TUNISIE
12/09/2019 15h:58 CET

Élection présidentielle - Hatem Boulabiar: "Je suis certain et convaincu que deux candidats ont eu les questions" avant le débat télévisé

Outre cette déclaration qui laisse planer un doute, le candidat à la présidentielle a présenté son programme sur les ondes de Jawhara Fm.

Le candidat à l’élection présidentielle anticipée du 15 septembre prochain, Hatem Boulabiar a affirmé, jeudi, sur les ondes de Jawhara Fm, que certains candidats à l’élection avaient eu les questions en amont du débat télévisé organisé pour la première fois en Tunisie.

“On nous a dit qu’il y a deux candidats au débat télévisé qui ont eu les questions avant, et ça se voyait. Moi quand on me pose une question que je ne connais pas, je prend deux secondes pour réfléchir, eux ils répondaient direct. Je suis certain et convaincu que deux candidats ont eu les questions” a-t-il affirmé expliquant que quand plus de deux personnes sont mises dans la confidence, il est normal qu’il existe des fuites.

Par ailleurs, le candidat est revenu sur son programme électoral avec un programme axé sur l’économie.

Diviser par 3 le nombre de ministres

″Le problème que nous avons en Tunisie est un problème gestion où tout est centralisé à La Kasbah où ils traitent les dossiers de 45 ministères (...) Il ne faut que 15 ministère et il faut décentraliser” a préconisé Hatem Boulabiar affirmant vouloir enlever le ministère du Tourisme.

“Savez-vous pourquoi le tourisme se portera mieux par exemple au Sahel sans ministère du Tourisme? Parce qu’il existe un grand office du tourisme du Sahel. C’est comme l’office du tourisme de Paris. Il n’existe pas de ministère du Tourisme en France et pourtant ils accueillent 80 millions de touristes par an” décrit le candidat avant de poursuivre: “Ces offices prendront les décisions directement, seuls, sans attendre la décision du ministère du Tourisme. Il existe un problème structurel” qui sera remédié en créant 6 grands offices du tourisme régionaux dotés des pleins pouvoirs.

Augmenter les salaires des ministres

“Un ministre gagne 4500 dinars alors qu’il a quitté un poste à 12.000 dinars pour venir travailler son pays. Dans mon programme, en baissant le nombre de ministères, on augmentera le salaire des ministres à 10.000 dinars. Pourquoi? Parce que la plus grande bataille actuelle dans le monde, c’est celle des compétences” affirme le candidat.

Hatem Boulabiar, président, refusera au parti vainqueur des élections ou au futur chef du gouvernement un gouvernement de 45 ministres: “Si on me présente une feuille avec 45 ministres, je la rends (...) et j’irai expliquer mes choix au parlement” dit-il expliquant qu’il y a “beaucoup de partis qui voient l’Etat comme une vache à lait. J’étais à l’intérieur du pouvoir avec Ennahdha, Nidaa, Tahya Tounes, Machrou’, ils sont incapables de réformer le pays”.

“Pour moi, gouverner, c’est réformer (...) Le président de la République n’est pas le président des partis ayant la majorité, il est le président de tous les Tunisiens (...) et s’il faudra aller à des élections anticipées, on y ira. Je ne laisserai pas le pays perdre 5 autres années” martèle-t-il.

Axer le travail diplomatique sur l’Afrique

“Il faut changer le nom du ministère. Il faut que ça devienne le ministère des Affaires africaines et du monde. Nous avons 10 représentations diplomatiques en Afrique, demain il faut que nous en ayons 20 (...) Il faudra aller vers des pays qui ne sont pas traditionnels, qui ont de la croissance économique. Pourquoi? Parce que mon objectif c’est l’intérêt de l’économie tunisienne, donc je dois par exemple pouvoir vendre notre huile d’olive, ramener des touristes, ramener des investissements, et pour ça nous avons besoin de changement”.

Impossible de changer le régime politique

“Le régime politique que nous avons n’est pas parfait (...) Mais je suis pragmatique, lors du prochain mandat, il sera impossible de modifier la constitution (...) Pour avoir les 145 voix pour modifier la constitution, il faudra réunir 6 partis. Il est quasiment impossible que ces 6 partis se mettent d’accord sur un régime politique” dit-il.

 

Enlever les subventions

“Le président de la République doit préserver chaque dinar du trésor public (...) Je suis le seul candidat sur les 26 à dire que la baguette subventionnée qui coûte aujourd’hui 190 millimes doit être vendue à son prix initial soit 240 millimes. Il faut donc enlever les subventions sur le prix de la baguette. Pourquoi? Parce que nous avons 8 millions de touristes qui comme les 11 millions de tunisiens mangent du pain subventionné” décrit le candidat qui exprime son idée de vouloir enlever les subvention sur certaines catégories.

“Vous savez combien ça coûte aux Tunisiens? 2000 milliards de millimes. Ces subventions viennent de nos taxes. 80% vont au touriste qui viennent ici et aux gens qui n’en ont pas besoin” analyse-t-il.

“Il faut 6 mois pour faire le classement des gens qui en ont besoin. Ces gens-là, s’ils prennent 4 baguettes par jour, ils gagnent à la fin du mois 6 dinars grâce aux subventions, moi je leur en fait gagner 12 (...) et les subventions iront réellement aux gens qui en ont besoin. Le Brésil l’a fait et ils ont réussi”.

Contre la peine de mort

″Je sais que la justice tunisienne, comme partout dans le monde, peut faire des erreurs. Ne serait-ce que pour cette once de possibilité d’erreur, je dis non” déclare Hatem Boulabiar.

“Par contre je m’engagerai à ce qu’une personne qui a commis un crime horrible ne sorte pas de prison à travers une grâce présidentielle ou dans d’autres circonstances qui puissent lui être favorables” dit-il.

Droit de grâce au profit de 100.000 tunisiens

Une fois élu président, le candidat promet d’accorder la grâce présidentielle à “à 100.000 tunisiens qui ont des problèmes de chèques sans provision”.

“Cela créé des drames familiaux (...) Une société sur deux fait faillite aujourd’hui. Cela ne marche pas toujours du premier coup. Steve Jobs a fait plusieurs fois faillite avant d’ouvrir Apple (...) Ce n’est pas juste que je vienne en plus te punir d’avoir échoué” affirme-t-il avant de poursuivre: “Il faut que dans les 6 mois après l’élection, on enlève les chèques”.

La criminalisation de l’homosexualité

“Chacun est libre de faire ce qu’il veut chez lui”.

La question syrienne

“Il y a deux volets par rapport à cette question. Le premier est sécuritaire. Demain au Conseil national de sécurité, je demanderai aux généraux et policiers si en rouvrant notre ambassade en Syrie, nos forces armées pourraient éviter ne serait-ce qu’un attentat? (...) Si c’est le cas alors oui”, il restaurera les relations diplomatiques avec la Syrie.

“Le deuxième volet est économique et concerne la reconstruction de la Syrie (...) Je demanderai à mes conseillers économiques si en restaurant nos relations avec la Syrie on peut éventuellement obtenir un ou deux points de croissance en Tunisie (...) Si c’est le cas, alors oui je le fais, je rouvre l’ambassade tunisienne” dit-il expliquant qu’il “est temps d’enlever les questions idéologiques”.

Stop à la République des partis

“Nous sommes dans une République des partis. Or un président indépendant n’entre pas dans ces calculs. Il pense à l’intérêt du peuple, pas à celui des partis. Je ferai une initiative législative pour que les partis sachent qu’ils sont contrôlés” annonce le candidat ajoutant que ce qui manque dans ce qui a été réalisé dans la période 2011-2019, c’est que les partis au pouvoir n’ont aucun contrôle.

Pour la criminalisation des relations avec l’entité sioniste

“Moi je suis pragmatique mais devant la question palestinienne, il n’y a plus aucun intérêt politique ou économique” s’exprime-t-il.

Libérer le FCR

“Il faut qu’en 2019, nous retrouvons nos droits économiques et sociaux. Il faut que chaque jeune tunisien qui souhaite acheter une voiture puisse le faire (...) en allant en France ou en Allemagne et rentrer avec sa voiture pour 10.000 dinars. Il faut libérer le FCR” conclut le candidat.

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