaire et dont les impacts sont assez importants sur les enseignants, le contenu des cours...

L’après-midi a été très riche et la session questions/réponses était l’occasion d’évaluer le sérieux, la posture, le style de communication et la culture politique et générale des candidats. Ces derniers ont essayé, chacun à sa manière, de convaincre les électeurs. Certains ont réussi. D’autres ont moins bien réussi.

Mais quoi qu’il en soit, les visiteurs étaient globalement satisfaits, et pour certains d’entre eux, ce débat a contribué à éclairer les idées, à éliminer certains candidats, à shortlister d’autres candidats ou encore mieux à faire le choix final.

Encore une fois, la société civile, via la création de cet espace d’échange entre le citoyen et le politicien, prouve l’importance de son rôle dans l’ancrage de la culture de citoyenneté et de l’enracinement de la démocratie participative.

Bravo à l’Association des Tunisiens des Grandes Ecoles et à ses partenaires! Bon courage aux listes candidates ! Et que le meilleur gagne !

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