TUNISIE
11/09/2019 11h:54 CET

Élection présidentielle - Seifeddine Makhlouf veut mettre fin à "l'occupation française" en Tunisie

“Nous ne sommes pas indépendants politiquement, ni économiquement. Vous appelez ça une moitié d’indépendance, moi j’appelle ça l’occupation” déclare le candidat.

Le candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Seifeddine Makhlouf était l’invité, mercredi, de la radio Shems afin de présenter son programme électoral. Parmi ses principales priorités, mettre fin aux accords signés avec la France, l’annulation de l’état d’urgence ou encore relancer les grands projets économiques.

Pas de changement de régime politique

“La constitution de 2014 est une constitution très avancée et l’une des meilleures du monde” a affirmé le candidat à la présidentielle indiquant être contre toute modification la touchant sous prétexte de la nécessité de la stabilité en cette période de transition démocratique.

“Le régime politique n’a jamais été un problème. Il y a des pays qui ont réussi avec un régime présidentiel, d’autres avec une royauté, d’autres avec un régime mixte, d’autres comme la Suisse, sans régime politique du tout” décrit-il affirmant que le problème se situe dans son application.

“Le président de la République doit gouverner. Il n’est pas là pour faire dans le consensus. Ce n’est pas un père de famille qui doit unir tout le monde. Il n’existe aucun président au monde aimé par tous”.

Révéler la vérité sur les assassinats politiques

“Je dévoilera la vérité dans les dossiers Belaid et Brahmi mais pas seulement. Ce sera aussi le cas pour tous les martyrs de l’armée, des forces de l’ordre et les citoyens tués par les terroristes” explique le candidat ajoutant que la vérité doit être révélée sur le phénomène terroriste en Tunisie qu’il impute au “rôle joué par les renseignements étrangers dans la destruction du processus révolutionnaire”.

L’appareil sécuritaire secret? “Un mensonge”

“La question de l’appareil secret est un mensonge. Nous dirons la vérité aux Tunisiens (...) Ils ont fait 10 conférences de presse où ils n’ont fait que mentir aux Tunisiens (...) Il y a une volonté d’obtenir des gains politiques et financiers à travers cette affaire”.

Concernant sa photo avec une Kalashnikov et le drapeau libyen

“Les armes à feu sont une fierté, ils ne doivent pas susciter la peur. Les armes sont une fierté pour les révolutions et ceux qui connaissent l’Histoire”.

Abroger l’état d’urgence

″La première chose que je ferai, c’est d’abroger l’état d’urgence et toutes les procédures qui s’y rattachent comme la procédure S17, S19 ou encore la mise en résidence surveillée” affirme Seifeddine Makhlouf.

“Nous vivons dans un mensonge. Est-ce qu’il y a un état d’urgence en Tunisie? Les bus sont pleins, les festivals sont pleins, les stades sont pleins. Est-ce que vous voyez des chars dans les rues? Il n’y a rien. Ils nous mentent! Ils utilisent ce slogan pour restreindre les libertés” décrit-il.

La France en ligne de mire

“J’éliminerai les traces de la colonisation et je demanderai à ce que la France présente ses excuses (...) A partir d’aujourd’hui, on sera d’égal à égal (...) Il faut qu’ils reconnaissent que 70 ans après la fin de la colonisation, ils continuent de nous voler (...)” a commenté le candidat qui affirme vouloir revoir les accords signés avec la France: “il faudra qu’elle nous accorde des réparations sinon nous annulerons ces accords”.

“Puisqu’ils nous volent notre pétrole, notre sel, nos ressources sortent et qu’il n’y a pas d’argent qui rentre via la Banque centrale, cela montre que la Tunisie est sous occupation” fustige encore le candidat qui indique que la France décide “politiquement et économiquement pour la Tunisie”.

“Nous ne sommes pas indépendants politiquement, ni économiquement. Vous appelez ça une moitié d’indépendance, moi j’appelle ça l’occupation” déclare le candidat. 

Contre l’égalité dans l’héritage

“Je refuse l’égalité dans l’héritage. Ce n’est pas la demande du peuple, ni sa priorité (...) Ce sont des gens qui veulent aller vers les questions identitaires qui sont allé dans cette démarche”.

Mettre en place au plus vite la Cour constitutionnelle

“La cour constitutionnelle est une priorité. La première chose que devra faire l’ARP et le président, c’est de nommer les membres de la Cour. Il faudra que cette première cour soit composée de personnes intègres et compétentes”

Relancer les grands projets économiques

“Il faudra que les grands projets se réalisent en un temps record afin d’améliorer les entrées en devises, d’améliorer la valeur du dinar” affirme le candidat promettant de rouvrir ces dossiers avec les investisseurs initiaux: “S’ils les réalisent tant mieux, sinon ce n’est pas les investisseurs qui manquent. Ils sont plusieurs à rêver de tels projets”.

“Il faudra également créer un gouvernement électronique. C’est des plateformes intelligentes au profit de toutes les institutions de l’Etat. Il faudra aussi généraliser les paiements électroniques (...)” promet le candidat qui affirme vouloir également faire en sorte que les entreprises publiques déficitaires soient géré selon un partenariat public-privé.

L’UGTT a des comptes à rendre

Seifeddine Makhlouf estime que la centrale syndicale doit être soumise à la comptabilité publique: “Je demande à ce que les dirigeants de l’UGTT rendent des comptes (...) Il y a des gens qui se sont enrichis sur le dos des travailleurs et de l’argent public. Et l’UGTT sera soumise à la comptabilité publique”.

Il faut que l’UE enlève les visas sinon plus de partenariat

“Il faut que l’Union Européenne sache que si je suis élu président, je lui demanderai de choisir entre la poursuite de notre partenariat ou les visas. Etre partenaires mais m’imposer un visa n’est pas normal”.

Pas de restauration des relations avec la Syrie

“Nous ne collaborons pas les criminels et ceux qui tuent leurs peuples (...) Nous ne restaurerons donc pas nos relations avec la Syrie”.

Pour la peine de mort

“Je suis pour la peine de mort parce que c’est une punition que Dieu a imposé. Quand vous me ramènerez quelqu’un de plus sage que Dieu, je l’écouterai”.

Des sanctions plus dures contre les consommateurs de drogue

″Parmi mes premières initiatives législatives, je demanderai à ce que l’on reclasse les drogues selon les catégories et mettre en place un barème de sanction qui soit monstrueux”.

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