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17/01/2015 08h:15 CET | Actualisé 19/03/2015 06h:12 CET

Elections en Afrique: Quel rôle pour les réseaux sociaux?

DIGITAL - Les printemps arabes ont permis de découvrir une autre utilité des réseaux sociaux: celle de l'expression politique. Mais alors que certains observateurs pariaient sur un effet de mode, la tendance se poursuit et semble durablement s'implanter en Afrique. Alors, quelle est la nouvelle place des réseaux sociaux en Afrique et quel rôle peuvent-ils jouer sur la scène politique du continent?

DIGITAL - Les printemps arabes ont permis de découvrir une autre utilité des réseaux sociaux: celle de l'expression politique. Mais alors que certains observateurs pariaient sur un effet de mode, la tendance se poursuit et semble durablement s'implanter en Afrique. Alors, quelle est la nouvelle place des réseaux sociaux en Afrique et quel rôle peuvent-ils jouer sur la scène politique du continent?

Un rôle en mutation

Alors que l'Afrique est le continent le moins connecté actuellement, la fièvre des réseaux sociaux semblent l'embraser toute entière. Les internautes du continent sont en effet de plus en plus nombreux à se connecter. Et si au début, ce n'était que pour la discussion entre amis, les objectifs sont assez différents désormais et s'orientent plus vers les questions de société.

Les réseaux sociaux sont devenus un lieu de mobilisation pour des causes sociales comme on a pu le voir en Côte d'Ivoire avec le concept "mousser contre Ebola" lancé par la bloggeuse Edith Brou pour sensibiliser les populations sur la question d'Ebola, ou encore le concept plus récent de "Marre des chauffards" à propos de la sécurité routière.

Et à chaque fois, les populations répondent massivement aux appels lancés et les relaient afin de donner une ampleur globale à ces mouvements. Certes, il ne s'agit pas encore de descendre dans les rues pour manifester mais les marcheurs virtuels commencent à se faire entendre jusqu'au sommet de l'Etat.

Les réseaux sociaux dans la politique

Toujours en Côte d'Ivoire, le cas d'Awa Fadiga, le mannequin qui était décédé par manque de soins, avait ému toute la population et très vite mobilisé les réseaux sociaux. La vague a été d'une telle force que la ministre de la santé, elle-même, a dû passer au journal télévisé pour commenter cette situation et limoger quelques responsables au passage. La preuve que les réseaux sociaux sont pris très au sérieux par les politiques qui tentent d'ailleurs de les utiliser dans leurs quêtes de popularité et dans leurs campagnes électorales.

Du côté de la recherche de popularité, nous pouvons citer le cas du président sud-africain Jacob Zuma, le président le plus suivi de l'Afrique sur Twitter, ou encore celui de Soro Guillaume, le président de l'assemblée nationale ivoirienne, qui se montre particulièrement actif sur cette plateforme.

Du côté des élections, le cas de Goodluck Jonathan au Nigeria, qui a annoncé sa candidature à ses fans via Facebook en 2010, est désormais un cas d'école. Mais il n'est rien face au coup de maître de GMB Buhari: selon une rumeur persistante annoncée sur la page facebook de Nnenna Nwakanma, et reprise sur la page 3G Communications, le candidat à l'élection présidentielle nigériane pour 2015 aurait récolté plus de 5 millions de votes d'hommes en publiant des photos dénudées de sa fille Zahra sur Twitter dans la soirée du 13 janvier.

L'information n'a pas été commentée par l'intéressé mais si elle était avérée, la course à la présidentielle prendrait un nouveau tournant au Nigéria. Dans d'autres pays du continent également, de nombreux hommes politiques utilisent les réseaux sociaux comme instruments de campagne électorale, comme cela a été le cas lors des dernières élections présidentielles en Tunisie. Et cette tendance devrait se confirmer en 2015.

Mais les réseaux sociaux peuvent être à la fois un facteur de succès et d'échec car tout comme les hommes politiques, la population aussi peut s'exprimer.

Les réseaux sociaux, un nouveau contre pouvoir?

On se souvient encore de la plateforme Ushahidi au Kenya, qui avait permis aux journalistes de cartographier les évènements post-électoraux dans le pays en 2008, et de son succès. On se souvient également du mouvement des "Y'en a marre" au Sénégal qui s'était propagé grâce aux réseaux sociaux et qui avait contribué activement au départ d'Abdoulaye Wade. Ce sont autant d'exemples qui montrent la force des réseaux sociaux en tant que contre pouvoir.

Les populations détiennent désormais une arme pour se faire entendre lors des prochaines élections mais sauront-elles l'utiliser à bon escient?

En Côte d'Ivoire par exemple où les élections se dérouleront bientôt, quel rôle jouera les réseaux sociaux dans la bataille entre le pouvoir et l'opposition? Au Togo, où l'opposition ne cesse de demander des réformes réellement démocratiques, les réseaux sociaux seront-ils le point de départ d'un soulèvement de la population? En Guinée, où la situation sociale ne cesse d'empirer, le peuple pourra-t-il imposer ses préoccupations aux politiques? Enfin au Nigéria, où l'art des réseaux sociaux semble être maîtrisé par les politiques, la course au pouvoir devra-t-elle désormais se baser sur des atouts féminins?

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