TUNISIE
10/09/2019 00h:36 CET

Élection présidentielle: Youssef Chahed propose de créer une police de proximité? Elle existe déjà

Des projets pilotes ont été mis en place dès 2014 et leur généralisation sur l'ensemble du territoire tunisien était acquise depuis décembre 2018.

Anadolu Agency via Getty Images

Le chef du gouvernement et candidat à l’élection présidentielle Youssef Chahed a annoncé, lundi, au cours du débat télévisé consacré à l’élection présidentielle, que s’il parvenait à l’investiture suprême, il créerait une police de proximité afin de protéger les citoyens dans leur vie quotidienne.

Petit problème, cette police de proximité existe déjà depuis 2014.

En effet, le 05 juin 2014 a été inauguré le premier poste pilote de la Garde nationale à Manarat Hammamet avant de s’élargir vers une dizaine d’autres villes à l’instar de Sidi Hassine, de la Marsa Ouest, de Sakiet Ezzit, de Ben Guerdane ou encore à Médenine.

Développée en collaboration avec le PNUD et avec le partenariat de plusieurs pays à l’instar de la Norvège ou encore de la Grande-Bretagne, “la police de proximité sera bientôt généralisée sur l’ensemble du territoire tunisien” avaient annoncé le représentant du PNUD en Tunisie Diego Zorilla et Rached Bettaieb, Directeur Général de la Sûreté Nationale, en décembre 2018.

 

Qu’est-ce qu’une police de proximité?

En juin 2014, Nawaat s’était rendue au ministère de l’Intérieur afin d’en savoir plus sur cette police de proximité: “Celle-ci vise à créer une relation de confiance entre la police et le citoyen, à travers l’offre d’une meilleure qualité de services, tant au niveau de la sécurité que de l’amélioration des conditions de vie locale”.

Celle-ci repose sur 4 piliers: le partenariat avec les citoyens, la communication à savoir le partage des informations et la transparence, la résolution des problèmes basée sur la prévention des crimes grâce à une approche sociale proche des citoyens, et enfin la prestation de services de qualité.

Au coeur de ce dispositif figure l’agent de quartier: “Il s’agit d’un agent de terrain, visible et en permanente communication avec le citoyen. Il l’écoute, le conseille, l’informe et prends en charge ses requêtes en l’orientant et l’assistant dans ses démarches. Il doit être le premier à porter secours aux victimes et à lutter contre la petite et moyenne délinquance. Par ailleurs, il doit faire preuve de diplomatie afin de régler les problèmes simples en intervenant entre les différentes parties impliquées dans des mésententes” avait alors affirmé à Nawaat Houssem Eddine Ishak, expert national pour le programme d’appui à la réforme du secteur de la sécurité en Tunisie auprès du PNUD et Mme Aicha Kort, alors directrice de la coopération internationale au ministère de l’Intérieur.

Celui-ci a donc des prérogatives plus large qu’un policier traditionnel et dispose d’une autonomie de décision.

Le citoyen pour sa part n’est plus “consommateur de services sécuritaires” mais un “partenaire actif dans l’action sécuritaire locale”.

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