TUNISIE
05/09/2019 13h:01 CET | Actualisé 05/09/2019 13h:02 CET

Élection présidentielle: Kais Saied veut changer la façon d'exercer le pouvoir législatif

Le candidat à la présidentielle était l'invité de Shems FM.

Le candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Kais Saied était présent, jeudi, sur les ondes de Shems Fm afin de présenter son programme. Celui s’axe principalement autour du changement de l’exercice du pouvoir législatif.

Voici ce qu’il faut retenir de son interview.

Pas besoin d’expérience pour être président

Professeur université, spécialiste en droit constitutionnel et en droit international, Kais Saied n’a jamais occupé un poste clé au sein de l’Etat et n’a pas eu d’expérience politique: “L’expérience en politique est un gros mensonge” affirme-t-il avant de poursuivre: “Le problème n’est pas dans l’expérience en politique mais dans le projet que vous proposez. La politique n’est pas une question d’expérience. La politique, c’est de présenter un projet, une vision pour la gestion des affaires publiques”.

Un “républicain” convaincu

Interrogé sur sa relation avec le parti d’islam rigoriste, Hezb Ettahrir, après la publication d’une photo de lui en compagne du secrétaire général de ce parti, qui ne reconnait pas l’Etat et souhaite mettre en place un Califat en tunisie, Kais Saied se défend: “Quand vous êtes candidats à l’élection présidentielle, vous rencontrez beaucoup de gens,parfois même vous ne les connaissez même pas. Rencontrer quelqu’un avec lequel vous n’êtes pas d’accord ou avec qui vous ne partagez pas la même vision, cela ne veut pas dire que vous adoptez ses idées” dit-il réfutant tout soutien de ce parti à sa candidature. 

“Je ne partage pas leurs idées. Je défend l’idée d’un régime républicain et je défend également la souveraineté du peuple qui ne se matérialise qu’à travers un régime républicain”.

Son projet: changer l’exercice du pouvoir législatif 

“J’ai proposé depuis 2013, une construction législative qui part de la base, du local vers le centre en élisant des conseils locaux dans chaque délégation, et ce après avoir réussi à obtenir un certains nombre parrainages de la part des électeurs” décrit Kais Saied.  “Ce ne sera pas un chèque en blanc qui leur sera accordé. Ils seront élus sur les projets qu’ils auront proposé (...) et le mandat peut leur être retiré par les électeurs”.

“Ensuite, il sera choisi par tirage au sort, 10 députés qui siègeront pendant un certains temps au Conseil régional. Celui-ci sera composé d’un député par conseil local” poursuit-il.

Ce dernier “devra harmoniser les différents projets qui ont été mis en place au niveau local”.

“Enfin, toujours par tirage au sort, un des députés représentera le conseil régional à l’Assemblée Législative Nationale (...) Là aussi, le mandat peut être retiré à tout moment au député par les citoyens” explique Saied.

Ainsi, “le pouvoir législatif, élu, sera composé de 256 députés avec un député par conseil local à côté de députés représentants les Tunisiens de l’étranger” déclare-t-il indiquant qu’à travers cela il “donne les outils juridiques pour réaliser les revendications des citoyens” tout en mettant fin au tourisme parlementaire et en permettant aux régions d’avoir une représentation réelle.

“Nous avons besoin d’un tel chantier (...) Nous sommes en train de composer avec des outils dépassés. La pensée politique n’a pas évoluée alors que la constitution est neuve” note le candidat à la présidentielle qui présentera ce projet de révision constitutionnelle à l’ARP une fois élu. 

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