MAROC
18/09/2019 10h:01 CET

Élections en Israël: Netanyahu et Gantz à égalité selon les résultats presque définitifs

Les Israéliens ont voté pour la seconde fois cette année après un scrutin en avril au terme duquel Benjamin Netanyahu avait échoué à former une coalition.

ISRAËL - Les partis du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de son rival Benny Gantz sont au coude-à-coude à l’issue des législatives israéliennes qui ont eu lieu mardi 17 septembre. Les premiers sondages à la sortie des urnes diffusés par les médias locaux sont conformes aux résultats quasi définitifs qui ressortent ce mercredi matin.

Le Likoud (droite) de Netanyahu obtient 32 sièges sur les 120 de la Knesset, le Parlement israélien, soit autant que le parti Bleu-blanc de Benny Gantz, ancien chef de l’armée qui s’est reconverti dans la politique. Aucun des deux camps ne parvient, avec ses alliés, à dépasser les 61 sièges. 

Les Israéliens ont voté ce mardi pour la seconde fois cette année, après un scrutin en avril au terme duquel Benjamin Netanyahu, qui détient le record de longévité pour un chef de gouvernement israélien, avait échoué à former une coalition.

Cinq mois plus tard, Israël semble se retrouver près de case de départ. Si les sondages se confirment, le futur premier ministre devrait en effet faire face aux mêmes difficultés pour constituer un gouvernement, les chefs de pointant vers des pourparlers sans s’entendre sur les partenaires éventuels de la discussion.  Car outre les scores des partis de Netanyahu et Gantz, les résultats des alliés potentiels de chacun seront déterminants.

 

Désormais, la question n’est pas  tant de savoir qui aura le plus de sièges mais lequel des deux sera en mesure d’atteindre, par des alliances, le nombre de 61 députés, seuil de la majorité au Parlement. Le futur premier ministre est ensuite mandaté par le président de l’État hébreu, qui choisit celui qui a le plus de chances de réussir à former une coalition gouvernementale.

Or, selon les sondages à la sortie des urnes, aucun des deux blocs (et encore moins ceux arrivés derrière) ne semble capable de réunir ce nombre de députés et donc de former un gouvernement à l’issue de ce second scrutin en cinq mois, les élections d’avril ayant abouti à un score similaire.

Avec ses alliés traditionnels, le Likoud pourrait obtenir entre 54 et 57 sièges, et le parti “Bleu-blanc” entre 54 et 58, selon ces baromètres qui donnent l’image d’un pays polarisé.

Lieberman, l’ex-ministre “faiseur de roi”

“Nous avons un avantage mais je vois que nous sommes dépendants de Lieberman”, a dit à l’AFP Dina Margoli, 40 ans, militante du parti “Bleu-blanc”, en référence au chef de la formation nationaliste laïque Israel Beiteinou, Avigdor Lieberman.

La position de cet ancien ministre de Benjamin Netanyahu, actuellement en rupture avec le Premier ministre, semble en effet cruciale pour offrir la majorité à l’un ou l’autre des partis. Les projections accordent à son parti “Israël Beitenou” entre 8 et 10 sièges, ce qui pourrait en faire le “faiseur de roi”.

Dans la soirée, il s’est cependant prononcé pour la formation d’un gouvernement “d’union nationale” intégrant le Likoud et le parti “Bleu-blanc”. “Il n’y a qu’une option pour nous et c’est la formation d’un large gouvernement d’union nationale et libéral avec Israël Beitenou, le parti Bleu-blanc et le Likoud”, a déclaré M. Lieberman, après la diffusion de sondages à la sortie des urnes qui plaçaient les formations de MM. Netanyahu et Gantz au coude-à-coude.

Avigdor Lieberman a mené sa campagne contre les partis juifs ultra-orthodoxes, alliés du Likoud de Netanyahu, qu’il accuse de vouloir faire d’Israël un État religieux. “Mon message au parti Bleu-blanc et au Likoud est le suivant: la population veut un gouvernement d’unité. La première personne qui s’engage à former un gouvernement d’union sans les haredim (juifs ultra-orthodoxes, ndlr) aura notre appui”, a déclaré mardi soir le numéro 2 du parti de Lieberman.

Outre les partis ultra-orthodoxes, AvidgorLieberman a aussi tiré à boulets rouges ces dernières années sur les formations arabes. Or ces partis, crédités mardi de 11 à 13 sièges, pourraient eux aussi jouer un rôle crucial en soutenant un candidat ou un autre.

“L’ère Netanyahu s’est achevée”, a prétendu mardi soir Ahmed Tibi, l’un des ténors de la “Liste unie” des partis arabes qui s’oppose au Premier ministre. “Si Benny Gantz appelle, nous lui communiquerons nos conditions, après consultation des partis de la Liste unie. Peut-être ne souhaitera-t-il pas nous appeler et qu’il préfèrera former un gouvernement d’union nationale” sans les partis arabes, a-t-il ajouté.

A 20h locales, le taux de participation pour ces élections était de 63,7 %, un score légèrement supérieur à la même heure aux législatives d’avril.

Cet article a initialement été publié sur Le HuffPost France.