TUNISIE
04/09/2019 15h:43 CET

Élection présidentielle: L'équipe de campagne de Nabil Karoui dévoile son programme

La lutte contre la pauvreté érigée en priorité.

L’équipe de campagne de Nabil Karoui, candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, actuellement maintenu en détention, a présenté, mercredi, le programme de son candidat.

Basé sur cinq axes, voici ce qu’il faut en retenir.

La priorité à la lutte contre la pauvreté

Le principal cheval de bataille du candidat sera la lutte contre la pauvreté qui revêt une “priorité absolue”. 

Pour ce faire, Nabil Karoui propose la mise en place d’un “pacte national contre la pauvreté” sous la forme d’une initiative législative, dans les 90 jours après son élection.

Ce pacte, qui souhaite réunir l’ensemble des partis politiques et des organisations nationales ainsi que la société civile a “pour objectif de mettre en place une stratégie et un plan d’actions urgentes pour subvenir aux besoins des plus démunis en termes de nourriture, de logement, de transport et de santé” indique une copie du programme envoyée à la presse.

Sécurité: Vers un centre de commandement unique?

Au niveau sécuritaire, qui est l’une des principales prérogatives du président de la République, celui-ci étant le chef des forces armées, Nabil Karoui propose le création d’un organisme central unifié pour consolider l’information et les renseignements (armée, intérieur, douanes), doté d’un comité de commandement unique.

Il propose par ailleurs d’intégrer d’autres secteurs stratégiques clés comme l’eau, la santé, l’énergie sous la coupe du concept de “sécurité nationale globale”. Cela va permettre définir une stratégie de sécurité nationale économique et sociale à long terme explique son équipe de campagne.

Enfin, le candidat propose la création d’une académie internationale de formation de forces d’élite et de forces antiterroristes entièrement supervisée par des experts tunisiens au profit des pays arabes et africains en particulier.

Une académie similaire a cependant déjà été lancée le 18 octobre 2018 en marge du sommet Union Européenne-Union Africaine à l’initiative de la Côte d’Ivoire. En effet, l’Académie Internationale de Lutte Contre le Terrorisme est centre régional dédié à la lutte contre le terrorisme afin de répondre à la volonté de nombreux pays d’Afrique de développer et partager leurs capacités de lutte antiterroriste. Ce projet avait coûté près de 20 millions d’euros dont une contribution à hauteur de 18 millions d’euros de la part de la France.

 

Relance du Maghreb Arabe, création d’une institution onusienne...quel programme diplomatique?

Concernant le programme diplomatique, celui-ci comporte plusieurs points, parmi lesquels “l’ instauration effective de la diplomatie économique” en augmentant le nombre de “compétences économiques” au sein du ministère des Affaires étrangères et dans les différentes ambassades et en rapprochant les structures de représentations économiques à l’étranger (CEPEX, FIPA, ONTT...) des services économiques des différentes ambassades. 

Nabil Karoui se propose également de “redynamiser l’esprit de l’Union du Maghreb Arabe en créant des zones franches aux niveaux des frontières et en lançant un “noyau de marché commun à travers une première corbeille de services et de produits”.

Par ailleurs, celui-ci propose le “lancement d’une initiative internationale pour l’établissement d’une Organisation des Nations Unis pour la Lutte contre les Inégalités Régionales (ONULIR), basée en Tunisie, et qui contribuera à renforcer le rayonnement du pays à l’international”, sans pour autant expliquer sa mission et ses objectifs.

Il ne dit pas non plus s’il s’agit d’un programme de l’ONU ou d’une institution spécialisée. Cela devrait probablement prendre la forme d’un programme devant être rattaché à l’ONU, ayant un mandat précis et nécessitant une résolution de l’Assemblée Générale. Celles-ci sont de plus financées via des contributions volontaires des pays membres.

Dans la même veine, la lutte contre les inégalités régionales fait déjà partie des prérogatives de Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD).

En terre d’image extérieure, Nabil Karoui propose de créer une institution chargée de promouvoir l’image de la Tunisie, sur les plans économique, touristique et culturel. Cela rappelle les pouvoirs dédiés à l’Agence Tunisienne de Communication Extérieure, dissoute en 2012, qui avait servi à la propagande du régime de Ben Ali.

Quelles initiatives législatives?

Parmi les initiatives que le candidat s’engage à prendre, l’on retrouve l’élaboration d’une “constitution économique” dans l’objectif de “mettre un nouveau modèle économique pour la Tunisie pour une véritable stratégie de croissance et d’économie du savoir”, la mise en place des instances constitutionnelles, une harmonisation des lois à la constitution et la transformation de certains décrets notamment ceux relatifs aux associations et aux partis politiques en lois.

Quid des institutions rattachées à la présidence de la République?

Concernant les institutions rattachées à la présidence de la République, Nabil Karoui propose de doubler le budget de l’Institut Tunisien des Etudes Stratégiques (ITES) en créant “des unités de recherche et d’études spécialisées dans les nouveaux secteurs, notamment l’intelligence artificielle, l’économie numérique et la cyber sécurité”.

Il propose également de libérer le pèlerinage de la Omra de l’emprise de l’Etat en l’accordant aux agences de voyages. 

Nabil Karoui, candidat à l’élection présidentielle anticipée, a été arrêté suite à un mandat d’arrêt émis par l’une des chambres d’accusation près de la Cour d’appel de Tunis. Le parti “Au coeur de la Tunisie”, présidé par celui-ci, a accusé le chef du gouvernement Youssef Chahed d’être derrière cette arrestation, ce qui a été démenti par Tahya Tounes.

Le 28 juin dernier le juge d’instruction du pôle judiciaire économique et financier a décidé le gel des avoirs et une interdiction de quitter le territoire contre Nabil et Ghazi Karoui. Ces mesures font suite à une plaine portée le 14 mars 2014 par l’ONG “I Watch” auprès du pôle judiciaire économique et financier contre les frère Karoui pour “suspicion de blanchiment d’argent” à travers des sociétés dont ils seraient propriétaires en Algérie, au Maroc et au Luxembourg.

Une demande de libération déposée par ses avocats a été refusée, mardi, par la chambre d’accusation près de la cour d’Appel.

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