TUNISIE
10/09/2019 15h:54 CET

Élection présidentielle - Mongi Rahoui: Le volet socio-économique au coeur de son programme

“Moi qu’est ce qui me motive, c’est le volet humain. Je veux réaliser la justice sociale"

Le candidat du parti du Front Populaire à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Mongi Rahoui est revenu, mardi, sur Mosaïque Fm sur les principales tâches auxquelles il s’attellerait une fois élu président. Proposant une vision globale et socio-économique, il estime que les pouvoirs du président de la République sont bien plus larges que ne le laissent penser la doxa.

Un président de la République présent sur toutes les questions

Cette explication du rôle du président de la République a été donnée le 03 septembre dernier lors d’un meeting à Jendouba.

 

Selon Mongi Rahoui, “le président de la République doit intervenir dans tout ce qui touche à la vie des citoyens. La situation que travers le pays (...) nécessite un président qui prenne ses responsabilités”.

“Il doit être présent sur les questions qui reviennent avec insistance à savoir la sécurité, l’économie, les affaires sociales” a-t-il indiqué.

“On ne peut pas accepter la mort de 13 nouveaux-nés sans que le président de la République ne puisse intervenir tout comment on ne peut pas accepter que 100.000 élèves quittent le banc de l’école à cause des conditions sociales. Cela touche à la sécurité nationale” dit-il afin de soutenir sa vision du prochain président de la République.

Tolérance zéro dans lutte anti-terroriste

″Je veux faire de la Tunisie parmi les pays les plus avancés en termes de résultats dans sa lutte antiterroriste” a expliqué le candidat qui appelle à la “Tolérance zéro”.

“La Tunisie se doit d’être avant-gardiste dans sa lutte contre le terrorisme dans son approche sécuritaire, dans son approche numérique, préventive, culturelle, et religieuse (...)”.

Interrogé sur le rôle joué par les moquées, le candidat du parti du Front populaire est catégorique: “Les mosquées doivent être sous le contrôle de l’Etat. L’Etat n’est pas religieux mais le peuple est musulman. Il faut que l’on soit bien clairs là-dessus”.

La diplomatie économique et culturelle à la base de la diplomatie

“Il y a quelque chose qui n’existe pas encore en Tunisie, c’est la diplomatie économique. Il faut une politique diplomatique économique. Il faut d’abord préparer le corps diplomatique à cela et lui donner les instruments pour pouvoir le faire” a affirmé Mongi Rahoui préconisant la mise en place d’un “contrat-programme”, un genre de contrat par objectifs.

“Il y a des objectifs à réaliser par l’économie tunisienne, ces objectifs doivent être déclinés au niveau diplomatique (...) Il y aura des résultats qui seront évalués en fonction des objectifs, et sur cette base sera réalisé le mouvement dans le corps diplomatique” préconise-t-il.

“Il y a aussi quelque chose de très important à mettre en place: la diplomatie culturelle qui sera un appui à la diplomatie économique et qui permettra à la Tunisie d’améliorer et de diversifier sa culture” dit-il.

L’Aleca

“Il existe beaucoup de zones d’ombre autour. Il est possible que cela soit soumis au référendum”

L’humain au coeur du programme

Sortant des prérogatives limitées accordées au chef de l’Etat, Mongi Rahoui propose un programme économique et social complet.

“Moi qu’est ce qui me motive, c’est le volet humain. Je veux réaliser la justice sociale, l’égalité entre les sexes, l’employabilité des jeunes, la dignité des citoyens. Je veux que l’agriculture se modernise, que la Tunisie soit indépendante, que sa souveraineté soit garantie, que les droits et libertés soient la base (...)” a annoncé le candidat.

“Mon objectif, c’est de mettre en place un Etat social-démocrate, un Etat social comme traduit dans la constitution mais qui n’a pas été mis en place” regrette-t-il.

Pour lui, l’Etat doit jouer un rôle important en matière d’Education et notamment à travers “des réformes dans la façon d’enseigner, dans les programmes scolaires, dans les fondements de l’enseignement (...) Je suis pour la gratuité de l’école et l’obligation de se rendre à l’école (...) dans des conditions optimales en fournissant les moyens nécessaires” affirme-t-il expliquant que cela se fera grâce au pouvoir d’initiative législative qu’octroie la constitution au président de la République.

Le candidat veut donner plus de moyens à l’étude et à la prospection en donnant un plus grand budget à l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques: “Le président de la République a le pouvoir de prendre des initiatives législatives, de proposer des modifications des lois, de présenter sa vision. Il a l’ITES sous sa tutelle, à qui il faudra donner plus de moyens pour qu’il devienne le Think tank de l’Etat tunisien et qu’il fasse des propositions de réformes”

En plus de l’éducation, Mongi Rahoui veut également réformer le secteur de la santé. “Il y a trois secteurs qui doivent coexister dans des proportions conformes à la situation dans laquelle nous vivons : Le secteur privé, le secteur public et le secteur social et solidaire” préconise le candidat.

Une vision économique

“Aujourd’hui, la Tunisie est supposée avoir un consensus historique sur le projet socio-économique” estime Rahoui.

“La Tunisie est une économie de marché. Elle a eu ses avantages. Est-ce que les libéraux font ce qu’il faut pour que cette économie de marché se développe, s’agrandit et fasse venir les capitaux? (...) Non” déplore-t-il. 

Pour lui, il faut donner au secteur privé tous les moyens pour qu’il se développe, pour qu’il accumule les capitaux qui doivent être réinvestis pour attirer encore plus de capitaux.

Cependant, “le marché ne peut pas composer avec l’économie parallèle, il ne peut pas composer avec la spéculation, il ne peut pas composer avec les monopoles et il ne peut pas composer avec la corruption. Ce sont 4 facteurs qui étouffent, tuent le marché et ne lui permettent pas de se développer” analyse-t-il proposant d’intégrer l’économie parallèle au secteur formel.

“Comment réussir? (...) En leur faisant payer des impôts à un taux de 7,5% qui concernera le développement régional, l’agriculture, les subventions et sera appliquée à toute activité confondue de l’économie parallèle” dit-il promettant qu’il y’aura plus ainsi d’activité hors circuit formel.

“Cela sera lié à d’autres décisions comme (...) la grâce fiscale qui répondra à des règles précises pour garder une discipline du marché” poursuit-il ajoutant qu’il présentera seulement 3 taux d’imposition:  7,5%, 15% et 25%.

Le dialogue en l’absence de majorité

Pour parvenir à ce que ses initiatives législatives voient le jour, le prochain président de la République devra avoir une majorité à l’Assemblée des représentants du peuple.

“Lequel des candidats en course aujourd’hui peut avoir une majorité parlementaire? Aucun (...) Il faut que le président de la République en soit conscient et agisse en conséquence” affirme Mongi Rahoui, pour qui la question de la majorité parlementaire peut être contourner par le dialogue et les consultations sur ces questions: “Mais également en influant sur les décisions, car le président de la République est le seul à avoir la légitimité de la majorité à travers les urnes” dit-il.

Des initiatives législatives en vue pour la sécurité alimentaire et l’intégration

Durant mon mandat,  Mongi Rahoui promet de présenter une initiative législative sur l’intégration et la stabilité économique et sociale pour les personnes à besoins spécifiques: “Ce sont des citoyens comme tous les autres. Leurs droits doivent être garantis” a-t-il commenté.

“Je proposerai également une loi sur la sécurité alimentaire (...) Il est obligatoire aujourd’hui de mettre en place un Code de l’eau sur la base de ce dont aura besoin la Tunisie à l’horizon 2025-2030. Cette loi prendra en considération les changements climatiques. Elle contiendra un code de l’investissement agricole qui doit mettre en place la modernisation de l’agriculture (...)” a-t-il promis.

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