TUNISIE
06/09/2019 16h:33 CET | Actualisé 06/09/2019 16h:34 CET

Élection présidentielle: Pour Elyes Fakhfakh, "la Tunisie doit devenir une place forte pour la paix internationale"

Le candidat propose également la création d'une Agence nationale pour le renseignement rattachée au Conseil de Sécurité national.

L’ancien ministre des Finances et candidat d’Ettakatol à l’élection présidentielle, Elyes Fakhfakh a présenté, vendredi, plusieurs points de son programme électoral sur les ondes la radio Diwan Fm, affirmant qu’il se donnera comme priorité la mise en place de la Cour constitutionnelle.

Basées sur un tirage au sort, les questions qui lui ont été adressées ont porté sur de nombreux thèmes, principalement la politique étrangère et la sécurité.

L’Union du Maghreb Arabe

“Je suis plus que convaincu par le Maghreb Arabe (...) Cela doit être une priorité au delà des problèmes politiques” a affirmé Elyes Fakhfakh ajoutant que la région est l’une des moins intégrées du monde avec des échanges commerciaux sont aux alentours de 3%.

“Il faut au moins une coordination à ce niveau en harmonisant nos lois ou en se concertant sur les grandes acquisitions” dit-il appelant à une plus grande coordination pour que cela soit plus profitable aux pays de la région.

“Il faut que l’on soit ensemble et complémentaires dans notre approche aux marchés internationaux” affirme-t-il. 

Cette intégration économique permettra selon lui une “intégration politique qui arrivera quoiqu’il arrive à moment donné”.

Une stratégie pour l’Afrique

″Il faut que la Tunisie ait une stratégie pour l’Afrique” a expliqué Elyes Fakhfakh indiquant vouloir faire de la Tunisie une plateforme d’entrée vers le continent: “Je sais que le Japon par exemple partage cette idée, parce que nous sommes un pays démocratique. Il y a des investisseurs qui ne vont pas vers les pays qui ne le sont pas, parce que pour mettre une plateforme financière dans la région par exemple, ils veulent un État de droit et qui applique les lois” ce qui est le cas de la Tunisie.

Pour lui, la Tunisie doit également être une “destination pour l’élite africaine qui vient faire ses études en Tunisie. Il faudrait créer une ‘maison de l’Afrique’ en Tunisie, un peu comme la ‘maison de Tunisie’ qui existe à l’étranger”.

Pour ce faire, “une stratégie pour relier la Tunisie aux pays africains que ce soit au niveau aérien, bancaire (...)” doit être aussi mise en place.

La lutte contre l’évasion fiscale

Questionné sur la lutte contre l’évasion fiscale, le candidat d’Ettakatol indique que “ce n’est pas dans les prérogatives du président de la République, mais celui-ci doit donner un cap (...) qui en collaboration avec le chef du gouvernement doit être mis en oeuvre. La réforme de l’imposition et la lutte contre l’évasion fiscale sont donc des prérogatives du chef du gouvernement”.

Si le président de la République peut prendre une initiative législative dans ce sens, il estime qu’ “il ne faut qu’il le fasse. Cela serait empiéter sur les plates-bandes du chef du gouvernement et on sera alors en conflit”.

“Le président de la République doit prendre des initiatives législatives sur de grands axes. J’ai proposé que cela se fasse pour la stratégie des investissements futurs sur 4 grands axes. Le reste se fera en collaboration avec le chef du gouvernement” poursuit-il.

Pour un endettement au profit de l’investissement

“Les dettes ont augmenté de 40 milliards depuis mon départ du gouvernement et malheureusement n’ont pas été répercutées dans les investissements” a déploré Elyes Fakhfakh estimant que si le pays continuait dans cette voie, la souveraineté nationale serait menacée.

“Pour moi l’endettement doit aller dans des projets d’investissements. Dans ma stratégie des investissements futurs, je suis pour qu’on s’endette plus pour plus d’investissements afin d’avoir une nouvelle dynamique économique” explique le candidat affirmant que “les dettes de l’État quand elles sont tournées vers l’investissement sont de bonnes dettes”.

Le rayonnement international de la Tunisie

“La Tunisie était un pays arriéré politiquement dans laquelle sévissait la dictature (...) La Tunisie occupait une place extrêmement importante de l’après-indépendance aux années 1970 et il faut revenir vers ça et même aller plus loin” dit-il.

Pour lui, la Tunisie peut devenir une place forte pour la paix internationale et pour régler les conflits. “La Tunisie est le seul pays qui a fait une transition démocratique, où il y a eu un dialogue national qui a eu le prix Nobel de la paix et à travers lesquelles ont transité plusieurs civilisations qui ont fait son ouverture” décrit-il affirmant que cela pourra être “notre contribution à la paix dans le monde et au rayonnement de la Tunisie. Nous sommes un petit pays et notre diplomatie ne pourra pas être très forte mais il faut qu’elle prenne cette place en capitalisant sur ce que l’on fait ses 10 dernières années et sur notre histoire”.

“Quand je dis que la Tunisie doit devenir une place forte pour la paix (...) c’est pour se protéger et que le monde entier la protège” soutient le candidat.

La diplomatie au service de l’économie

Selon Elyes Fakhfakh, la diplomatie tunisienne doit s’orienter plus vers les changements économiques mondiaux. “Nous n’avons ni une armée forte, ni une force économique pour influencer les autres. Nous devons nous battre pour une économie tournée vers la Tunisie, pour la Tunisie, en trouvant des marchés, des investissements pour le pays”.

“Il faut que le président de la République passe 30% de son temps, si tout se passe bien dans le pays, en dehors de la Tunisie en accompagnant les hommes d’affaires, les hommes de culture à l’international” pour faire profiter de son aura. 

Vers la création d’une Agence nationale pour le renseignement rattachée au Conseil de Sécurité national

En matière de sécurité et de défense Elyes Fakhfakh prône la poursuite de la lutte antiterroriste en protégeant mieux les frontières et en renforçant les moyens des forces de l’ordre et des capacités des services de renseignement.

“Dans mon programme figure la création d’une Agence nationale moderne pour le renseignement sous la tutelle du Conseil de sécurité national” dit-il indiquant que les renseignements représentent 90% des opérations d’anticipation et que cela pourra permettre également d’enrayer les fléaux de la contrebande, de la lutte contre le trafic de drogue...

Cependant affirme-t-il, “je suis contre le fait de faire du Conseil de sécurité national un gouvernement bis”.

Ses 3 priorités dans les 100 jours

- La mise en place de Cour constitutionnelle

- Les élections régionales et la redistribution des ressources humaines et financières de l’État pour avoir une gouvernance locale forte.

- Le changement du mode de scrutin: “afin de pouvoir avoir des majorités fortes qui puissent gouverner”. Il propose par exemple d’augmenter le seuil électoral et de passer à un scrutin municipal et législatif à deux tours.

La peine de mort: Contre mais...

“Il faut que l’on poursuive dans la non application de la peine de mort jusqu’à ce qu’il y ait un débat juridique et social pour décider des cas ‘extrêmement’ exceptionnels dans lesquels on pourrait l’appliquer” affirme-t-il.

Le rôle de la première dame

“Je pense qu’il faut qu’elle participe (...) Je pense qu’elle promouvra l’image d’une Tunisie moderne, ouverte vers la culture, proche de la société civile. Elle ne fera de politique et ne participera pas à la décision politique” a-t-il conclu.

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